Blanquer : « Il y a des courants islamo-gauchistes très puissants dans les secteurs de l’enseignement supérieur »
« Ne soyons pas aveugles. Il y a, à l’université, des secteurs qui ont une conception très bizarre de la République » soutient le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, auditionné suite à l’assassinat de Samuel Paty. Il entend « créer des chaires laïcité (…) qui auront un impact sur nos étudiants ».

Blanquer : « Il y a des courants islamo-gauchistes très puissants dans les secteurs de l’enseignement supérieur »

« Ne soyons pas aveugles. Il y a, à l’université, des secteurs qui ont une conception très bizarre de la République » soutient le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, auditionné suite à l’assassinat de Samuel Paty. Il entend « créer des chaires laïcité (…) qui auront un impact sur nos étudiants ».
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, ainsi que son collègue de l’Intérieur, étaient conjointement auditionnés par les commissions des lois et celle de la culture et de l’éducation du Sénat, ce jeudi, suite à l’assassinat de Samuel Paty. Une audition organisée pour raisons sanitaires dans l’hémicycle (revoir les temps forts de l’audition ici).

L’apprentissage du français, « un enjeu républicain fondamental »

Interrogé par le sénateur LR Jacques Grosperrin sur l’importance de l’apprentissage du français, et le niveau faible parfois constaté à l’entrée en 6e, Jean-Michel Blanquer y a vu « un enjeu républicain fondamental ».

« Le sujet de la langue française et sa faible maîtrise est à l’origine de tous les mots. Je ne peux que vous donner raison. (…) Tout commence par le langage, premier vecteur de non-violence, de subtilité, d’écoute » souligne le ministre de l’Education nationale, sans oublier « les mathématiques, pour l’esprit logique ». Il regrette cependant le manque de « soutien » de la part des milieux politiques, médiatiques ou culturels pour des mesures allant dans le sens d’un renforcement des fondamentaux, « c’est un signe de cet affaiblissement » du français.

Le sénateur PS David Assouline, ancien professeur d’histoire-géographie, a pour sa part demandé que l’éducation civique « soit au cœur » des programmes et de la formation des professeurs, et ne soit pas une variable d’ajustement, en rognant sur le temps dédié quand il faut terminer les programmes en fin d’année.

Jean-Michel Blanquer répond que, dans son projet de loi pour l’école, « l’éducation civique et morale » a déjà bénéficié d’un temps dédié pour ne plus se retrouver « dans un grand tout » avec l’histoire-géographie. Mais « ça ne va pas assez loin » a-t-il reconnu, « il faut sûrement que dans les temps qui viennent, ce soit un véritable objet en soi ».

« Voir ce qui se passe, pour de vrai, dans les enseignements qui sont donnés »

Le ministre entend aussi « créer des chaires laïcité, valeurs de la République » à l’université « qui auront un impact sur nos étudiants ». Concernant le supérieur justement, Jean-Michel Blanquer a tenu des propos qui risquent de faire réagir. « Il y a des courants islamo-gauchistes très puissants dans les secteurs de l’enseignement supérieur qui commentent des dégâts sur les esprits. Et cela conduit à certains problèmes, que vous êtes en train de constater » estime le ministre de l’Education nationale.

« Ne soyons pas aveugles. Il y a, à l’université, des secteurs qui ont une conception très bizarre de la République. Il s’agit, non pas seulement de définir des heures et des moyens, mais de voir ce qui se passe, pour de vrai, dans les enseignements qui sont donnés. Il faut une matrice initiale, parfaite, impeccablement réglée » soutient Jean-Michel Blanquer.

Auditionné en juin 2020 par la commission d’enquête du Sénat sur la radicalisation islamiste, le ministre avait déjà évoqué « la perméabilité du monde universitaire avec des théories qui sont aux antipodes des valeurs de la République et de la laïcité », citant « les théories indigénistes ».

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS, Affaire Lyhanna, Manifestation interdite place Vendome.
7min

Politique

Affaire Lyhanna : vers une commission d’enquête au Sénat sur les « dysfonctionnements de la justice » ?

La commission des lois du Sénat pourrait prochainement se doter des prérogatives d’une commission d’enquête afin de faire la lumière sur les dysfonctionnements révélés par l’affaire Lyhanna. Selon les informations recueillies par Public Sénat, la présidente de la commission, Muriel Jourda, devrait proposer dès mercredi 10 juin à ses collègues d’engager cette démarche

Le

PARIS: Conference de presse de Gerald Darmanin Gardes des Sceaux Ministre de la Justice
6min

Politique

Affaire Lyhanna : l’idée de Gérald Darmanin de redonner à la Chancellerie un pouvoir d’instruction dans les affaires individuelles, « hasardeuse et contreproductive », selon les juristes

Auditionné par la commission des lois du Sénat, sur les défaillances qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, Gérald Darmanin a évoqué l’idée de revenir sur l’interdiction pour le garde des Sceaux de donner des instructions dans les affaires individuelles. Une possibilité qui existait jusqu’en 2013, avant la réforme sur l’indépendance du parquet.

Le

Paris : Session of questions to the government at National Assembly
3min

Politique

Affaire Lyhanna : perpétuité pour les viols en série, enquêtes plus rapides…  les premières réponses de Sébastien Lecornu

Après avoir réuni plusieurs ministres ce mardi matin dans le sillage de l’affaire Lyhanna, Sébastien Lecornu veut renforcer les peines pour les violeurs en série et imposer un délai d’enquête de trois mois lorsque l’auteur d’un crime sur enfant est identifié. Deux mesures, parmi d’autres, qui seront intégrées dans le projet de loi sur la protection des enfants.

Le

Blanquer : « Il y a des courants islamo-gauchistes très puissants dans les secteurs de l’enseignement supérieur »
2min

Politique

Affaire Lyhanna : Muriel Jourda n’écarte pas « un problème structurel qui a pu conduire à ce drame épouvantable »

Après l’audition du ministre de la Justice et du ministre de l’Intérieur sur les défaillances qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, la présidente de la commission des lois du Sénat, Muriel Jourda (LR) évoque la possibilité « d’un problème structurel » dans le fonctionnement du service public de la justice. Elle préconise d’attendre le passage en revue des 70 000 plaintes pour crime et délit concernant des enfants d’ici la fin du mois de juillet, pour se prononcer.

Le