Budget 2018 : ce que la droite du Sénat veut modifier
Dans l’examen du budget 2018, la majorité de droite du Sénat compte reporter la réforme de la taxe d’habitation, supprimer l’impôt sur la fortune immobilière, et relever le plafond du quotient familial.

Budget 2018 : ce que la droite du Sénat veut modifier

Dans l’examen du budget 2018, la majorité de droite du Sénat compte reporter la réforme de la taxe d’habitation, supprimer l’impôt sur la fortune immobilière, et relever le plafond du quotient familial.
Public Sénat

Par Alexandre Poussart et Clément Perrouault

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« Avec la réforme de la taxe d’habitation prévue par le gouvernement, vous aurez 7732 communes en France où moins de 5 habitants paient cet impôt local. Cela est injuste et pose un problème constitutionnel d’égalité devant l’impôt », explique Albéric de Montgolfier, rapporteur général de la Commission des finances du Sénat.

Le projet de loi de finances 2018 débattu en ce moment à l'Assemblée nationale, est examiné en commission au Sénat et sera débattu à partir du jeudi 23 novembre. La majorité de droite du Sénat ne le rejettera pas en bloc comme l’an dernier, mais compte y apporter de profondes modifications. Les sénateurs veulent notamment supprimer l’impôt sur la fortune immobilière, c’est-à-dire l’intégralité de l’ISF, relever le plafond du quotient familial et reporter la réforme de la taxe d’habitation.

Reporter la réforme de la taxe d’habitation

Pour le président du groupe Les Républicains du Sénat Bruno Retailleau, la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des foyers « va appauvrir les communes pauvres », comptant peu d’habitants payant cette taxe,  et « enrichir les communes riches ». La droite sénatoriale propose de reporter cette mesure et se donne un an pour réfléchir à une réforme de la fiscalité locale.

Supprimer l’impôt sur la fortune immobilière

La droite du Sénat veut supprimer l'impôt sur la fortune immobilière
00:44

La majorité du Sénat propose aussi de supprimer l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), créé par le gouvernement après la suppression partielle de l’ISF, et visant à recentrer les capitaux vers l’économie productive. « Cet IFI va créer une situation où quand vous placez 2 millions d’euros à la banque où sous forme de diamants, vous serez exonérés d’impôt, mais si avec cette somme vous achetez une usine pour employer du personnel, vous serez soumis à l’impôt sur la fortune », explique Albéric de Montgolfier. C’est pourquoi la droite du Sénat souhaite mettre fin à l’intégralité à l’impôt sur la fortune.

Concernant la mesure de baisse des APL et de baisse des loyers des bailleurs sociaux, la commission des Finances travaille à des mesures de compensation pour les bailleurs sociaux.

Augmenter l’effort de baisse des dépenses publiques

Les sénateurs dénoncent le manque d’ambition du gouvernement en matière de réformes structurelles et de baisse de dépenses publiques. Alors qu’Emmanuel Macron a promis de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires en 5 ans, la majorité sénatoriale déplore la suppression de seulement 1600 postes en 2018.

La droite sénatoriale souhaite augmenter l’effort de baisse de dépenses publiques avec des mesures concernant la fonction publique, un recentrage de l’Aide médicale d’Etat et 3 jours de carence pour les fonctionnaires.

Relever le plafond du quotient familial

« Ce budget est bon pour les investisseurs financiers mais très mauvais pour les familles », a constaté le rapporteur général du Budget. Les sénateurs de droite s’opposent à la fin de l’universalité de la politique familiale, entamée sous François Hollande et à laquelle réfléchit l’actuel gouvernement. La hausse du plafond du quotient familial a donc été adoptée en commission au Sénat, alors qu’il avait été abaissé sous François Hollande. « Des sénateurs socialistes ont même voté cette hausse, regrettant sans doute les excès du passé », a précisé Albéric de Montgolfier.

Partager cet article

Dans la même thématique

Blois: Political figure at summer convention campusPS.
9min

Politique

« Elle est capable de tout, de balancer un scud » : la présence de Ségolène Royal dans la primaire PS va-t-elle rebattre les cartes pour Raphaël Glucksmann ?

Candidate à la primaire PS/Place Publique, Ségolène Royal va-t-elle bousculer le scénario où Raphaël Glucksmann serait désigné ? « Il y a deux lignes politiques différentes dans la primaire : celle de l’union de la gauche », défendue par Ségolène Royal, et celle « d’union avec le centre droit » de Raphaël Glucksmann, pointe le directeur de campagne de la candidate, Luc Carvounas. Un point commun avec Olivier Faure, qui pourrait faire sens en cas de second tour face au candidat Place Publique…

Le

Paris : Rassemblement Loi Intégrale et Lyhanna
5min

Politique

Loi intégrale : les 1,5 milliard d’euros annoncés par le gouvernement sont-ils à la hauteur des besoins revendiqués par les associations ?

Dans une tribune publiée mardi 15 septembre dans Le Monde, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé près de 1,5 milliard d’euros pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles en 2027, auxquels s’ajouteraient 2,6 milliards d’euros pour la protection de l’enfance. Des montants que les associations jugent insuffisants pour financer l’ensemble des mesures prévues par la « loi intégrale ».

Le

Paris: Conference de presse Bruno Retailleau pouvoir d achat
4min

Politique

Budget : Bruno Retailleau demande au gouvernement le retour de la réforme des retraites

Sur franceinfo, le candidat LR à la présidentielle, Bruno Retailleau a développé un peu plus la ligne de responsabilité qu'il entend incarner en indiquant que sa famille politique allait demander le retour de la réforme des retraites dans le prochain budget. Une réforme que le gouvernement avait suspendue l'année dernière, dans le cadre d'un compromis avec les socialistes.

Le

Rachida Dati and Carlos Ghosn Face Corruption Trial in Paris
5min

Politique

Ouverture du procès pour corruption de Rachida Dati : retour sur l’affaire

Rachida Dati a-t-elle touché 900 000 euros pour soutenir les intérêts de Renault au Parlement européen ? L'ex-ministre de la Justice comparaît à partir de ce mercredi 16 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris dans un retentissant procès pour corruption et trafic d'influence, jugée avec l'ex-PDG de Renault-Nissan CV (RNCV), Carlos Ghosn, absent à son procès aujourd’hui, pour avoir perçu de l'argent du constructeur lorsqu'elle était eurodéputée.

Le