Benalla: à l’Assemblée, chaos persistant, badge controversé, altercation Le Pen-Castaner
De rappels en suspensions de séances, les débats à l'Assemblée, paralysée par l'affaire Benalla, ressemblaient samedi à un jour...

Benalla: à l’Assemblée, chaos persistant, badge controversé, altercation Le Pen-Castaner

De rappels en suspensions de séances, les débats à l'Assemblée, paralysée par l'affaire Benalla, ressemblaient samedi à un jour...
Public Sénat

Par Isabelle CORTES

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

De rappels en suspensions de séances, les débats à l'Assemblée, paralysée par l'affaire Benalla, ressemblaient samedi à un jour sans fin, avec une tension accrue par une polémique sur un badge accordé à l'ex-collaborateur présidentiel et une altercation Le Pen-Castaner.

Au démarrage de la journée, la commission des Lois, dotée des pouvoirs d'une commission d'enquête, s'est réunie pour finalement décider d'une série d'auditions, dont celle du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb lundi matin. Sans satisfaire toutes les demandes des oppositions.

Repris en fin de matinée, les débats, censés porter sur la révision constitutionnelle, ont ressemblé à une copie quasiment conforme des deux jours précédents, au grand dam d'une majorité à l'énervement croissant.

Les orateurs de l'opposition ont défilé pour faire de nombreux "rappels au règlement" et appeler à suspendre les discussions jusqu'à la semaine prochaine, jugeant impossible de débattre "sereinement" de la Constitution. "48 heures que l'Assemblée est bloquée", a déploré le coprésident des députés UDI-Agir Jean-Christophe Lagarde.

Les socialistes ont jugé que les débats constitutionnels pourraient reprendre s'il y avait accord "le plus rapidement possible" sur les auditions de la commission d'enquête.

Mais plusieurs LREM ont accusé les oppositions d'"obstruction", le président du groupe Richard Ferrand les taxant de "pompiers pyromanes". "Vous commenciez à être un peu à bout de souffle sur vos amendements et fort à propos l'affaire Benalla est sortie. A qui profite le crime?", a demandé Bruno Millienne (MoDem).

Jugeant que "certains veulent prendre en otage le texte constitutionnel", une "opération politicienne", la ministre de la Justice Nicole Belloubet a affirmé que "le gouvernement souhaite la poursuite effective de ce travail".

"Vous voulez absolument lier deux sujets qui n'ont pas de connexion, l'un relève d'une affaire individuelle, l'autre d'une question d'intérêt collectif", a-t-elle ajouté, la formule d'"affaire individuelle" déclenchant des protestations sur plusieurs bancs.

"Nous ne faisons pas de l'obstruction mais de l'opposition républicaine face à ce qui s'apparente au gré des révélations à un scandale d'Etat", a protesté Sabine Rubin (LFI), à l'unisson d'autres groupes.

- "A qui profite le crime?" -

L'opposition a aussi attaqué la majorité, dans le sillage de LR, sur un badge qui permettait à Alexandre Benalla d'accéder à l'hémicycle depuis le 24 juillet 2017.

"On apprend que ce barbouze, qui ne figure pas au JO (journal officiel), vient ici avec un badge H, qu'il peut entrer dans l'hémicycle. Au nom de quelle fonction, de la sécurité du président de la République?", a tonné le patron des LR Christian Jacob.

Ce badge, attribué sur "demande du directeur de cabinet" d'Emmanuel Macron, a été désactivé vendredi, selon la présidence de l'Assemblée. "Une demi-douzaine" de badges sont octroyés, "par la voie administrative", pour le cabinet du président de la République, a précisé François de Rugy (LREM) au "perchoir".

Face à la paralysie et au dialogue de sourd, la séance d'après-midi a été arrêtée une heure plus tôt, à 19h.

Une vive altercation a alors éclaté entre Marine Le Pen et Christophe Castaner dans les couloirs, où la présidente du FN a interpellé le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement notamment pour son absence dans l'hémicycle.

Comme elle fustigeait le refus de plusieurs auditions par la commission d'enquête, dont la sienne, le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement et délégué général de LREM a riposté: "Si je suis convoqué par la commission d'enquête, je viendrai. Et j'apprécierais que vous en fassiez autant si un juge vous convoque".

Plusieurs députés, quelques fonctionnaires ou collaborateurs, ont assisté ébahis à la scène de plusieurs minutes. "Le ministre des relations avec les couloirs du Parlement @CCastaner, qui n'a pas franchi le seuil de l'hémicycle depuis trois jours, offre une tribune à Madame Le PEN sous l'oeil des caméras. Sidérant. Exécutif absent. Institutions chancelantes", a tweeté Boris Vallaud, porte-parole du PS.

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES :  Electoral posters for municipal elections.
12min

Politique

Municipales : les sondages sont-ils fiables ?

Faut-il se méfier des sondages pour les municipales ? Durant la campagne, la question s’est posée après la publication de deux sondages Odoxa et Ifop sur Nantes, totalement contradictoires. « C’est probablement la méthodologie qui a été choisie qui explique les écarts importants », explique Gaël Sliman, président et cofondateur d’Odoxa. « Les enquêtes par téléphone ne sont pas les plus efficaces ou faciles, et beaucoup sont réalisées par téléphone » dans les villes moyennes, ajoute Jean-Daniel Levy, directeur délégué de Harris Interactive. Plongée dans la fabrique des sondages.

Le

Illustration of the posters for the first round of the municipal elections in Paris
8min

Politique

Municipales 2026 : les enjeux du second tour parti par parti

De nombreux enseignements seront à tirer du second tour des municipales dimanche 22 mars. La France Insoumise et le RN vont tenter de confirmer leur implantation locale par des victoires dans quelques grandes villes. Au PS et chez les LR, une victoire à Paris sera déterminante. L’union des partis de gauche sera-t-elle payante à Lyon, Toulouse ou encore Nantes ? Le parti Renaissance pourra-t-il s’appuyer sur des victoires symboliques à Annecy et Bordeaux ?

Le