Boues rouges: visite surprise de Marine Le Pen sur l’écologie
La candidate du Front national, Marine Le Pen, a fait dimanche une visite imprévue axée sur l'écologie devant l'usine Altéo de Gardanne (Bouches...

Boues rouges: visite surprise de Marine Le Pen sur l’écologie

La candidate du Front national, Marine Le Pen, a fait dimanche une visite imprévue axée sur l'écologie devant l'usine Altéo de Gardanne (Bouches...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La candidate du Front national, Marine Le Pen, a fait dimanche une visite imprévue axée sur l'écologie devant l'usine Altéo de Gardanne (Bouches-du-Rhône), où elle a notamment plaidé pour une action d'un "État stratège" au côté du privé contre les "boues rouges".

Lors de ce court déplacement, auquel seuls quelques médias avaient été conviés, Mme Le Pen n’est pas entrée sur le site lui-même, dont les portes étaient fermées, selon des ouvriers interrogés par l'AFP. Elle a déambulé aux alentours, avant de rejoindre l'aéroport de Marignane en fin de matinée, a constaté l'AFP.

"J’ai été un peu surpris, on n’était pas du tout au courant" de ce déplacement, a déclaré à l'AFP Christian Merono, secrétaire FO du comité d’entreprise après avoir interrogé des collègues sur place. "On ne rentre pas comme ça dans cette usine, il y a des règles de sécurité", a-t-il précisé. Une source FN a affirmé à l'AFP que pour la candidate, "il n'était pas prévu de rentrer, surtout un dimanche".

Mme Le Pen avait déjà fait une brève visite surprise mercredi devant l'usine Whirlpool à Amiens, où l'autre finaliste de la présidentielle Emmanuel Macron, qui s'y était rendu peu après, avait reçu un accueil houleux avant de dialoguer longuement avec des salariés.

Photo prise le 5 avril 2017 en Méditerranée au large de Cassis du tuyau d'évauation des boues rouges de l'usine Altéo de Gardanne (Bouches-du-Rhône)
Photo prise le 5 avril 2017 en Méditerranée au large de Cassis du tuyau d'évauation des boues rouges de l'usine Altéo de Gardanne (Bouches-du-Rhône)
AFP/Archives

Considérant que la campagne du second tour de la présidentielle permettait entre autres de "mettre en avant les problèmes environnementaux et sanitaires et de les relier au choix du modèle économique", Mme Le Pen a défendu dimanche sa vision d'une "véritable écologie", au micro notamment de BFM et LCI.

Interrogée sur le cas de l'usine Altéo et du rejet de "boues rouges", Mme Le Pen a jugé nécessaire de "régler ce problème".

A ses yeux, "l'État stratège" peut "agir main dans la main" avec "le privé" à la fois pour la "protection des emplois" et "pour accélérer le temps nécessaire pour pouvoir mettre en protection nos compatriotes des risques environnementaux".

"A six ou sept ans, je crois que l'État stratège, s'il s'appuie sur une planification avec l'entreprise, peut obtenir une réduction de ces délais" de mise au norme des rejets liquides, a-t-elle estimé.

Altéo, après 50 ans de rejets de "boues rouges" polluantes en Méditerranée, a obtenu fin décembre une nouvelle autorisation préfectorale et un délai de six ans pour mettre ses rejets liquides aux normes. L'usine a modifié ses procédés et ne rejette plus qu'un liquide filtré, qui a abouti, selon Altéo, à une réduction du flux de métaux rejeté de plus de 99%. Mais les opposants continuent de les considérer comme polluant.

La Commission européenne a récemment demandé des explications au gouvernement français sur l'autorisation donnée à l'usine de rejeter des déchets dans le parc national des calanques de Marseille.

La question des boues rouges avait créé une polémique entre le Premier ministre de l'époque Manuel Valls et la ministre de l’Écologie Ségolène Royal. Mme Royal avait désapprouvé la décision d'autoriser de nouveau le rejet d'effluents, prise selon elle par le préfet sur "ordre" direct de M. Valls.

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le