« Bruno Retailleau est le nouveau robot qui parle comme le RN mais se couche au dernier moment », tacle Julien Odoul (RN)

Invité dans la matinale de Public Sénat, Julien Odoul a dénoncé les « renoncements » du ministre de l’Intérieur, rebaptisé « ministre de la parole » par le RN. Assez pour voter la censure ? Réponse cet après-midi.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Le RN cible-t-il Bruno Retailleau ? Accusé d’être « le ministre de la parole » par Jordan Bardella en meeting à Montélimar en Ardèche ce week-end, le RN ne se sent pas menacé par le ministre de l’Intérieur, assure Julien Odoul. « On cible tous ceux qui parlent comme nous, mais trahissent le peuple français. Il est le nouveau robot qui parle comme le RN, mais se couche au dernier moment » explique le député RN.

La circulaire Retailleau qui remplace la circulaire Valls et durcit les conditions de régularisation des sans-papiers (voir notre article) ? « Une escroquerie », répond Julien Odoul qui prend ensuite comme exemple de « reniements » du ministre de l’Intérieur son rétropédalage sur son soutien au collectif Némésis, un collectif de féministes identitaires : « Dans un premier temps il soutient le collectif Némésis, qui organise de très bonnes actions et sont des filles très courageuses, et 24 heures après il dit qu’il ne savait pas qui c’était. » D’après le député RN, Bruno Retailleau « est gangrené par le politiquement correct comme Nicolas Sarkozy et Gérald Darmanin » et est finalement « l’homme de droite dure qui est le tenant de la gauche molle. »

Motion de censure : le RN arrêtera une position ce lundi après-midi

De même sur l’Aide médicale d’Etat (AME), où « M. Retailleau a fait beaucoup de mousse », tacle Julien Odoul, mais où la situation « ne va pas bouger d’un centime, avec un gel de crédits de 2024. » Le député RN y voit « un symbole extrêmement grave de la collusion PS-LR qui a amené à cette trahison. »

Faut-il voir dans ces critiques sans retenue le signe que le RN votera la motion de censure qui suivra l’utilisation du 49-3 par François Bayrou ? « C’est une très bonne question à laquelle je ne peux pas répondre pour le moment », lâche Julien Odoul. Le groupe RN tient une réunion ce lundi après-midi sous l’égide de Marine Le Pen et Jordan Bardella afin d’arrêter une position. D’un côté, le RN tacle un « très mauvais budget », qui fait porter les efforts « sur les entreprises, les consommateurs, les propriétaires et pas « sur les élus, sur l’Etat ou sur l’immigration de guichet social. » De l’autre, Julien Odoul reconnaît une « discussion extrêmement sérieuse » : « c’est le budget de la France et la stabilité de notre pays, nous ne souhaitons pas le chaos, nous ne sommes pas LFI. » Réponse cet après-midi.

Partager cet article

Dans la même thématique

« Bruno Retailleau est le nouveau robot qui parle comme le RN mais se couche au dernier moment », tacle Julien Odoul (RN)
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le

« Bruno Retailleau est le nouveau robot qui parle comme le RN mais se couche au dernier moment », tacle Julien Odoul (RN)
3min

Politique

« Méthode détestable », « colère » : l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France tend les élus

Alors que le gouvernement a prévu de ponctionner 1,8 milliard d’euros du budget des départements dans le projet de loi de finances pour 2027, l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France a fortement déplu. Le Premier ministre a néanmoins invité les départements à le rencontrer le 16 novembre à Matignon, un report qui va « exacerber les tensions », a prévenu le président (centriste) des Départements de France, François Sauvadet. Une grande partie des élus ont quitté la salle quand la ministre des Collectivités s’est exprimée.

Le