La commission d'enquête de l'Assemblée sur l'affaire Benalla a clos mercredi ses travaux sur un constat de désaccord, sans produire de rapport et avec d'ultimes passes d'armes à la clé.
La commission des Lois, qui s'était dotée de pouvoirs d'enquête sur cette affaire concernant l'ex-collaborateur de l'Elysée, a simplement voté la publication des comptes-rendus des auditions menées quatre jours durant, la semaine dernière.
"Je suis fière de ce que nous avons fait, nous avons mené en un temps record 11 auditions" et sur "plus de 500 questions", "plus des deux tiers" venaient des oppositions, a déclaré la corapporteure (LREM) Yaël Braun-Pivet, également présidente de la commission des Lois.
Elle a déploré que "certains" aient voulu faire de la commission d'enquête "une tribune voire un tribunal politique", et souligné que "ce n'est pas à nous qu'il revient de juger MM. Benalla et Crase (employé de LREM présent à ses côtés le 1er mai, ndlr) et les fonctionnaires de police mis en examen".
L'autre corapporteur, Guillaume Larrivé (LR), qui a refusé de siéger à ses côtés lors de cette réunion mercredi, a évoqué le "destin funeste" de cette commission d'enquête, avec "des auditions bâclées, des pièces non demandées" et des "travaux empêchés" selon lui par la majorité.
Les LREM avaient jugé "inutile" de poursuivre des auditions sur "des dérives individuelles". Le corapporteur s'était retiré jeudi dernier de cette "parodie", entraînant le reste de l'opposition.
Galaxie des personnes présumées impliquées dans l'affaire Benalla, du nom de l'ex-collaborateur de l'Elysée qui a frappé un manifestant lors du 1er mai
AFP
"Le prétendu +nouveau monde+ n'a été ni vertueux, ni transparent", d'après M. Larrivé, qui aurait souhaité entendre en particulier "toute la chaîne hiérarchique" de l'Elysée et du ministère de l'Intérieur.
Dans son sillage, Pierre Morel-A-L'Huissier (UDI-Agir) a regretté qu'Alexandre Benalla se soit rendu sur un plateau télé durant les travaux de la commission: "on se demande à quoi on sert", a-t-il lâché.
"Nous allons attendre les conclusions de la commission (d'enquête) du Sénat", qui s'est donné six mois, a déploré Cécile Untermaier (PS). Celle-ci reprendra ses travaux en septembre.
"Les révélations continuent à nous parvenir", comme mardi sur la venue à deux reprises d'Alexandre Benalla dans l'enceinte de l'Assemblée durant sa période de mise à pied, a rappelé Arnaud Viala (LR), prévenant la majorité qu'elle aura "des comptes à rendre".
Les MoDem ont rappelé qu'ils auraient souhaité l'audition du secrétaire général de l'Elysée.
Mme Braun-Pivet a relevé l'absence mercredi des communistes, Insoumis et non-inscrits, signe selon elle que "leur intérêt à être présent était peut-être tout autre que la recherche de la vérité".
Après le retrait à l’Assemblée nationale de la proposition de loi portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, le gouvernement va reprendre la main et présentera un projet de loi sur la lutte contre l’antisémitisme devant le Sénat avant l’été. L’exécutif compte sur un accueil plus favorable à la chambre haute où la droite et le centre sont majoritaires. Mais les relations entre la majorité sénatoriale se sont tendues ces derniers temps.
Le Premier ministre a mis sur la table, vendredi, un nouveau projet de loi d’élargissement du travail le 1er mai, uniquement ouvert aux boulangeries et fleuristes « indépendants et artisanaux ». En attendant son adoption formelle, il a assuré que des consignes seront données pour qu’aucun contrôle ne vienne entraver le travail de leurs salariés cette année.
En visite ce vendredi au Festival du livre, bousculé par la crise ouverte chez l’éditeur Grasset, Emmanuel Macron a voulu afficher sa défense du « pluralisme éditorial » et de « la liberté des auteurs ». Concernant la création d’une clause de conscience pour les auteurs, le Président a estimé que cela « doit se réfléchir ».
Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.