Black Friday: l’Assemblée opte pour une mesure symbolique
Un vote symbolique pour alerter sur la surconsommation: l'Assemblée s'est prononcée lundi soir pour mieux lutter contre certaines...

Black Friday: l’Assemblée opte pour une mesure symbolique

Un vote symbolique pour alerter sur la surconsommation: l'Assemblée s'est prononcée lundi soir pour mieux lutter contre certaines...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Un vote symbolique pour alerter sur la surconsommation: l'Assemblée s'est prononcée lundi soir pour mieux lutter contre certaines publicités "trompeuses" du Black Friday, mais sans aller jusqu'à des interdictions nouvelles que réclamaient des députés en commission.

"Loin de nous l'idée de faire la leçon, c'est vraiment un amendement d'alerte", sur la communication "parfois trompeuse" du Black Friday, a expliqué la députée LREM Laurence Maillart-Méhaignerie, à propos de cette manifestation commerciale importée des Etats-Unis qui vient d'avoir lieu le 29 novembre.

Initialement, les députés de la commission du développement durable voulaient associer les promos du Black Friday aux pratiques commerciales "agressives", passibles d'un emprisonnement de deux ans et d'une amende de 300.000 euros au plus.

Et la non inscrite et ancienne ministre de l'écologie Delphine Batho ambitionnait d'interdire purement et simplement le Black Friday.

Mais le dispositif était "peu opérant", reconnaissait-on au ministère de la Transition écologique, en minimisant la portée de la mesure que la commission avait approuvée opportunément quelques jours avant le Black Friday.

En séance, en plein examen du projet de loi antigaspillage, l'Assemblée a modifié l'article concerné pour rattacher les éventuelles publicités mensongères du Black Friday à la "publicité trompeuse", déjà interdite par la loi.

Selon Delphine Batho, le Black Friday peut désormais être "associé aux pratiques commerciales trompeuses, interdites donc sanctionnables (...) avec la possibilité pour le juge d'intervenir".

Pour Laurence Maillart Méhaignerie (LREM), "il n'a jamais été question d'interdire le Black Friday mais d'envoyer un message aux commerçants pour dénoncer des pratiques qui peuvent être abusives. Le phénomène prend une telle ampleur que ca nous dépasse un peu tous".

Le sujet a encore suscité de vifs débats. A droite Emmanuel Maquet (LR) a demandé de "laisser les commerçants organiser librement les opérations promotionnelles plébiscitées par les Français".

Pour le centriste Bruno Millienne (MoDem), les "citoyens savent très bien décoder la publicité"; il existe de "vraies réductions" durant le Black Friday; et en cas de publicité trompeuse, "la loi a tout prévu, on n'a pas besoin d'en rajouter".

Pour la députée UDI Sophie Auconie, le Black Friday "incite à l'hyper consumérisme" et profite "à des plateformes (comme Amazon)" qui "n'ont pas la fiscalité française" et qui "utilisent énormément d'emballages."

Fin novembre, la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne avait vivement fustigé la "frénésie de consommation" générée par le Black Friday. A droite, Eric Woerth (LR) avait dénoncé une "polémique inutile", invoquant "le droit de consommer et d'acheter ce qu'on a envie".

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: S. Lecornu protection debat democratique contre les ingerences
7min

Politique

Avant la présidentielle de 2027, le gouvernement muscle son arsenal contre les ingérences étrangères

Après les tentatives de manipulation détectées lors des élections municipales et face à la multiplication des campagnes de désinformation alimentées par les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle, le gouvernement présente un projet de loi destiné à renforcer la protection du débat démocratique. Le texte durcit les sanctions pénales, élargit les procédures judiciaires de retrait des fausses informations et crée une commission indépendante chargée d’alerter le public en cas d’ingérence étrangère. Une première réponse saluée par plusieurs parlementaires, qui la jugent néanmoins incomplète.

Le

Marine Le Pen Campaigns in Northern France to Support Local Candidates
7min

Politique

« Il faut pousser les murs » : comment le Sénat se prépare à l’arrivée possible d’un groupe RN après les sénatoriales de septembre

Le RN espère, après les sénatoriales, atteindre le seuil des dix sénateurs pour créer le premier groupe RN de l’histoire du Sénat. Un enjeu symbolique, de moyens sur le plan parlementaire, et politique pour Marine Le Pen. Elle pourrait jouer de cette dynamique pour la présidentielle. Les conséquences sont aussi très pratiques au sein du Palais du Luxembourg, où l’administration doit faire de la place pour se préparer à l’arrivée éventuelle d’un groupe RN.

Le

Capture d’écran du documentaire « Hossegor, histoires d’utopistes » de Guillaume Estivie
6min

Politique

Les « docus de l’été » : Hossegor, une cité balnéaire façonnée au fil des utopies

Voici 100 ans que l’histoire de la côte basque s’écrit, traversée par de multiples révolutions… culturelle, architecturale, ou encore sportive. Une communion entre les Hommes et la nature qui a permis à un petit quartier de la commune de Soorts de s’émanciper pour devenir la célèbre station balnéaire d’Hossegor, dans le département des Landes. Mais qui sont les écrivains qui décident de s’installer au bord du lac marin à l’aube du XXe siècle ? Quel héritage reste-t-il de ces amoureux de la côte basque ? "Hossegor, histoires d’utopistes", un documentaire de Guillaume Estivie à voir cet été sur Public Sénat.

Le