Bruno Le Roux « devrait » démissionner, selon la sénatrice PS Michelle Meunier

Bruno Le Roux « devrait » démissionner, selon la sénatrice PS Michelle Meunier

L’émission Quotidien révèle que le Bruno Le Roux a signé 24 CDD pour ses filles en tant que collaboratrices parlementaires. Des révélations qui mettent à mal le ministre de l’Intérieur.
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Les emplois familiaux et les parlementaires, saison 2. Presque deux mois après le début de l’affaire Fillon, les révélations de l’émission de Yann Barthes, Quotidien, jettent à nouveau le trouble sur les pratiques des parlementaires.

Selon l’émission, Bruno Le Roux a employé ses filles comme collaboratrices parlementaires à l’Assemblée nationale en cumulant respectivement 14 et 10 CDD entre 2009 et 2016, notamment durant l’été, pour un total de 55.000 euros de salaires. Embaucher son conjoint ou son enfant est légal. En 2016, 59 sénateurs travaillaient ainsi avec un membre de leur famille, selon les chiffres que publicsenat.fr a obtenus.

Mais dans le cas de Bruno Le Roux, les premiers contrats ont commencé lorsque ses filles avaient 15-16 ans. Et l’un a été signé pendant la période universitaire pour l’une et en même temps qu’un stage en Belgique pour l’autre… Dans le reportage, le ministre reconnaît leur embauche : « Bien entendu, j'ai mes filles qui ont travaillé avec moi sur des étés, notamment, ou des périodes de vacances scolaires ». Il rejette tout « amalgame » avec l'affaire Fillon, puisqu'il s'agit selon lui « d'un boulot d'été auprès d'un parlementaire ».

Dans un communiqué, le parquet financier a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire. Les investigations ont été confiées à l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff), a précisé le PNF. Lors des révélations concernant François Fillon, le parquet avait fait preuve de la même célérité.

Cazeneuve : « Lorsqu'on est attaché à l'autorité de l'Etat, on est impeccable face aux institutions »

En audition au Sénat ce matin, le locataire de la place Bauveau a finalement préféré ne pas réagir, alors qu’une déclaration avait été annoncée. Bernard Cazeneuve, qui doit voir son ministre dans la journée, a réagi vers midi. « Lorsqu'on est attaché à l'autorité de l'Etat, on est impeccable face aux institutions et aux règles qui les régissent » a déclaré le premier ministre lors d’une inauguration qui devait se faire avec Bruno Le Roux, « sans quoi l'autorité de l'Etat est abaissée et l'autorité de l'Etat ça commence par cette exigence et par cette rigueur ».

Au groupe PS du Sénat, ce matin, certains ne cachent pas leur étonnement. La sénatrice PS de Loire-Atlantique Michelle Meunier, responsable des questions de petite enfance pour la campagne de Benoît Hamon, n’y voit « rien de bon pour la politique, rien de bon pour le PS et Bruno Le Roux en particulier ». Sera-t-il amené à démissionner ? « Je pense qu’il peut le faire, oui. Il devrait le faire » ajoute Michelle Meunier (voir la première vidéo, images de Fabien Recker).

« Ce n’est pas justifiable »

Thierry Carcenac, sénateur et président du conseil départemental du Tarn, estime que « lorsqu’on est mineur cela pose un vrai problème de démocratie. Si vous avez des enfants qui font des études de droit, vous pouvez comprendre que vous puissiez éventuellement les faire travailler. Mais là, franchement, c’est vraiment étonnant ». Pour le sénateur PS, « ce n’est pas justifiable ».

Bruno Le Roux devra « en son âme et conscience » décider « avec le premier ministre » s’il reste à son poste ou pas. Thierry Carcenac ajoute : « Je pense que c’est tout le monde politique qui est touché par ce genre de chose et ça pose un vrai problème ». Regardez :

Affaire Le Roux : « Ce n’est pas justifiable » selon le sénateur PS Thierry Carcenac
00:52

Selon le cabinet de Bruno Le Roux, tout est pourtant au clair. « Chaque contrat faisait l'objet de missions qui ont été honorées », a-t-il assuré à Quotidien. Ces missions ont été « effectuées en horaires renforcés avant et après le stage, et en travail à distance durant le stage (travail de rédaction, mise à jour de fichiers, recherches, etc.) et durant plusieurs jours supplémentaires à l'automne ». Reste que politiquement, la situation est difficile pour le ministre de l’Intérieur.

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