Budget 2026 : « Avoir une taxe sur les très hauts revenus de type Zucman, pourquoi pas », envisage Hervé Marseille

Invité de la matinale de Public Sénat, le président du groupe Union centriste au Sénat, Hervé Marseille évoque les pistes de réduction du déficit public. Le centriste assure même être ouvert à une taxation des hauts revenus sur le modèle de la taxe Zucman.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Moins d’une semaine avant l’annonce des orientations budgétaires de François Bayrou, les différentes propositions s’affrontent pour réduire le déficit public de 40 milliards d’euros en 2026. Dans cette perspective, le premier ministre consulte les différents groupes politiques et notamment le bloc central au sein duquel les propositions de solutions divergent. 

« La principale proposition que nous avons, c’est l’année blanche » 

Reçu à Bercy lundi 7 juillet, le président du groupe Union centriste au Sénat, Hervé Marseille a présenté ses pistes d’économies au ministre de l’Economie et des Finances Éric Lombard, et à la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin. « La principale proposition que nous avons, c’est l’année blanche. On fait participer tout le monde en ne revalorisant pas au niveau de l’inflation », déclare Hervé Marseille. Une proposition qui consiste donc à figer les dépenses de l’Etat, écartant ainsi la revalorisation des pensions de retraite, une hausse de la dotation des collectivités territoriales ou encore du barème de l’impôt sur le revenu.

Alors que les représentants du socle commun au Sénat soutiennent l’idée d’une « année blanche », le secrétaire général de LR Othman Nasrou a rejeté cette piste. « Le problème de cette idée d’année blanche, c’est qu’en réalité elle ne règle rien », déclarait lundi sur Public Sénat ce proche de Bruno Retailleau. Cependant, même si l’idée d’une année blanche était retenue, le gel des dépenses pourrait générer 15 milliards d’euros d’économies, insuffisant pour atteindre l’objectif affiché par le Premier ministre. 

Les centristes ouverts à un renforcement de la fiscalité sur les hauts revenus

Conscient qu’une année blanche ne sera pas suffisante pour atteindre l’objectif de réduction du déficit public, Hervé Marseille souhaite faire preuve d’ouverture face aux différentes propositions. « Si on commence à avoir des injonctions avant même de connaître les propositions du Premier ministre, on ne va pas s’en sortir », estime le président du groupe Union centriste au Sénat. Au point de reprendre certaines idées formulées par la gauche ? « On sait depuis le gouvernement Barnier que si on ne veut pas être dépendant du RN à l’Assemblée nationale, il faut trouver un accord avec les socialistes. Avoir une taxe sur les très hauts revenus de type Zucman, pourquoi pas », envisage Hervé Marseille. Favorable à une contribution des grandes fortunes, le sénateur des Hauts-de-Seine regrette cependant que la taxe Zucman « touche aux moyens de production ». Une ambiguïté qu’il faudra trancher à l’automne. 

Interrogé sur l’opposition d’Emmanuel Macron à cette mesure, Hervé Marseille rappelle que « c’est le Parlement qui vote ».

Partager cet article

Dans la même thématique

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le

Macron Sénat 3 ok
14min

Politique

[Série 3/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : lors du second quinquennat, « le Sénat est un peu le roi du pétrole »

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffements, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après sa réélection historique en 2022, Emmanuel Macron n’a qu’une majorité relative, l’obligeant à composer avec les LR pour obtenir des majorités. Le Sénat y trouvera son intérêt et un pouvoir d’influence. Après la dissolution manquée en 2024, la droite entre au gouvernement et fait partie de la majorité. L’opposant d’hier se retrouve aux côtés des macronistes, tout en gardant ses distances.

Le

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le