Epilogue d'une folle séquence à l'Assemblée qui aura vu la majorité ébranlée par l'affaire Benalla et contrainte de reporter son projet de...
Benalla: deux motions de censure à l’Assemblée en épilogue d’une folle séquence
Epilogue d'une folle séquence à l'Assemblée qui aura vu la majorité ébranlée par l'affaire Benalla et contrainte de reporter son projet de...
Par Fabrice RANDOUX
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Epilogue d'une folle séquence à l'Assemblée qui aura vu la majorité ébranlée par l'affaire Benalla et contrainte de reporter son projet de révision constitutionnelle, deux motions de censure du gouvernement seront défendues mardi par la droite et la gauche.
A l'avant-dernier jour de la session extraordinaire, LR d'un côté, les trois groupes de gauche (socialistes, communistes, Insoumis) de l'autre, porteront une motion de censure pour mettre en cause la responsabilité du gouvernement dans l'affaire de l'ex-collaborateur du président de la République, une première sous le quinquennat Macron.
Un mot d'ordre quasi identique face à une "crise institutionnelle": contraindre le gouvernement à "s'expliquer" et dénoncer un "verrouillage" pour empêcher "la vérité" d'émerger.
Pour ces deux motions simultanées, fait rarissime - il faut remonter à 1980 -, il y aura un seul débat, lors duquel Edouard Philippe répondra aux interpellations de Christian Jacob (LR) et André Chassaigne (PCF), mais bien deux votes.
Nul suspense sur l'issue des scrutins: ni LR avec 103 députés, ni la gauche avec 63 ne peuvent, même en votant tous les uns pour les autres, rassembler la majorité requise de 289 voix qui ferait chuter le gouvernement. Le RN de Marine Le Pen votera les deux motions.
"Je ne dis pas que la motion de censure doit être un point final. Faisons leur confiance dans l'art d'aggraver les choses", a lancé le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon
AFP
"C'est la dernière fois que nous pouvons, avant les vacances, alerter l'opinion publique sur la gravité de ce qui se passe", a plaidé le Premier secrétaire du PS Olivier Faure. "Je ne dis pas que la motion de censure doit être un point final. Faisons leur confiance dans l'art d'aggraver les choses", a lancé le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon.
Socialistes, communistes et insoumis ont surmonté leurs divisions pour rassembler les 58 signatures nécessaires afin de ne pas laisser le monopole de l'opposition à LR. Le groupe de Christian Jacob décidera mardi s'il vote aussi leur motion, LFI votera également la motion de droite, éventualité sur laquelle le PS tranchera mardi.
La majorité présidentielle voit dans ces motions "la preuve que les oppositions font de l’instrumentalisation politique", espérant y trouver "l'antidote à leur coma profond". "Tenter de faire tomber un gouvernement et des réformes parce qu’un chargé de mission a dérapé ?", a tweeté le porte-parole de LREM Gabriel Attal.
Après avoir dû encaisser depuis plus d'un an le "nouveau monde" macroniste, les oppositions se sont engouffrées dans la crise ouverte par l'affaire Benalla.
- "Fosse aux crocodiles" -
Profitant du flottement d'une majorité sidérée et d'un exécutif longtemps mutique, droite et gauche coalisées ont réussi à obtenir une commission d'enquête et à bloquer l'examen du projet emblématique de révision constitutionnelle, reporté à l'automne.
"On s'est fait déborder, on n'a pas été capable de tenir une seule de nos positions", déplorait un "marcheur". "La fosse aux crocodiles était affamée depuis un an", selon un Modem.
Les deux corapporteurs de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur l'affaire Benalla Yaël Braun-Pivet (LREM) et Guillaume Larrivé (LR) le 25 juillet 2018 à Pairs
AFP
La majorité a voulu ensuite reprendre la main et a fini par riposter, encore plus après la sortie du silence d'Emmanuel Macron. La présidente de la commission des Lois Yaël Braun-Pivet (LREM) a ainsi annoncé mercredi le refus des auditions supplémentaires réclamées notamment par le co-rapporteur de la commission d'enquête Guillaume Larrivé (LR).
La commission a alors implosé, les oppositions claquant la porte face à une "parodie". Les auditions se sont achevées vendredi, la commission devant adopter au mieux un rapport a minima mercredi. Là où LR dénonce une "affaire d'Etat", la majorité pointe "une affaire "policière", avec "des dérives individuelles".
Si les travaux de l'Assemblée vont s'interrompre mercredi soir notamment après l'adoption définitive des lois "asile-immigration" et "avenir professionnel", droite et gauche espèrent que cette affaire marquera un "tournant" du quinquennat.
Dans leur ligne de mire au Parlement reste notamment la révision constitutionnelle, perçue comme une aggravation de l'"hyper-présidentialisation".
Semblant ouvert jusqu'alors à un compromis avec l'exécutif, le président du Sénat Gérard Larcher (LR) juge désormais que "le calendrier et le contenu (...) paraissent devoir être repensés".
"Il faut reprendre tout cela sur des bases nouvelles", "pour réfléchir plus profondément à l’équilibre des pouvoirs" ou "à la représentativité des assemblées parlementaires", selon François Bayrou, patron du MoDem allié de LREM.
Le candidat de la France insoumise à l’élection présidentielle remet dans le débat sa proposition d’effacement des 20 % de la dette publique logée dans la Banque de France. Une solution en apparence miracle, qui en réalité rencontrerait plusieurs difficultés. Risques inflationnistes, mise au ban de l’Europe, perte de confiance : des obstacles comme des dangers barrent la route.
À quelques jours de la rentrée scolaire, Édouard Philippe et Gabriel Attal font de l’éducation l’un des premiers terrains de la présidentielle de 2027. Les deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron partagent un constat : niveau scolaire insuffisant, recrutement difficile, rémunération trop faible des enseignants, problèmes d’autorité, mais divergent sur les réponses à apporter. Une bataille programmatique qui les oblige aussi à se confronter à leur propre bilan au sein de la majorité depuis la présidentielle de 2017.
Le bloc social-démocrate s’organise pour trouver son candidat à la présidentielle. Le Parti socialiste et Place publique organisent une primaire destinée à leurs adhérents et sympathisants. Ses modalités ont été longuement débattues : la question du prix de la participation ainsi que l’engagement à ne pas s’allier avec LFI aux législatives ont agité les négociateurs. L’accord trouvé doit être validé par les organes décisionnels des deux partis ce mardi soir.
Fasciné depuis son enfance par la vie d’Yves Montand, dans son film Montand est à nous, Yves Jeuland nous propose un voyage dans la vie de la star française. Une forme d’inventaire affectif du réalisateur pour celui qui fut tour à tour un chanteur et un comédien engagé aux côtés du parti communiste avant d’en dénoncer les errements, dans l’un de ses rôles les plus célèbres, dans le film de Costa Gavras l’Aveu. "Montand est à nous", un documentaire d’Yves Jeuland à voir cet été sur Public Sénat.