"Assez stupéfaite", la ministre de la Justice Nicole Belloubet a estimé lundi que la dénonciation par Jean-Luc Mélenchon de "procès politiques" dans une tribune relevait d'un "amalgame insupportable et inacceptable".
"J'ai été assez stupéfaite, franchement. Parce que quand vous regardez, vous trouvez la France, avec Mélenchon, placée exactement à côté de la Russie et du Cambodge", a déclaré la Garde des Sceaux dans un entretien à France Inter.
"Il me semble qu'il y a une petite nuance entre l'indépendance qui est réelle en France et ce qui se passe en Russie ou ce qui se passe dans d'autres pays. Donc je trouve cet amalgame insupportable et inacceptable", a-t-elle souligné.
Le leader de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon, et des personnalités comme l'ex-président brésilien Lula et le Prix Nobel de la Paix argentin Adolfo Perez Esquivel, ont publié dimanche une tribune où ils estiment que "le temps des procès politiques doit cesser".
Ils dénoncent "la tactique du +lawfare+", c'est-à-dire, selon eux, "l'instrumentalisation de la justice pour éliminer les concurrents politiques", et citent outre le cas de Lula ou de l'avocat égyptien Massoum Marzouk, celui de Jean-Luc Mélenchon en France.
Le leader de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon après avoir rendu visite en prison à l'ex-président brésilien Lula, le 5 septembre 2019 à Curitiba, au Brésil
AFP
Jean-Luc Mélenchon doit être jugé les 19 et 20 septembre en correctionnelle, avec cinq de ses proches, après une perquisition mouvementée au siège de son parti en octobre 2018.
"Aujourd’hui la plainte de mon assistante frappée et jetée au sol pendant la perquisition du siège LFI a été classée sans suite. Mais les pauvres policiers traumatisés par nos cris sont reconnus partie civile et leur avocat Dupond-Moretti payé par l'Etat", s'est indigné M. Mélenchon sur Twitter lundi.
"En France, nous avons mis beaucoup de temps à comprendre que le +lawfare+, la guerre politique judiciaire, était engagée contre nous. Je prends ma part de responsabilité dans ce retard", a aussi déclaré l'Insoumis sur son blog.
Nicole Belloubet a rappelé qu'elle ne donnait au parquet - qui dépend hiérarchiquement de la ministre - "strictement aucune instruction sur les affaires individuelles".
"Je voudrais vous dire que Jean-Luc Mélenchon lui-même d'une certaine manière est contradictoire puisque je me souviens un jour, il y a pas très longtemps, d'une altercation à l'Assemblée nationale, non pas dans l'hémicycle mais juste à côté, où il me disait : +Mais tu ne contrôles pas ta justice+. Je lui disais : +Non je la contrôle pas+. Il me disait : +Alors à quoi tu sers ?+", a-t-elle relaté.
"Evidemment le garde des Sceaux n'a absolument pas le contrôle de la justice", a-t-elle insisté.
Doit-on connaitre l’état de santé de ceux qui nous dirigent ? Doit-on évaluer leur santé mentale ? À l’affiche d’une pièce de théâtre, Michel Cymes interroge sur scène la question du secret médical des présidents élus et des candidats à la fonction suprême. Comment s’assurer de leurs capacités mentales et physiques sans trahir le secret médical ? À quelques mois de la prochaine élection présidentielle, il répond aux questions de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.
Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.
Le Sénat sera renouvelé de moitié en septembre prochain, un scrutin intimement lié à celui des municipales en raison de son corps électoral. Les nouveaux équilibres communaux permettent ainsi d’anticiper sur la future composition de la Chambre haute, entre la résistance de la droite, le recul redouté des socialistes et des écologistes, et les ambitions inédites du RN et de LFI. Décryptage.
Alors que les marchés de l’énergie s’affolent, Jordan Bardella a été attaqué par Bruno Retailleau sur sa proposition de sortie du marché européen de l’électricité. Le président du Rassemblement national estime défendre une simple « remise en cause des règles de fixation du prix » sans sortir du marché, illustrant ainsi la stratégie « attrape-tout » du RN, cherchant à la fois à contenter le grand patronat et son électorat populaire.