Belloubet tacle l' »amalgame inacceptable » de Mélenchon dénonçant « des procès politiques »
"Assez stupéfaite", la ministre de la Justice Nicole Belloubet a estimé lundi que la dénonciation par Jean-Luc Mélenchon de "procès politiques"...

Belloubet tacle l' »amalgame inacceptable » de Mélenchon dénonçant « des procès politiques »

"Assez stupéfaite", la ministre de la Justice Nicole Belloubet a estimé lundi que la dénonciation par Jean-Luc Mélenchon de "procès politiques"...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

"Assez stupéfaite", la ministre de la Justice Nicole Belloubet a estimé lundi que la dénonciation par Jean-Luc Mélenchon de "procès politiques" dans une tribune relevait d'un "amalgame insupportable et inacceptable".

"J'ai été assez stupéfaite, franchement. Parce que quand vous regardez, vous trouvez la France, avec Mélenchon, placée exactement à côté de la Russie et du Cambodge", a déclaré la Garde des Sceaux dans un entretien à France Inter.

"Il me semble qu'il y a une petite nuance entre l'indépendance qui est réelle en France et ce qui se passe en Russie ou ce qui se passe dans d'autres pays. Donc je trouve cet amalgame insupportable et inacceptable", a-t-elle souligné.

Le leader de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon, et des personnalités comme l'ex-président brésilien Lula et le Prix Nobel de la Paix argentin Adolfo Perez Esquivel, ont publié dimanche une tribune où ils estiment que "le temps des procès politiques doit cesser".

Ils dénoncent "la tactique du +lawfare+", c'est-à-dire, selon eux, "l'instrumentalisation de la justice pour éliminer les concurrents politiques", et citent outre le cas de Lula ou de l'avocat égyptien Massoum Marzouk, celui de Jean-Luc Mélenchon en France.

Le leader de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon après avoir rendu visite en prison à l'ex-président brésilien Lula, le 5 septembre 2019 à Curitiba, au Brésil
Le leader de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon après avoir rendu visite en prison à l'ex-président brésilien Lula, le 5 septembre 2019 à Curitiba, au Brésil
AFP

Jean-Luc Mélenchon doit être jugé les 19 et 20 septembre en correctionnelle, avec cinq de ses proches, après une perquisition mouvementée au siège de son parti en octobre 2018.

"Aujourd’hui la plainte de mon assistante frappée et jetée au sol pendant la perquisition du siège LFI a été classée sans suite. Mais les pauvres policiers traumatisés par nos cris sont reconnus partie civile et leur avocat Dupond-Moretti payé par l'Etat", s'est indigné M. Mélenchon sur Twitter lundi.

"En France, nous avons mis beaucoup de temps à comprendre que le +lawfare+, la guerre politique judiciaire, était engagée contre nous. Je prends ma part de responsabilité dans ce retard", a aussi déclaré l'Insoumis sur son blog.

Nicole Belloubet a rappelé qu'elle ne donnait au parquet - qui dépend hiérarchiquement de la ministre - "strictement aucune instruction sur les affaires individuelles".

"Je voudrais vous dire que Jean-Luc Mélenchon lui-même d'une certaine manière est contradictoire puisque je me souviens un jour, il y a pas très longtemps, d'une altercation à l'Assemblée nationale, non pas dans l'hémicycle mais juste à côté, où il me disait : +Mais tu ne contrôles pas ta justice+. Je lui disais : +Non je la contrôle pas+. Il me disait : +Alors à quoi tu sers ?+", a-t-elle relaté.

"Evidemment le garde des Sceaux n'a absolument pas le contrôle de la justice", a-t-elle insisté.

Partager cet article

Dans la même thématique

Prix du carburant jusqu a 2,74 euros sur l autoroute entre Nice et Cannes
8min

Politique

Carburants : la France se dirige-t-elle vers une « ère de pénurie énergétique » ?

Ce week-end, le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a estimé que la France allait entrer « dans une ère de pénurie énergétique » si le blocage du détroit d’Ormuz se prolongeait encore deux mois. Un diagnostic que le chef de l’Etat a fermement contesté. Pour les experts, le risque de pénurie n’est pourtant pas à écarter et pourrait surtout se traduire par une hausse des prix.

Le

Belloubet tacle l' »amalgame inacceptable » de Mélenchon dénonçant « des procès politiques »
3min

Politique

« On est en droit de se poser des questions sur l’état mental de Donald Trump », pour Michel Cymes

Doit-on connaitre l’état de santé de ceux qui nous dirigent ? Doit-on évaluer leur santé mentale ? À l’affiche d’une pièce de théâtre, Michel Cymes interroge sur scène la question du secret médical des présidents élus et des candidats à la fonction suprême. Comment s’assurer de leurs capacités mentales et physiques sans trahir le secret médical ? À quelques mois de la prochaine élection présidentielle, il répond aux questions de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.

Le