Bientôt un retour du masque obligatoire ? « Le gouvernement a peur d’être impopulaire », estime Philippe Juvin
Invité de Public Sénat, le député LR et médecin urgentiste Philippe Juvin, alerte sur la remontée des indicateurs de suivi de l’épidémie de covid-19, alors que le système hospitalier doit déjà faire face aux épidémies hivernales. Il se prononce pour un retour du masque obligatoire, mais se dit contre la réintégration des soignants non-vaccinés.

Bientôt un retour du masque obligatoire ? « Le gouvernement a peur d’être impopulaire », estime Philippe Juvin

Invité de Public Sénat, le député LR et médecin urgentiste Philippe Juvin, alerte sur la remontée des indicateurs de suivi de l’épidémie de covid-19, alors que le système hospitalier doit déjà faire face aux épidémies hivernales. Il se prononce pour un retour du masque obligatoire, mais se dit contre la réintégration des soignants non-vaccinés.
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À mesure que la France s’enfonce dans l’hiver et le froid, les chiffres de l’épidémie de covid-19 continuent de progresser. Le nombre de cas hebdomadaires a augmenté de 13,8 %. Et si les passages aux urgences ont diminué sur les sept derniers jours, les hospitalisations et les prises en charge dans les services de soins critiques repartent à la hausse, selon les données publiées par Santé publique France. À ce stade, aucune mesure coercitive n’a encore été prise par le gouvernement, dont la marge de manœuvre est sensiblement réduite depuis la sortie de l’état d’urgence sanitaire. « Ma main ne tremblera pas s’il faut imposer le masque dans les transports », a pourtant affirmé François Braun, le ministre de la Santé, dimanche au micro de BFM TV.

Mais pour Philippe Juvin, chef des urgences de l’hôpital Georges Pompidou à Paris et député LR des Hauts-de-Seine, l’exécutif rechigne devant les conséquences politiques qu’auraient de nouvelles contraintes, près de trois ans après le déclenchement de la crise sanitaire. « Je pense que le gouvernement a peur d’être impopulaire, parce qu’il a l’impression que les gens sont fatigués par le virus, ce qui est vrai », a-t-il commenté ce mardi 6 décembre, au micro de « Bonjour chez vous », la matinale de Public Sénat. « Les messages ne sont pas clairs. Je pense qu’il n’y a pas que la main, tout tremble. »

« Je trouve le gouvernement très discret sur les recommandations, et je ne parle pas du vaccin… », poursuit cet ancien candidat à la présidentielle. « Il faut porter le masque, c’est une certitude. L’épidémie arrive au même moment que celle de grippe, face à un système de santé extrêmement fatigué et usé […] Idéalement, il faudrait rendre le port du masque obligatoire », pointe-t-il. « Dans tous nos services d’urgences, vous avez des gens qui dorment sur les brancards, avec des risques d’accidents comme on en a vu il y a quelques jours, avec des patients que l’on a retrouvés morts », alerte l’élu.

Les personnels non-vaccinés

Interrogé sur la réintégration des soignants non-vaccinés, une mesure que le gouvernement refuse de mettre en œuvre et que soutiennent les députés LR, Philippe Juvin s’y montre opposé. Surtout, il estime que ce débat détourne l’attention de la politique à prendre pour renforcer le système de santé. « Non, il ne faut pas les réintégrer, cela ne résoudra pas le problème de l’hôpital. La question c’est : combien y a-t-il de soignants non vaccinés ? On ne sait pas trop, mais sur les infirmières, j’ai le chiffre de moins de 10 par département. En nombre, c’est peanuts ! », explique notre invité. « Il manque des lits ouverts pour pouvoir hospitaliser les gens. Pour cela il faut du personnel, et pour avoir du personnel il faut en former. »

Une forte baisse des dépenses liées au covid-19 dans le budget 2023

Alors que le budget de la Sécurité sociale pour l’année 2023 a été définitivement adopté par le Parlement vendredi, après une nouvelle utilisation du 49.3, Philippe Juvin estime que cette loi de financement ne prend pas suffisamment en compte la menace sanitaire. « Ce budget a été construit avec l’hypothèse que l’épidémie de covid-19 était quasiment terminée. On est passé de 11 milliards pour financer des tests en 2022 à un milliard en 2023. Il n’y a aucune enveloppe pour la prise en charge des covid longs. Ni sur la recherche, ni sur les consultations », regrette-t-il.

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