Brexit : le règlement financier « n’est pas une punition » selon Barnier
Ce matin, le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit Michel Barnier présentait à la presse ses recommandations en vue de l’ouverture des négociations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. Trois jours avant, les 27 Etats membres restant dans l’Union européenne s’étaient réunis pour établir un mandat de négociation.

Brexit : le règlement financier « n’est pas une punition » selon Barnier

Ce matin, le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit Michel Barnier présentait à la presse ses recommandations en vue de l’ouverture des négociations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. Trois jours avant, les 27 Etats membres restant dans l’Union européenne s’étaient réunis pour établir un mandat de négociation.
Public Sénat

Par Alice Bardo

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« Certains ont créé l’illusion en disant que le Brexit n’aurait aucun impact sur nos vies et que  les négociations se termineront sans douleur, mais ce n’est pas le cas », avertit d’emblée Michel Barnier. Le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit regrette les « dix mois d’incertitudes » qui se sont écoulés depuis la décision des Britanniques de quitter l’Union européenne et appelle à ouvrir au plus vite ces négociations « extraordinaires ». « Dès que le Royaume-Uni sera prêt à s’asseoir à la table », précise t-il.

« Le Royaume-Uni va essayer de rentrer dans une position de force », prédisait François Hollande samedi dernier, à l’issue de son dernier Conseil européen. Pour lui, la décision de Theresa May d’avancer la date des élections législatives pour renforcer sa majorité avant le début des négociations illustre parfaitement cette volonté britannique d’un « Brexit dur ». « Ce qui est essentiel c’est que les 27 puissent être unis dans ces négociations et c’est le cas », a-t-il affirmé. « Il n’y a pas de négociation entre les 27 mais entre les 27 et le Royaume-Uni. »

Préserver les droits des citoyens, une priorité

Ce matin, lors de sa conférence de presse, Michel Barnier a d’ailleurs salué « l’unité » des 27 Etats membres réunis samedi dernier pour décider des lignes directrices des négociations à venir. Des lignes directrices qu’il a traduites en « recommandations ». Trois grands dossiers ont été identifiés par les 27 Etats membres, dont un « prioritaire » : les droits des citoyens. Michel Barnier rappelle qu’ « il y a plus de 4 millions d’européens vivant au Royaume-Uni ou de Britanniques européens vivant sur le territoire des 27 » et tient à ce qu’ils puissent « continuer à vivre comme aujourd’hui, toute leur vie ». Cela implique de protéger leur droit de résidence, mais également ceux liés à l’accès au marché du travail, à l’éducation, au droit à la santé et à celui la reconnaissance des diplômes et des qualifications ».

L’autre sujet qui devra être abordé lors des négociations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, c’est le règlement financier. « Il ne s’agit pas d’une punition ni d’une taxe de sortie », assure Michel Barnier. Côté européen, on évalue cette facture entre 40 et 60 millions d’euros. Une somme qui correspond aux engagements financiers de Londres dans « les projets et programmes décidés ensemble,  dont nous bénéficions ensemble et que nous finançons ensemble ». « Nous devons solder les comptes ni plus, ni moins », conclut le négociateur en chef.

Brexit : « Nous devons solder les comptes ni plus, ni moins », affirme Barnier
01:01

Enfin, « les 27 » et le Royaume-Uni devront ensemble redéfinir « les nouvelles frontières extérieures », et notamment celle entre les deux Irlande. Michel Barnier a prévu de s’y rendre la semaine prochaine.

Le Pen « camoufle le danger de la sortie de l’UE »

Le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, ancien ministre du gouvernement Fillon, n’a pas évoqué les conséquences que pourrait avoir l’accession de Marine Le Pen à la présidence de la République sur les négociations relatives à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. François Hollande a lui, samedi dernier, mis en garde contre la volonté affichée de Marine Le Pen de retarder la sortie de la France de la zone euro : « (Sa) volonté c’est la sortie de la France de la zone euro et de l’UE (…) (Elle) camoufle le danger de la sortie de la France de l’UE car (elle) sait bien que les Français ne veulent pas que leur pays sortent de l’Union et se privent de la monnaie unique. » « Comme (elle) ne veut pas faire peur (elle) préfère renvoyer à plus tard cette sortie », finit-il par conclure. Si la candidate de l’extrême-droite venait à être élue, l’unité serait donc à l’évidence fragilisée. « Le choix qui va être fait est un choix pour la France mais c’est aussi un choix européen qui va être exprimé », termine François Hollande.

Hollande : « Comme Marine Le Pen ne veut pas faire peur, elle préfère renvoyer à plus tard cette sortie »,
01:38

Partager cet article

Dans la même thématique

Brexit : le règlement financier « n’est pas une punition » selon Barnier
3min

Politique

Alain Duhamel : « Les Français sont dans un état de défiance que je trouve totalement disproportionné »

Il a connu Pompidou, interviewé Valéry Giscard d’Estaing, mis sur le grill François Mitterrand et, pour ainsi dire, vu naître politiquement tous les autres présidents de la Cinquième République. Voilà cinquante ans qu’Alain Duhamel ausculte la politique française avec une tempérance devenue sa marque de fabrique. La retraite ? Impensable pour l’éditorialiste qui publie Les Politiques, portraits et croquis (éditions de l’Observatoire) dans lequel sont scrutées 63 personnalités politiques avec beaucoup de franchise. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde un regard, il revient sur les souvenirs marquants de sa carrière et analyse le climat politique des dernières années.

Le

6min

Politique

Royaume-Uni : Keir Starmer face à « la défiance » de son propre camp, après de nouvelles révélations entre Jeffrey Epstein et l’ancien ambassadeur britannique à Washington

Le Premier ministre essuie les conséquences de sa décision de nommer Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur à Washington en 2024, alors que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient déjà connus. Après la publication de nouveaux fichiers sur le financier américain, la pression s’accentue contre Keir Starmer, déjà fragilisé depuis le début de son mandat.

Le

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?
8min

Politique

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?

Le ministère de l’Intérieur a déclenché les foudres des Insoumis en classant ce mouvement pour la première fois à l’extrême gauche, dans une circulaire adressée aux préfets en vue de la catégorisation des candidats et des listes. Ce n’est pas la première fois que la place Beauvau est critiquée pour ses choix.

Le