Sans surprises, le budget, transmis au Sénat, devrait être directement rejeté par la chambre haute du Parlement. « Nous allons déposer une motion d’irrecevabilité parce que nous pensons qu’il ne répond pas aux principes de la République et donc qu’il est anticonstitutionnel », a assuré Cécile Cukierman, présidente du groupe communiste au Sénat. En plus de la motion communiste, une question préalable posée par le rapporteur général de la commission des finances du Sénat, Jean-François Husson, devrait aboutir au rejet du texte.
Une motion d’irrecevabilité déposée par le groupe communiste
Pour Cécile Cukierman, ce budget « n’incarne pas les principaux droits fondamentaux auxquels les Français ont droit ». Un communiqué du groupe Communiste républicain citoyen écologiste et kanaky dénonce un « texte illégitime sur le plan démocratique ». Le groupe pointe notamment l’adoption par 49-3 et donc sans vote du budget.
Par ailleurs, la présidente du groupe communiste informe que les communistes quitteront l’hémicycle après le vote de leur motion et dénonce la volonté de la droite sénatoriale de rejeter le texte. « Une fois que la discussion aura eu lieu nous ne prendrons pas part à cette motion de rejet qui est une mascarade », explique Cécile Cukierman qui rappelle que « ce budget a été fortement travaillé par la droite sénatoriale au Sénat, il n’a pas été rejeté par la droite à l‘Assemblée nationale ».
« Ce n’est pas un budget de gauche »
Alors que 14 des 17 députés du groupe communiste à l’Assemblée nationale ont voté la censure du gouvernement de Sébastien Lecornu, les communistes déplorent le compromis noué entre les socialistes et l’exécutif. « Ce n’est pas un budget de gauche, il n’y a pas suffisamment de recettes nouvelles », pointe Cécile Cukierman.
Dans son communiqué, le groupe évoque des mesures insuffisantes sur les plus hauts revenus et les entreprises et regrette que le texte final ne reprenne pas certaines des mesures développées dans le rapport des sénateurs Fabien Gay et Olivier Rietmann sur les aides publiques aux entreprises, chiffrées à 211 milliards d’euros. « Quand on appelle celui qui a perdu pour trouver un compromis et gouverner ça ne marche pas », ironise Cécile Cukierman.