Benalla: Philippe dénonce les conclusions « incompréhensibles » et « injustes » des sénateurs
Edouard Philippe a vivement attaqué jeudi les conclusions "incompréhensibles" et "injustes" de la commission d'enquête...

Benalla: Philippe dénonce les conclusions « incompréhensibles » et « injustes » des sénateurs

Edouard Philippe a vivement attaqué jeudi les conclusions "incompréhensibles" et "injustes" de la commission d'enquête...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Edouard Philippe a vivement attaqué jeudi les conclusions "incompréhensibles" et "injustes" de la commission d'enquête sénatoriale sur l'affaire Benalla, qui s'est livrée selon lui à "une appréciation très politique".

Il a semblé mettre en cause le respect par la commission d'enquête du Sénat de la "séparation des pouvoires" législatif et exécutif, se disant "un peu surpris car, traditionnellement, la séparation des pouvoirs, fait qu'il n'appartient pas ni à l'Assemblée nationale, ni au Sénat de se prononcer sur l'organisation interne de la présidence de la République".

Lors d'une déclaration sur le perron de Matignon, il a jugé "incompréhensibles et souvent injustes" les "recommandations ou formulations" de la commission concernant "des fonctionnaires qui travaillent auprès du président de la République".

"Je peux témoigner de ce que le secrétaire général de l'Élysée (Alexis Kohler, NDLR) notamment est un grand serviteur de l'État", a-t-il souligné, avant de préciser: "c'est la raison pour laquelle je ne saisis pas très bien la portée de ces remarques".

Outre Alexis Kohler, le Sénat a mis nommément en cause le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron Patrick Strzoda et le général de brigade de gendarmerie Lionel Lavergne qui commande le Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR).

Insistant en outre sur "le principe de séparation des pouvoirs", M. Philippe a noté qu'"en la matière, la commission d'enquête sénatoriale du Sénat et le Sénat ont choisi de se livrer à une appréciation qui est très politique". "Je n'en suis pas surpris, mais comme j'ai un attachement très vif et très grand au principe de séparation des pouvoirs, j'en suis un peu déçu", a-t-il souligné.

Evoquant le travail de la justice "saisie de cette affaire qui part d'une dérive personnelle", il a aussi remarqué que la séparation des pouvoirs, "là encore, implique que le Parlement ou le gouvernement ne se saisissent pas du fonctionnement interne ou du déroulement interne d'une procédure judiciaire".

"J'observe avec beaucoup de rigueur ce principe, je crois que chacun peut l'observer: l'exécutif, le Parlement, doivent respecter l'indépendance du pouvoir judiciaire", a-t-il insisté, alors que les sénateurs ont demandé au Bureau du Sénat de saisir le ministère public de ce qui pourrait constituer selon eux des "faux témoignages" d'Alexandre Benalla et son ami Vincent Crase devant eux.

La ministre de la Justice, Nicolas Belloubet, a déploré mercredi que "beaucoup des préconisations concernent l'organisation interne de l'Élysée", selon elle en contradiction avec ce principe. La majorité a également fustigé jeudi la "torpille politique" lancée par les sénateurs avec leur rapport.

Les auteurs du rapport ont à maintes reprises, et mercredi encore lors de sa publication, souligné l'attention qu'ils ont porté tout au long de leurs travaux selon eux au respect du principe de séparation des pouvoirs.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Vivendi Bollore
5min

Politique

Tribune anti-Bolloré :  Maxime Saada, patron de Canal + nie toute « liste noire »

Même si le président du directoire de Canal+ réfute toute « liste noir », il affirme que le groupe tiendra désormais compte de « la considération portée à Canal+ » dans ses choix de financement. Des propos qui ravivent les tensions avec une partie du monde du cinéma, mobilisée contre l’influence de Vincent Bolloré.

Le

Cour d appel et d ‘assises de Lyon
6min

Politique

Le procès « French Bukkake » aux assises : « Le but est de reconnaître toute la dimension criminelle de l’industrie pornographique », se félicite Laurence Rossignol

Le premier grand procès de l’industrie pornographique se tiendra finalement devant les assises et non devant une cour criminelle départementale. Une victoire pour la cinquantaine de victimes de la plateforme French Bukkake. La chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris a retenu le caractère sexiste et raciste des viols, tout comme l’avait relevé le rapport de la mission d’information du Sénat sur les dérives de l’industrie pornographique remis en 2022.

Le

Ecole maternelle Volontaires, Violences dans le periscolaire, Paris
4min

Politique

Périscolaire : une liste noire de personnels ayant eu des « comportements inappropriés » est-elle faisable ?

Le projet de loi sur la protection de l’enfance présenté mercredi en Conseil des ministres vise notamment à apporter une réponse aux récentes affaires d’agressions sexuelles dans le périscolaire parisien. Le ministre de l’Éducation a annoncé la création d’une « liste noire » pour les personnels ayant des comportements problématiques sur des enfants, même s’ils n’ont pas été encore condamnés. Mais quelle forme légale peut prendre cette liste ?

Le