Brexit: Borne juge « inacceptable » des routes maritimes excluant les ports français
La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a officiellement protesté auprès de la Commission européenne, estimant qu'une...

Brexit: Borne juge « inacceptable » des routes maritimes excluant les ports français

La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a officiellement protesté auprès de la Commission européenne, estimant qu'une...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a officiellement protesté auprès de la Commission européenne, estimant qu'une proposition de dérouter l'itinéraire transeuropéen reliant l'Irlande au continent après le Brexit en évitant les ports français n'était "pas acceptable pour la France".

"De manière surprenante", a écrit Elisabeth Borne à la commissaire chargée des transports, Violeta Bulc, dans un courrier daté de vendredi, la proposition de la Commission "ne tient absolument pas compte" de la géographie et de la capacité des ports français à s'équiper le cas échéant "pour disposer des capacités nécessaires au surcroît d'activité attendu".

La Commission a proposé le 1er août d'adapter le tracé du corridor transeuropéen Mer du Nord-Méditerranée, qui relie notamment l'Irlande et l’Écosse au Benelux et à Marseille, en prévision de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Il s'agit de promouvoir des liaisons maritimes directes, évitant les futurs passages en douane à l'entrée et à la sortie du Royaume-Uni.

Alors que ce corridor aboutit actuellement sur le continent à Calais et Dunkerque, Bruxelles envisage désormais de relier directement l'Irlande (Dublin et Cork) au Benelux (Zeebrugge, Anvers et Rotterdam), en passant au large des ports français pourtant géographiquement bien plus proches.

"En l'état, cette proposition n'est (...) pas acceptable pour la France", a souligné la ministre dans sa lettre transmise à l'AFP samedi, critiquant au passage le manque de transparence et la précipitation du processus de consultation de la Commission.

"Il me paraît donc indispensable de compléter la proposition de la Commission afin d'y inclure les liaisons entre l'Irlande et les ports français", a-t-elle ajouté.

Elisabeth Borne propose de renforcer les liaisons entre l'Irlande et les ports de Calais et Dunkerque, et aussi de connecter au corridor Mer du Nord-Méditerranée une branche passant par Le Havre et Paris.

Elle suggère en outre, "compte tenu des circonstances exceptionnelles engendrées par le Brexit", de favoriser les ports les plus proches de l'Irlande, Cherbourg, Roscoff et Brest.

Les ports situés sur les réseaux transeuropéens de transport (appelés RTE-T, ou TEN-T) sont susceptibles de bénéficier de fonds européens pour leur développement. Faire passer le corridor Mer du Nord-Méditerranée au large de la France prive donc potentiellement les ports de l'Hexagone de ces financements.

Selon le magazine Politico Europe, la décision d'exclure les ports français vient de la crainte d'une "sérieuse congestion" à la douane dans les ports du nord de la France et des incertitudes liées aux grèves des dockers français.

Partager cet article

Dans la même thématique

Brexit: Borne juge « inacceptable » des routes maritimes excluant les ports français
2min

Politique

Remise sur le marché de passoires thermiques : « Il vaut mieux être chez soi sous un toit ou dans la rue ? », se défend Vincent Jeanbrun

Le ministre du Logement Vincent Jeanbrun a présenté mercredi en Conseil des ministres son projet de loi visant à augmenter l’offre de logements. Une de ses mesures qui consiste à remettre sur le marché des passoires thermiques, semble aller à rebours de l’actualité. « Il vaut mieux être chez soi sous un toit ou dans la rue ? », a répondu le ministre.

Le

International Women’s Day – Demonstration – Lyon
6min

Politique

Masculinisme : « Le mode de radicalisation est exactement le même que lorsqu'on radicalisait des gens pour les faire partir en Syrie », alerte Dominique Vérien

Les sénatrices de la délégation aux droits des femmes appellent à faire de la lutte contre le masculinisme « une priorité de politique publique ». Après sept mois d’enquête, elles décrivent un mouvement politique structuré, alimenté par les réseaux sociaux, qui menace l’égalité entre les femmes et les hommes et constitue, selon elles, un risque croissant pour « la démocratie ».

Le