Budget 2020 : « Nous sommes presque devant des pieds nickelés budgétaires » dénonce Patrick Kanner
Le budget présenté par le gouvernement n’en finit plus de diviser l’opposition, qui dénonce notamment la non-compensation des mesures « gilets jaunes » et les crises sociales qui s’accumulent.

Budget 2020 : « Nous sommes presque devant des pieds nickelés budgétaires » dénonce Patrick Kanner

Le budget présenté par le gouvernement n’en finit plus de diviser l’opposition, qui dénonce notamment la non-compensation des mesures « gilets jaunes » et les crises sociales qui s’accumulent.
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

« Vous avez un gouvernement qui a distribué beaucoup d'argent aux plus aisés de nos concitoyens et qui aujourd’hui est dans une totale impasse sur le plan budgétaire » assène le président du groupe socialiste au Sénat Patrick Kanner. Alors que le gouvernement présente son PLF (Projet de loi de finances) et le PLFSS (projet de loi de Finances de la sécurité sociale), les mesures ne sont pas à la hauteur des enjeux pour le sénateur.

« On a dépensé de l'argent, 17 milliards pour les gilets, 10 milliards pour la taxe d'habitation. Je n'oublie pas les 20 milliards de baisse des charges sociales en même temps que le CICE : 40 milliards pour les entreprises. Mais avec quelles conséquences ? Le SMIC a augmenté ? Non » analyse Patrick Kanner.

Concernant la sécurité sociale, le déficit se creuse aussi à cause des fameuses mesures gilets jaunes, qui sont financées directement sur ce budget. « On fait payer aux Français au travers de leurs cotisations des mesures qui ont été improvisées dans le budget de l'État. Nous sommes presque devant des pieds nickelés budgétaires » déplore le sénateur.

Patrick Kanner dénonce « une fuite en avant permanente » depuis 2017, et évoque la réforme de l’assurance chômage et l’absence de « coup de pouce » au SMIC. « Est-ce que ça va continuer jusqu'en 2022 ? Dans quel état le pays sera en 2022 ? Monsieur Macron, économiste reconnu, où mène-t-il le pays ? Vers le mur, sans demander d'efforts à ceux qui pourraient en faire » conclut Patrick Kanner.

Le sénateur cite notamment le rapport de Vincent Éblé sur la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF), et constate une politique à deux vitesses. «100 familles françaises ont eu 1,2 million d’euros de pouvoir d'achat en plus. À l’inverse, 1,2 million de Français vont tomber dans la trappe à pauvreté du nouveau système de l’assurance chômage. Cherchez l'erreur. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Le Pen ok
7min

Politique

« Il n’était pas fiable » : le départ du conseiller de Jordan Bardella, François Durvye, de la campagne de Marine Le Pen, rappelle les divergences qui traversent le RN

Le divorce entre François Durvye, conseiller éco de tendance libérale, et Marine Le Pen, en plein débat au Medef, montre que le RN connaît encore des différences de lignes internes sur l’économie. Dans l’entourage de Marine Le Pen, on assure que « Jordan Bardella n’a rien à voir là-dedans. C’est l’ego contrarié d’un haut fonctionnaire. Point ».

Le

Capture d’écran du documentaire « 39-45, les cheminots dans la résistance » de Emmanuel Roblin
3min

Politique

Les « docus de l’été » : Les cheminots français sous le nazisme, de résistants individuels à la paralysie du réseau

Instrument essentiel de la logistique en temps de guerre, les cheminots français ont très tôt mesuré l’utilité du réseau de chemins de fer pour l’ennemi. Dès 1942, et avant toute autre forme de résistance, ils ont agi pour faire dérailler la machine nazie. "39-45, les cheminots dans la résistance", un documentaire de Emmanuel Roblin à voir cet été sur Public Sénat.

Le

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef
7min

Politique

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef

Le premier débat de la présidentielle s’est joué ce 27 août à Paris face aux tribunes de Roland-Garros, entre sept candidats déclarés, sur des thématiques économiques chères à l’organisation patronale. Les dirigeants ou cadres que nous avons rencontrés ressortent mitigés de cet échange. Les deux anciens premiers ministres d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal et Édouard Philippe, ont sans surprise pris l’ascendant face à ce parterre.

Le