Belloubet: les autorités peuvent « suivre » tous les détenus radicalisés sortant de prison
La ministre de la Justice a affirmé mercredi que les autorités françaises "étaient en mesure de suivre de manière extrêmement...

Belloubet: les autorités peuvent « suivre » tous les détenus radicalisés sortant de prison

La ministre de la Justice a affirmé mercredi que les autorités françaises "étaient en mesure de suivre de manière extrêmement...
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

La ministre de la Justice a affirmé mercredi que les autorités françaises "étaient en mesure de suivre de manière extrêmement étroite" les personnes condamnées pour terrorisme après leur sortie de prison, alors qu'une quarantaine de détenus radicalisés islamistes vont recouvrer la liberté d'ici 2020.

"Autant on ne peut maintenir en prison quelqu'un qui a terminé sa peine, autant nous sommes en mesure de le suivre de manière extrêmement étroite pour que, dès lors qu'il y a le moindre écart, il puisse à nouveau être judiciarisé", a déclaré Nicole Belloubet sur France Info.

Le procureur de Paris, François Molins, a indiqué lundi qu'une vingtaine de détenus radicalisés allaient être libérés en 2018 et une vingtaine en 2019. "On court un risque majeur qui est celui de voir sortir de prison à l'issue de leur peine des gens qui ne seront pas du tout repentis, qui risquent même d'être encore plus endurcis compte tenu de leur séjour en prison", a-t-il affirmé sur BFMTV.

Actuellement, plus de 1.200 personnes écrouées pour des faits de droit commun sont radicalisées tandis que plus de 500 sont en prison pour terrorisme.

"Une personne qui a effectué sa peine, une fois qu'elle l'a terminée, il est contraire aux règles de l'état de droit de la maintenir en prison", a souligné la garde des Sceaux.

"Mais, a-t-elle ajouté, lorsque nous avons un détenu terroriste qui doit sortir de prison, d'abord sa sortie, 18 mois en amont, est préparée, suivie par un juge antiterroriste".

"Le service de renseignements pénitentiaires, qui fait l'objet d'une montée en puissance importante, suit ces personnes, prépare ces sorties en remplissant des fiches extrêmement précises, qui sont au moment de la sortie communiquées aux autres services de renseignement".

"Lorsque cette personne est à l'extérieur, elle est prise en charge. Elle peut faire l'objet de contrôle psycho-social (...) et les services de renseignement intérieur ne la lâchent pas", a encore insisté Mme Belloubet, jugeant par ailleurs l'arsenal législatif actuel "extrêmement développé". "Je ne suis pas certaine qu'il faille le compléter à nouveau, à chaque fois qu'il y a un attentat", a-t-elle ajouté.

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le