Bruno Retailleau : « Depuis 30 ans, la droite n’a pas suffisamment assumé les valeurs de droite »
Invité mardi de notre matinale, Bruno Retailleau, chef de file des élus LR au Sénat, a en partie imputé la percée de l’extrême droite au recul de la droite de gouvernement sur certaines thématiques, notamment l’immigration et l’identité. « Depuis 30 ans, la droite n’a pas suffisamment assumé les valeurs de droite », déplore-t-il.

Bruno Retailleau : « Depuis 30 ans, la droite n’a pas suffisamment assumé les valeurs de droite »

Invité mardi de notre matinale, Bruno Retailleau, chef de file des élus LR au Sénat, a en partie imputé la percée de l’extrême droite au recul de la droite de gouvernement sur certaines thématiques, notamment l’immigration et l’identité. « Depuis 30 ans, la droite n’a pas suffisamment assumé les valeurs de droite », déplore-t-il.
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À moins d’une semaine du premier tour de l’élection présidentielle, Éric Zemmour essaye de récupérer les électeurs LR qui n’auraient pas encore franchi le Rubicon. « Vous et moi, nous n’ignorons pas que Valérie Pécresse n’incarne pas nos valeurs », écrit-il dans une « Lettre aux électeurs des Républicains » publiée par le journal L’Opinion lundi. « On a des différences fondamentales avec Monsieur Zemmour », a voulu déminer Bruno Retailleau, le président du groupe LR au Sénat, invité mardi de « Bonjour chez vous », la matinale de Public Sénat. « Il est très vite tombé dans la démagogie », tacle l’élu, estimant notamment que sa promesse d‘une immigration zéro « ne se fait qu’en Corée du Nord ». « Et puis la police des prénoms, moi je n’ai pas du tout envie, demain, que l’Etat m’impose, si j’ai des enfants, d’avoir tel ou tel prénom », poursuit Bruno Retailleau, qui évoque également chez le polémiste une « confusion entre l’islam et l’islamisme ». « Chez Éric Zemmour, il y a un côté esprit de système qui méconnait les situations humaines », ajoute-t-il.

Une ligne « sans concession et sans excès »

Ce soutien de Valérie Pécresse reconnaît toutefois que la droite a perdu du terrain ces dernières années, face au Rassemblement national de Marine Le Pen d’une part, et plus récemment face à la percée du fondateur de Reconquête ! « Depuis 30 ans, la droite a vécu sous une forme d’hégémonie intellectuelle, médiatique et politique de la gauche. Sur les plateaux, il ne fallait pas parler d’immigration, de valeurs, de fierté ou d’identité », déplore cet ancien filloniste, réagissant du même coup à une tribune de Philippe Bas, publiée lundi par Le Monde. Dans ce texte, le sénateur LR de La Manche estime que la droite de gouvernement, comme la gauche, ont « abandonné le terrain » au populisme, et met en garde contre une volonté de « synthèse » avec les extrêmes.

« Depuis 30 ans, la droite n’a pas suffisamment assumé les valeurs de droite », poursuit Bruno Retailleau, qui observe toutefois qu’une clarification s’est opérée au fil de la présidentielle. « Durant la primaire, nos candidats ont convergé vers une ligne qui n’était plus l’ancienne ligne, mais qui était une ligne d’une droite vraiment assumée, sans concession et sans excès aussi », salue-t-il.

LR absent du second tour ?

Une ligne, toutefois, qui peine à s’imposer dans les sondages. Désormais donnée à la quatrième ou cinquième place, Valérie Pécresse n’a que peu de chances d’atteindre le second tour de l’élection présidentielle. « C’est difficile », admet Bruno Retailleau. « Mais j’espère encore qu’elle peut se qualifier, rien n’est impossible. Tout peut bouger jusqu’au bout », veut encore croire le Vendéen, qui estime que la campagne n’a démarré que « très tardivement », et que tout peut encore « se décider dans les jours qui viennent. » « Sa campagne a été la plus attaquée, je trouve qu’elle a eu un régime de défaveur, y compris sur le plan médiatique », relève encore notre invité. Mais, ajoute-t-il, « les Français aiment bien les gens qui ont souffert, ça les rend plus sympathiques. »

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