Bruno Retailleau élu président des LR : « Contrairement à ce qu’il dit, il a accepté l’idée du dépassement », estime Valérie Hayer

Bruno Retailleau a été élu dimanche 18 mai président des Républicains, après avoir battu largement Laurent Wauquiez. Le ministre de l’Intérieur a lui-même évoqué sa volonté de construire « un projet pour la présidentielle de 2027 ». Invitée de Public Sénat ce lundi, l’eurodéputée (Renew) Valérie Hayer « ne voit pas d’incompatibilité » à ce que Bruno Retailleau reste en poste au gouvernement.
Théodore Azouze

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Vers une reconfiguration des alliances au centre et à droite ? Dimanche 18 mai, Bruno Retailleau a été élu président des Républicains à l’issue du scrutin interne du parti de droite. Le ministre de l’Intérieur a battu largement Laurent Wauquiez, récoltant 74,3 % des voix contre 25,7 % pour son rival. Selon lui, les LR sont désormais « à même de porter » un « projet pour la présidentielle » de 2027. Des velléités électorales qui interviennent au moment où les potentiels concurrents se bousculent au sein du « socle commun » pour la prochaine course à l’Élysée.

Outre Édouard Philippe, déjà officiellement candidat, Gabriel Attal, Gérald Darmanin ou encore Xavier Bertrand sont susceptibles de se lancer dans la bataille. « L’enjeu, c’est qu’on ait un candidat unique dans le bloc centriste », expose l’eurodéputée Renew Valérie Hayer, invitée de la matinale de Public Sénat ce lundi. Pour elle, le nouveau chef de file de la droite n’est « pour le moment » pas destiné à être partie prenante dans ces discussions.

Valérie Hayer défend l’idée d’un candidat « du bloc centriste » en 2027

Sans vouloir « fermer la porte à aucune option », Valérie Hayer se montre donc prudente sur la perspective d’intégrer Bruno Retailleau et les Républicains au sein d’une future alliance électorale. « Dans l’intérêt du pays, il faut qu’on puisse avoir un socle large, avec les centristes – le centre-gauche et le centre-droit », défend-elle, promouvant « la capacité d’action des responsables politiques à parler et à négocier ensemble ». Une unité à articuler d’après elle dans un premier temps autour de la base « de l’ancienne majorité présidentielle », c’est-à-dire Renaissance, le MoDem et Horizons.

Le nouveau statut acquis par Bruno Retailleau pourrait-il remettre en question sa présence au gouvernement ? L’élue macroniste n’y « voit pas d’incompatibilité ». « Contrairement à ce qu’il a dit, ce qu’il a écrit, il a accepté l’idée du dépassement » en rejoignant l’équipe de François Bayrou, assure Valérie Hayer. Mis en cause durant la campagne par Laurent Wauquiez pour sa présence au sein du gouvernement, le ministre de l’Intérieur a affiché ces dernières semaines sa distance avec le président de la République. « Je ne suis toujours pas macroniste », avait-il lancé, la semaine dernière, lors d’une interview sur CNews.

Une chose est sûre : Bruno Retailleau a de nouveau fait état d’une certaine volonté d’autonomie après sa victoire. « Je pense que ce qui structure la vie politique, ce sont les convictions. Je n’ai jamais cru aux accords d’appareils », a-t-il réaffirmé dimanche soir sur TF1. Proactif au sein du gouvernement, ses prises de position parfois très conservatrices irritent parfois même au sein du camp présidentiel. Face à ces critiques, Valérie Hayer appelle ainsi le ministre de l’Intérieur à « être très clair sur les valeurs, l’engagement pro-européen et le respect, y compris dans les discours, de l’État de droit ».

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