Bruno Retailleau renonce à être candidat à la tête de LR et reste président de groupe
Bruno Retailleau ne sera pas candidat à la succession de Laurent Wauquiez. Il veut éviter une « guerre des chefs » avec Christian Jacob, patron des députés LR. Il reste à la tête des sénateurs LR et veut prendre sa part à la reconstruction, qu’il imagine aussi en dehors des LR. Il compte prendre « des initiatives ».

Bruno Retailleau renonce à être candidat à la tête de LR et reste président de groupe

Bruno Retailleau ne sera pas candidat à la succession de Laurent Wauquiez. Il veut éviter une « guerre des chefs » avec Christian Jacob, patron des députés LR. Il reste à la tête des sénateurs LR et veut prendre sa part à la reconstruction, qu’il imagine aussi en dehors des LR. Il compte prendre « des initiatives ».
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Il n’ira pas. Bruno Retailleau annonce dans un entretien au Point qu’il ne sera « pas candidat à la présidence de LR ». Son nom circulait depuis quelques jours. Le président du groupe LR du Sénat ne veut pas se présenter face à son homologue de l’Assemblée, Christian Jacob, et « rallumer la guerre des chefs ».

Opposition des sarkozystes

Dès hier, son entourage, interrogé par publicsenat.fr, avait laissé entrouverte cette possibilité. « Il a dit que si les conditions sont réunies, il pourrait éventuellement être candidat. Mais les conditions, pour l’instant, ne le sont pas » expliquait-on. En cause notamment : « Une espèce d’OPA sarkozyste ». « On voit très bien qu’il y a une petite équipe qui veut faire de l’élection de Jacob une élection par défaut avec l’objectif de garder le parti au chaud » explique un soutien. Christian Jacob, qui n’est pas encore officiellement candidat, devrait bénéficier du soutien de Nicolas Sarkozy, Laurent Wauquiez ou François Baroin. Bruno Retailleau peut aussi pâtir de son passé de proche de François Fillon, alors que la défaite de 2017 a marqué les esprits à droite.

« Christian Jacob a des qualités humaines reconnues » salue Bruno Retailleau, « la franchise, la loyauté, le sens de l’engagement. Mais il doit être candidat pour lui-même, non par procuration. Il ne faudrait pas qu’il se laisse emprisonner par ceux qui veulent que rien ne change ». Car pour le sénateur de Vendée, « tout doit changer, du sol au plafond, sinon LR disparaîtra ! ». « Malheureusement, je ne suis pas sûr que les esprits soient mûrs à LR pour que tout change », constate le sénateur de Vendée.

Maintenir l’unité du groupe

Il lui est aussi difficile de quitter la présidence du groupe LR de la Haute assemblée. « Mon devoir est de rester à mon poste. De porter la voix d’une opposition intelligente, qui ne soit pas dans l’obstruction permanente » dit-il, alors que la réforme des retraites ou de l’assurance chômage ont motivé aussi l’abstention du groupe, lors du discours de politique générale du premier ministre. « En tant que président du groupe LR au Sénat, j’ai une responsabilité particulière : le Sénat est aujourd’hui le seul contre-pouvoir démocratique face à Emmanuel Macron » justifie-t-il encore. Rester à son poste, c’est aussi une manière de maintenir l’unité du groupe, au moment où certains sénateurs auraient pu être tentés de suivre Valérie Pécresse après son départ de LR.

Gérard Larcher, le président LR du Sénat, ne semblait pas non plus vraiment vouloir voir partir Bruno Retailleau. « Ce que je souhaite, c’est qu’il soit ce qu’il est : un excellent président de groupe » dit le sénateur des Yvelines dans un entretien au Parisien.

« Je compte bien prendre toute ma part à sa reconstruction. Je ne suis pas sûr qu’elle passera uniquement par LR »

S’il ne prendra pas le parti, Bruno Retailleau en tire cette conclusion : c’est en dehors que les choses se feront. Le sénateur nourrit des ambitions présidentielles et compte bien continuer à placer ses pions. « Le mouvement civique du futur devra donner du sens, privilégier le débat d’idées ; être très largement numérique ; totalement décentralisé également : son cœur sera dans les territoires, et certainement pas à Paris, pour être à l’écoute de ses militants. Il devra tourner le dos au caporalisme, se questionner et se re-questionner sur tous les sujets en permanence » imagine-t-il.

Celui qui a sa propre boutique électorale, avec Force républicaine, qu’il a héritée de François Fillon, n’est même « pas sûr » que l’alternance viendra de LR… Il ajoute : « Je compte bien prendre toute ma part à sa reconstruction. Je ne suis pas sûr qu’elle passera uniquement par LR et c’est pourquoi je prendrai des initiatives prochainement pour œuvrer à cette refondation que j’appelle de mes vœux depuis des mois ». Une initiative de plus donc, alors que Gérard Larcher a lui-même lancé la sienne, qui vise à rassembler la droite et le centre à partir des territoires dans l’optique des municipales. Le président du Sénat va multiplier les déplacements, le premier se fera ce vendredi aux côtés de Xavier Bertrand. Reste à voir si ces initiatives seront complémentaires ou concurrentes.

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