« Black blocs » : Le Sénat adopte un texte LR contre les violences dans les manifestations
Le Sénat a adopté mardi, en réponse au phénomène des "black blocs", une proposition de loi de droite visant à "prévenir et...

« Black blocs » : Le Sénat adopte un texte LR contre les violences dans les manifestations

Le Sénat a adopté mardi, en réponse au phénomène des "black blocs", une proposition de loi de droite visant à "prévenir et...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le Sénat a adopté mardi, en réponse au phénomène des "black blocs", une proposition de loi de droite visant à "prévenir et sanctionner les violences lors des manifestations", dénoncée à gauche comme attentatoire aux libertés.

Le texte du chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau a été voté en première lecture à main levée, avec les voix LR, centristes, et Indépendants. PS, CRCE (à majorité communiste) et LREM ont voté contre.

"Bien davantage que de casseurs de vitrines, il s'agit en fait de briseurs de République", a fait valoir M. Retailleau. "Eh bien la République doit briser ces groupes", a-t-il lancé, jugeant qu'"aujourd'hui la loi est trop faible".

Lors de la manifestation parisienne du 1er mai, "1.200 +Black blocs+ se sont infiltrés" dans les cortèges officiels, a rappelé la rapporteure LR Catherine Troendlé.

"Il ne s’agit en aucun cas de porter atteinte à la liberté de manifester mais, au contraire, d’en garantir le libre exercice", a-t-elle assuré.

Le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, qui intervenait pour la première fois devant la représentation nationale, a indiqué que le texte LR "sera pour le gouvernement l'occasion d'avoir un échange technique".

Se défendant d'un rejet "en bloc" des propositions, il a cependant souhaité un texte plus abouti, rappelant qu'un groupe de travail commun aux ministères de la Justice et de l'Intérieur "rendra ses conclusions le 15 janvier".

La proposition de loi prévoit, à titre préventif, que les préfets pourront prononcer des interdictions de manifester à l’encontre d'individus susceptibles de représenter une menace grave pour l’ordre public.

Est aussi prévue la création d’un fichier national des personnes interdites de manifestations, vivement contestée par Esther Benbassa (CRCE).

Le préfet pourra aussi autoriser "pendant les six heures qui précèdent" une manifestation et jusqu'à dispersion, "dans un périmètre délimité", des palpations de sécurité et fouilles de sacs.

Quant au volet répressif, le texte propose notamment de transformer l’infraction de dissimulation volontaire du visage dans une manifestation en un délit puni d’un an d’emprisonnement et 15.000 euros d’amende.

"Cette proposition de loi rogne clairement sur les libertés publiques, notamment sur liberté de manifester", a affirmé la présidente du groupe CRCE.

"Nous craignons que le remède s'avère pire que le mal", a déclaré Jerôme Durain (PS), tandis que Thani Mohamed Soilihi (LREM) jugeait que le texte "présente encore des risques importants pour les libertés individuelles".

Partager cet article

Dans la même thématique

« Black blocs » : Le Sénat adopte un texte LR contre les violences dans les manifestations
3min

Politique

Accès à l’Université : « La place du baccalauréat est une question qui doit être discutée », estime le ministre de l’Enseignement supérieur

Invité de la matinale de Public Sénat, « Bonjour chez vous », le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a estimé que la place du baccalauréat devait « être discutée au moment de la présidentielle ». Mardi, un rapport du Sénat a préconisé, entre autres, de supprimer le droit d'accès automatique aux études supérieures des bacheliers.

Le

Edouard Philippe a la Foire de Chalons
10min

Politique

Présidentielle 2027 : la main tendue d'Édouard Philippe, rejetée par Gabriel Attal et Bruno Retailleau, relance l'idée d'une primaire

Le candidat Horizons, favori du bloc central, Édouard Philippe a lancé un appel à ses concurrents du centre et de la droite, les invitant à se rassembler dans la perspective de la présidentielle et des législatives. Mais Bruno Retailleau et Gabriel Attal ne comptent pas, à ce stade, se retirer au profit d'une candidature unique du maire du Havre. De quoi relancer l'idée d'une primaire.

Le

Montants, modalités : comment est fixé la rémunération des ministres ?
6min

Politique

Montants, modalités : comment est fixée la rémunération des ministres ?

Sébastien Lecornu envisage de réduire l’indemnité mensuelle des membres du gouvernement, à titre d’exemplarité, dans une période où le budget 2027 va nécessiter des ajustements budgétaires forcément impopulaires. On fait le point sur les règles actuelles qui déterminent les montants perçus par les ministres.

Le

Paris: S. Lecornu protection debat democratique contre les ingerences
6min

Politique

Budget, fin de vie, crises, tests antidrogue et ambitions : retour sur une année de gouvernement Lecornu

Le premier ministre souffle en toute discrétion sa première bougie à Matignon. Après un faux-départ, il a réussi à faire adopter le budget 2026, ce qui était loin d’être acquis. Mais impossible de lancer de grandes réformes, à l’exception de l’adoption, malgré l’absence de majorité absolue, du texte sur la fin de vie. Quant à l’idée d’être le recours de son camp pour 2027, il l’écarte. S’il passe l’écueil du dernier budget, il pourrait aller au bout du quinquennat.

Le