Brexit et Irlande du Nord ou « l’intrusion du tragique de l’histoire dans l’institutionnel européen »
Le 29 mars 2017, le Royaume-Uni déclenchait l’article 50 du Traité de Lisbonne, point de départ de la procédure de divorce entre Londres et l’Union européenne. Un an plus tard, alors que des compromis ont été trouvés, notamment sur le montant de la « facture du Brexit » et les droits des citoyens après la séparation, un flou demeure. C’est la question des trois cent soixante kilomètres de frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Les invités du plateau d’Europe Hebdo nous éclairent sur les implications majeures du Brexit sur l’île d’Irlande.

Brexit et Irlande du Nord ou « l’intrusion du tragique de l’histoire dans l’institutionnel européen »

Le 29 mars 2017, le Royaume-Uni déclenchait l’article 50 du Traité de Lisbonne, point de départ de la procédure de divorce entre Londres et l’Union européenne. Un an plus tard, alors que des compromis ont été trouvés, notamment sur le montant de la « facture du Brexit » et les droits des citoyens après la séparation, un flou demeure. C’est la question des trois cent soixante kilomètres de frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Les invités du plateau d’Europe Hebdo nous éclairent sur les implications majeures du Brexit sur l’île d’Irlande.
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Par Alexandre Delrieu

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Vingt ans après la signature de l’accord de Belfast mettant fin à trois décennies d’un conflit sanglant au Royaume-Uni, les négociations du Brexit ont réveillé l’épineuse question irlandaise, principal point de tension entre les négociateurs de l’UE et le gouvernement britannique. Depuis l’ouverture des négociations, les questions relatives au règlement financier du Brexit et aux droits des citoyens après le départ des Britanniques ont pu faire l’objet d’accords politiques et juridiques. Néanmoins, le sort de la frontière irlandaise soulève encore des difficultés.

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« La frontière, c’est deux communautés qui ont été séparées par la guerre jusqu’il y a vingt ans », rappelle Eric Maurice, rédacteur en chef d’EUobserver. Le député européen EELV Pascal Durand met ainsi en garde contre une éventuelle résurgence de « la tradition de résistance à l’occupation britannique » chez la frange la plus radicale des unionistes irlandais. « Il faut avoir peur qu’au sein même de l’Union européenne on voit des conflits se raviver […] Il faut qu’on reste sur une logique de démocratie, de paix et de négociation » insiste l’eurodéputé.

Les négociations dans une impasse ?

Selon le journaliste Eric Maurice, la seule solution viable afin d’éviter le rétablissement d’« une sorte de rideau de fer » entre les deux communautés serait alors « l’alignement des règles douanières ». C'est-à-dire « d’entériner l’unification économique de l’Irlande, et ça, ce n’est pas acceptable pour Londres ». Ainsi, il estime que les négociateurs se trouvent dans une situation d’impasse.

Pour Pascal Durand, cette impasse ne tient qu’à la position initiale du Royaume-Uni. « Il n’y a aucune solution si on regarde la position donnée par les Britanniques. Parce qu’en fait tout part d’un mensonge. Les partisans du Brexit ont expliqué qu’on pouvait être à la fois dedans et dehors, qu’on allait avoir les avantages mais pas les inconvénients ».

Europe Hebdo - Reportage à la frontière entre les deux Irlande
05:18

Vers une « sortie à la carte » ?

L’ancien secrétaire national des Verts estime que l’on s’oriente « vers une solution qui va être le pire qui pourrait arriver aux défenseurs » dans laquelle « l’Angleterre va se retrouver avec l’obligation de respecter l’ensemble des normes européennes, pour ne pas remettre de frontière entre les deux Irlande, et en même temps ne pourra plus participer aux décisions ».

Un statut qui serait comparable à celui de la Norvège, et qui obligera Londres à payer une contribution à l’Union européenne. Une solution qui mettrait les partisans du Brexit « devant leur contradiction », avance Marc Tarabella, député européen socialiste belge.  Et d’ajouter : « Ils nous ont emmerdé pendant quarante-trois ans à faire l’Europe et à la promotionner. Et maintenant qu’ils veulent partir, ils nous emmerdent encore en voulant faire une sortie à la carte ».

La ligne de l’eurodéputé est claire. « C’est une négociation. Il faut savoir si on est dehors ou si on est dedans ».

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