PARIS:  Eric Lombard, Ministre de l Economie rencontre Sebastien Chenu Depute du Nord et Vice-Pdt du Rassemblement National et Jean-Philippe Tanguy Depute de la Somme
Eric Lombard, ministre de l Economie, des Finances et de la Souverainete industrielle et numerique, Amelie de Montchalin, ministre chargee des Comptes publics rencontrent Sebastien Chenu Depute du Nord et Vice-Pdt du Rassemblement National, Jean-Philippe Tanguy Depute de la Somme et Corentin Jousserand Conseiller economique du RN en vue de la preparation du Budget 2025. Paris, FRANCE-10/01/2025//04MEIGNEUX_meigneuxA020/Credit:ROMUALD MEIGNEUX/SIPA/2501101603

Budget 2025 : « Les mêmes politiques ont les mêmes conséquences », avertit le RN

À l’issue d’un échange avec les ministres de Bercy vendredi 10 janvier, les représentants du RN estiment que la politique budgétaire du gouvernement de François Bayrou s’inscrit dans la même lignée que celui de Michel Barnier. Le député Jean-Philippe Tanguy a qualifié « d’escroquerie politique » l’éventualité d’un gel de la réforme des retraites, auquel pourrait se plier l’exécutif pour échapper à la censure d’une partie de la gauche.
Romain David

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Reçus ce vendredi 10 janvier à Bercy, dans le cadre des consultations politiques organisées par l’exécutif sur le budget 2025, les représentants du RN ont estimé qu’il n’y avait pas eu de changement d’orientation entre le gouvernement de Michel Barnier, censuré le 4 décembre, et celui de François Bayrou. « La philosophie de François Bayrou et du ministre de l’Economie est la même que celle de Michel Barnier », a déploré le député Sébastien Chenu devant les journalistes à sa sortie du ministère de l’Economie, après un échange d’une heure. « Les mêmes politiques ont les mêmes effets et les mêmes conséquences », a-t-il averti.

« Nous allons être exigeants sur les engagements que nous avons pris devant les Français. Nous sommes venus avec des propositions très concrètes, nous allons voir comment elles seront traitées », a encore expliqué l’élu alors que le Rassemblement national est fermement opposé aux hausses d’impôts sur les ménages modestes et les entreprises.

Sur la réforme des retraites, « il n’y a absolument rien »

Cet automne, Marine Le Pen avait fini par fixer quatre lignes rouges budgétaires à Michel Barnier : l’augmentation de la taxe sur l’électricité, le non-remboursement de certains médicaments, le décalage de l’indexation des retraites sur l’inflation et la baisse des exonérations de cotisations patronales. Certaines concessions du locataire de Matignon aux exigences de la fille de Jean-Marie Le Pen, comme le renoncement à la surtaxation de l’électricité, n’ont pas suffi à empêcher les 124 députés du RN de voter la motion de censure déposée par la gauche.

Un peu plus d’un mois plus tard, la nouvelle équipe gouvernementale, pilotée par François Bayrou, mise sur les dissensions stratégiques au sein du UNFP pour espérer décrocher un accord de non-censure avec les socialistes, mais aussi les écologistes et les communistes, et ainsi échapper au poids du Rassemblement national. Au cœur des tractations : le gel de la réforme des retraites de 2023, devenu un véritable totem pour les oppositions de gauche.

« Un gel de trois mois pour revenir au pire après, c’est une escroquerie politique qu’il faut dénoncer », a lancé le député RN Jean-Philippe Tanguy, membre de la commission des finances de l’Assemblée nationale, en quittant Bercy ce vendredi. « Si la suspension de la réforme était sérieuse, le ministre en aurait parlé prioritairement », a-t-il estimé. « Il n’y a absolument rien. J’appelle à la vigilance sur le fait que les Français seraient floués par cet accord. »

Aux dires des différents interlocuteurs reçus à Matignon et à Bercy ces derniers jours, François Bayrou pourrait clarifier sa position sur le dossier des retraites avant son discours de politique générale, prévu le mardi 14 janvier à l’Assemblée nationale. Jusqu’ici le Palois, ouvert à la réouverture d’un débat sur les modalités d’application de la réforme, qui reporte l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans, s’est toujours dit opposé à toute suspension de son déploiement, notamment au vu de la situation budgétaire du pays.

Partager cet article

Dans la même thématique

Budget 2025 : « Les mêmes politiques ont les mêmes conséquences », avertit le RN
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le