Budget 2022 : Olivier Dussopt va saisir le Haut conseil des finances publiques
Invité de la matinale de Public Sénat, Olivier Dussopt est revenu sur les interrogations qui entourent encore le budget 2022, alors que son examen a commencé à l’Assemble nationale. Le gouvernement va revoir ses prévisions de croissance et donc saisir le Haut conseil des finances publiques.

Budget 2022 : Olivier Dussopt va saisir le Haut conseil des finances publiques

Invité de la matinale de Public Sénat, Olivier Dussopt est revenu sur les interrogations qui entourent encore le budget 2022, alors que son examen a commencé à l’Assemble nationale. Le gouvernement va revoir ses prévisions de croissance et donc saisir le Haut conseil des finances publiques.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Alors que le marathon budgétaire a démarré cette semaine à l’Assemblée nationale avec le début de l’examen du projet de loi de finances (PLF), les annonces récentes de l’exécutif laissent planer le doute sur les équilibres précis du budget 2022. Olivier Dussopt est donc revenu sur les dernières modifications que ses services allaient apporter au « PLF », avec notamment la prise en compte du plan « France 2030 » annoncé hier par Emmanuel Macron. Le ministre délégué chargé des Comptes publics a précisé que « 3 à 4 milliards d’euros » de ce plan de 30 milliards d’euros seraient engagés en 2022. Ces dépenses, qui ne figurent pas encore dans le budget, seront « inscrites par amendement du gouvernement avant la fin de la première lecture à l’Assemblée nationale » et seront « pour l’essentiel des subventions au développement de filières et à l’innovation. »

Prévision de croissance de 6 % à 6,25 %

Plus généralement, une certaine incertitude entoure cet examen budgétaire. Entre les mesures annoncées récemment par l’exécutif et les changements dans les prévisions de croissance, même le Haut conseil pour les finances publiques (HCFP) avait jugé qu’il n’avait pas les éléments nécessaires pour se prononcer sur ce budget 2022 [voir notre article sur l’audition de Pierre Moscovici au Sénat]. Olivier Dussopt a confirmé que la croissance de référence dans le budget serait bien réévaluée de 6 à 6,25 %, une différence de quelques dixièmes qui a pourtant des effets importants sur les équilibres budgétaires.

« Cela a des conséquences sur le niveau de déficit et de la dette », a expliqué le ministre chargé des Comptes publics. Pour rectifier le tir, le gouvernement va ainsi « saisir le Haut conseil des finances publiques avant de transmettre les chiffres au Parlement, comme la loi le prévoit. » Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, qui préside par conséquent ce Haut conseil, pourra donc enfin rendre un avis sur un budget qui est déjà en cours d’examen par le Parlement.

« S’opposer c’est plus facile que de proposer »

Face aux cris d’orfraie de la droite qui accuse le gouvernement de faire chauffer la carte bancaire, Olivier Dussopt a tenu à défendre un budget « qui tient les engagements du Président de la République. » Le ministre chargé des Comptes publics voit une certaine contradiction dans le « sérieux budgétaire » joué par les LR face au gouvernement [voir notre article] : « La droite nous explique que nous dépensons trop et défend minute après minute des amendements qui ouvrent des nouvelles dépenses. S’opposer c’est plus facile que de proposer. »

Pourtant, la promesse de campagne du candidat Macron en 2017 de supprimer 50 000 postes de fonctionnaires ne sera pas tenue, comme l’avait déjà annoncé le gouvernement : « Nous serons à la stabilité des effectifs. La suppression de 50 000 équivalents temps plein ne sera pas atteinte. » Pour Olivier Dussopt, « de nombreuses choses se sont passées depuis le début du quinquennat » qui expliquent ce revirement du gouvernement. L’ancien secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique évoque notamment « des mouvements sociaux, le grand débat, le Ségur ou encore la crise sanitaire », qui ont créé des « besoins auxquels il faut répondre. » Finalement, « le nombre d’agents publics n’est pas un tabou, ni dans un sens ni dans l’autre. »

Enfin, du côté dépense, Olivier Dussopt est revenu sur le coût de la gratuité des tests PCR, qui prend fin dans deux jours : 8 milliards d’euros depuis le début de la crise sanitaire et de 5 à 6 milliards pour l’année 2021. Pour le ministre chargé des Comptes publics, « c’était utile », mais avec le développement de la vaccination, « ceux qui utilisent les tests PCR comme passe sanitaire doivent aussi en assumer les conséquences. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Montreuil: Les rencontres de Montreuil pour rassembler la gauche
7min

Politique

Election présidentielle : qui sont les candidats à gauche ?

La course à la présidentielle est bien lancée à gauche. Certains, comme la France Insoumise, ont déjà leur candidat ; d’autres, comme le PS et Place publique, attendent les résultats d’une primaire ; d’autres encore, comme les Ecologistes, se divisent en interne sur la stratégie à adopter. Vous n’avez rien suivi pendant l’été ? Nous résumons ici qui sont les candidats à gauche en cette rentrée.

Le

Chateauneuf-sur-Isere: Jean-Luc Melenchon delivers a speech
6min

Politique

Présidentielle 2027 : le duel Le Pen-Mélenchon devient-il crédible ?

À huit mois de la présidentielle, un sondage Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL place Jean-Luc Mélenchon en position de se qualifier pour le second tour dans trois scénarios sur cinq. Marine Le Pen domine toujours très largement les intentions de vote. Les politologues invitent toutefois à relativiser ces résultats, alors que le « casting » de 2027 est loin d’être arrêté.

Le

Paris : Press conference and signature during the Summit of the Coalition of the Willing
4min

Politique

« Les frappes ukrainiennes font mal parce qu’elles touchent le tissu économique russe » 

Ce lundi, les Etats membres de la "Coalition des volontaires" se réunissent à Kiev dans un contexte d'intensification de la guerre contre la Russie, quatre ans et demi après son déclenchement en 2022. Alors que l'Ukraine cherche à acquérir davantage d'armes pour frapper loin en Russie, le Général Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de la revue Défense nationale, fait un point sur l’état des forces en présence.

Le