Benalla repasse lundi sur le grill sénatorial
Des voyages en Afrique, une utilisation abusive de passeports : Alexandre Benalla, ex-collaborateur d'Emmanuel Macron doit de...

Benalla repasse lundi sur le grill sénatorial

Des voyages en Afrique, une utilisation abusive de passeports : Alexandre Benalla, ex-collaborateur d'Emmanuel Macron doit de...
Public Sénat

Par Véronique MARTINACHE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Des voyages en Afrique, une utilisation abusive de passeports : Alexandre Benalla, ex-collaborateur d'Emmanuel Macron doit de nouveau s'expliquer lundi devant la commission d'enquête sénatoriale, qui s'interroge sur des dysfonctionnements de l'État jugés "difficilement défendables".

Six mois après le début du scandale sur les activités de cet ex-chargé de mission du président, remercié après avoir été accusé de violences lors d'une interpellation musclée le 1er mai, Alexandre Benalla a de nouveau été mis en examen vendredi, cette fois pour l'usage abusif de ses passeports diplomatiques après son limogeage de l'Élysée fin juillet.

Mais ce nouveau développement judiciaire repose la question de la limite du champ d'investigation de la commission d'enquête du Sénat dominé par l'opposition à Emmanuel Macron et dont les prérogatives sont censées prendre fin le 24 janvier.

Son président Philippe Bas (LR) et ses rapporteurs Jean-Pierre Sueur (PS) et Muriel Jourda (LR) affirment, depuis le début, veiller à n'interférer d'aucune façon avec le champ judiciaire.

"Nous nous intéressons au fonctionnement de l'État", répète M. Bas. Et, renchérit M. Sueur, "il y a eu des choses qui sont très difficilement défendables: des retards, des absences de réactions, toute une série de choses qu’on ne peut pas accepter".

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a reconnu dimanche des "dysfonctionnements", notamment à l'Élysée, qui doivent être réglés car "insupportables et incompréhensibles pour les Français".

Pour M. Bas, "cette affaire Benalla, au fond, aurait pu ne jamais exister si dès le 2 mai dernier, après les incidents de la Contrescarpe à Paris, M. Benalla avait été licencié de l'Élysée et si les ponts avaient été définitivement rompus avec lui".

Mais les révélations du Monde et de Mediapart en décembre sur l'utilisation de passeports diplomatiques par l'ancien chargé de mission, après son licenciement de l'Élysée, pour des voyages auprès de dirigeants africains, ont rallumé les braises.

Et déclenché une nouvelle série d'auditions devant la commission d'enquête sénatoriale, en veilleuse depuis octobre.

- "Jusqu'au bout" -

Le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, entendu mercredi au Sénat, a chargé M. Benalla, comme les ministres Christophe Castaner (Intérieur) et Jean-Yves Le Drian (Affaires étrangères).

M. Strzoda a révélé que M. Benalla avait utilisé "presque une vingtaine de fois" ses passeports après son licenciement, entre le 1er août et le 31 décembre.

Il a affirmé que M. Benalla avait aussi été en possession de deux passeports de service, soupçonnant que l'un d'eux, ait été obtenu, le 28 juin 2018, via une "falsification".

A ce stade toutefois, Alexandre Benalla n'est pas poursuivi pour les accusations de faux documents administratifs.

M. Strzoda a également annoncé avoir diligenté une enquête interne pour comprendre pourquoi M. Benalla avait conservé un téléphone crypté de type Teorem jusqu'au 5 octobre.

Que va répondre l'intéressé qui a affirmé récemment qu'il ne se "tairait plus"?

"Le problème c’est qu’il y a plusieurs saisons. On avait +saison 1 : Benalla et la police parallèle+ et maintenant on risque d'avoir +saison 2 : Benalla et la diplomatie sécuritaire parallèle+", a lancé mardi François Grosdidier (LR), membre de la commission des Lois, au micro de Public Sénat.

"Ce n'est pas +Le bureau des légendes+", a dit dimanche Benjamin Griveaux, faisant référence à la série télévisée qui met en scènes des espions de la DGSE.

Doit aussi être de nouveau entendu lundi Vincent Crase, un ex-employé de La République en marche et chef d'escadron dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie. Il avait également été mis en examen pour violences en réunion le 1er mai.

Des sénateurs, tels le président du groupe socialiste Patrick Kanner, en appellent "saisir la justice", estimant comme François-Noël Buffet (LR)impossible d'accepter qu' "on puisse mentir".

"Imaginez qu’il n’y ait pas eu cette commission d’enquête du Sénat, qu’il n’y ait pas eu de bicamérisme...", a glissé jeudi le président du Sénat Gérard Larcher. A l'Assemblée nationale, dominée par le parti LREM d'Emmanuel Macron, une commission analogue a tourné court.

Pour le trio Bas-Sueur-Jourda, un seul mot d'ordre: aller "jusqu'au bout" de leur travail de contrôle.

Partager cet article

Dans la même thématique

Benalla repasse lundi sur le grill sénatorial
3min

Politique

Crise pétrolière : « Avec le transport maritime à la voile on est à 1g de CO2 par tonne de matériel transporté au km » se réjouit cet entrepreneur

Alors que le détroit d’Ormuz est toujours bloqué, et que les prix des hydrocarbures sont toujours au plus haut, certaines solutions de transports maritimes, hier décriées, montrent tout leur intérêt. Avec un taux d’émission de gaz à effet de serre faible et une ressource inépuisable, le transport maritime à la voile développé par une jeune entreprise bretonne a tous les avantages, comme l’explique ce chef d’entreprise dans l’émission « dialogue citoyen » présentée par Quentin Calmet.

Le

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le