Bernard Jomier : « Nos concitoyens souscrivent à l’obligation vaccinale »
Alors que la proposition de loi socialiste sur l’obligation vaccinale est discutée ce mercredi au Sénat, son rapporteur, Bernard Jomier, était invité dans la matinale de Public Sénat. L’objectif de cette proposition de loi est de « tourner la page de la pandémie » en complétant la couverture vaccinale et de sortir progressivement du passe sanitaire. À droite, on doute de l’effectivité du dispositif.

Bernard Jomier : « Nos concitoyens souscrivent à l’obligation vaccinale »

Alors que la proposition de loi socialiste sur l’obligation vaccinale est discutée ce mercredi au Sénat, son rapporteur, Bernard Jomier, était invité dans la matinale de Public Sénat. L’objectif de cette proposition de loi est de « tourner la page de la pandémie » en complétant la couverture vaccinale et de sortir progressivement du passe sanitaire. À droite, on doute de l’effectivité du dispositif.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La proposition de loi socialiste sur l’obligation vaccinale va être examinée par le Sénat aujourd’hui [voir notre article]. Bernard Jomier, rapporteur du texte, résume la logique qui est à la base de la démarche du groupe socialiste : « Il faut s’adapter à la situation. Le passe sanitaire a été très efficace pour inciter à la vaccination, mais il ne marche pas très bien pour réduire la circulation du virus. Or garder des millions de personnes non-vaccinées laisse un espace de circulation au virus qui nous expose à une nouvelle vague significative. » Ainsi, Bernard Jomier se veut « pragmatique » : « Ce n’est pas par idéologie que nous sommes favorables à l’obligation vaccinale, mais par pragmatisme. C’est un outil qui pourra nous permettre de gagner les quelques points de vaccination qui permettra aux Français de tourner la page de la pandémie. »

« On survalorise la question de la sanction »

La question qui se pose alors est celle de l’efficacité d’une obligation vaccinale difficilement contrôlable ou sanctionnable. Le sénateur socialiste de Paris, propose en réponse la création d’un « passeport vaccinal pour accéder à certains événements avec des risques particuliers », une sorte de passe sanitaire qui serait « beaucoup plus limité » et ne concernerait pas des « actes de la vie quotidienne, comme aller boire un café. » Mais alors, une obligation sans sanction comment ça marche ?

Bernard Jomier en est convaincu, la sanction n’a pas besoin d’être importante pour faire augmenter le taux de vaccination. Il en veut pour preuve l’exemple néo-calédonien, où l’obligation vaccinale n’est pour le moment assorti d’aucune sanction, mais où le taux de vaccination a doublé depuis l’entrée en vigueur de l’obligation vaccinale. « On survalorise la question de la sanction, nous ne proposons pas de jeter les gens 5 ans en prison les gens parce qu’ils ne sont pas vaccinés. La sanction proposée est modérée, une amende de 135 euros, et elle est différée. Il appartiendra au gouvernement de décider quand la sanction sera appliquée, cela peut être dans plusieurs mois » précise le sénateur socialiste de Paris.

« Il n’y a pas de réticences à avoir »

Pour Bernard Jomier, les réticences à l’égard du dispositif d’obligation vaccinale ne sont pas justifiées au niveau médical et sont « instrumentalisées » politiquement : « La vaccination est redoutablement efficace contre les formes graves. Les vaccins sont très sûrs, tous les médicaments ont des effets secondaires. Il n’y a pas de réticence à avoir. On utilise le débat sur le vaccin pour des contestations sociales, que je peux entendre par ailleurs. Il y a une instrumentalisation du vaccin à des fins politiques de contestation du pouvoir en place, c’est vain et c’est dangereux. » Le sénateur de Paris en veut pour preuve le soutien de 2/3 des Français à l’obligation vaccinale selon un sondage Elabe réalisé pour BFMTV : « Nos concitoyens souscrivent à l’obligation vaccinale. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris Gabriel Attal Meeting
8min

Politique

« Un an pour convaincre » : pour son premier grand meeting, Gabriel Attal mise sur « l’espoir » et joue sa différence avec Edouard Philippe

Devant 5.000 personnes réunies à Paris, Gabriel Attal a réussi sa première grande démonstration de force. Le candidat à la présidentielle entend dessiner un projet loin du « pessimisme » ambiant avec « quatre chantiers capitaux » : l’école, avec « moins de 20 élèves par classe » en primaire, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle, et « deux dettes à résorber », celle des finances publiques et du réchauffement climatique. Mais il n’oublie pas de se démarquer de son principal concurrent, un certain Edouard Philippe…

Le

France Vivendi Bollore
5min

Politique

Tribune anti-Bolloré :  Maxime Saada, patron de Canal + nie toute « liste noire »

Même si le président du directoire de Canal+ réfute toute « liste noir », il affirme que le groupe tiendra désormais compte de « la considération portée à Canal+ » dans ses choix de financement. Des propos qui ravivent les tensions avec une partie du monde du cinéma, mobilisée contre l’influence de Vincent Bolloré.

Le

Cour d appel et d ‘assises de Lyon
6min

Politique

Le procès « French Bukkake » aux assises : « Le but est de reconnaître toute la dimension criminelle de l’industrie pornographique », se félicite Laurence Rossignol

Le premier grand procès de l’industrie pornographique se tiendra finalement devant les assises et non devant une cour criminelle départementale. Une victoire pour la cinquantaine de victimes de la plateforme French Bukkake. La chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris a retenu le caractère sexiste et raciste des viols, tout comme l’avait relevé le rapport de la mission d’information du Sénat sur les dérives de l’industrie pornographique remis en 2022.

Le