Budget 2026 : le Sénat rejette la hausse de la fiscalité sur les biocarburants

Le Sénat s’est opposé à la suppression progressive des avantages fiscaux pour les carburants de première génération. Le gouvernement comptait récupérer près de 300 millions d’euros en 2026 et 700 millions à terme, mais la majorité sénatoriale a rejeté une mesure « funeste » pour le monde agricole.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Au cours de l’examen de plusieurs niches fiscales, le Sénat a maintenu les avantages fiscaux des biocarburants B100 et E85, que le gouvernement voulait supprimer. « Nous revenons sur l’augmentation brutale et funeste proposée par le gouvernement sur les biocarburants, qui a provoqué surprise, émoi et mécontentement. La mesure du gouvernement aurait un impact brutal sur plusieurs filières agricoles », a ainsi défendu le rapporteur général Jean-François Husson (LR), qui a auditionné la FNSEA et les Jeunes agriculteurs sur le sujet. Les filières de la betterave et du colza auraient été particulièrement exposées d’après lui.

300 millions en 2026, 700 millions d’euros à terme

La suppression de cette niche fiscale aurait représenté un « rendement significatif », précise le rapport de Jean-François Husson, de 700 millions d’euros à terme, et d’environ 290 millions d’euros pour 2026. Mais le « coût social et territorial » de la mesure a été jugé trop important par la majorité sénatoriale. Les groupes socialistes et communistes ont eux aussi déposé des amendements de suppression de la mesure proposée par le gouvernement.

« La réduction progressive de cette niche s’accompagnait d’une augmentation du taux d’incorporation des biocarburants. L’impact sur les volumes produits par les agriculteurs aurait donc été limité. Je rappelle qu’en raison de nos importations de bioéthanol, cette niche fiscale bénéficie pour 50 % à des producteurs étrangers, d’où la volonté du Gouvernement de limiter cet avantage dans le temps et progressivement », a en vain défendu le ministre de l’Economie, Roland Lescure.

Lors de l’examen à l’Assemblée nationale, les députés avaient aussi maintenu cet avantage fiscal, qui a donc une chance de figurer dans la copie finale du Parlement si l’examen du budget 2026 va à son terme.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Debate on France’s role in preventing international political crises
9min

Politique

« J’ai assez honte que mon parti se tabasse toute la journée » : la crise interne continue au PS sur la stratégie pour 2027

En quittant la direction du PS, Boris Vallaud espère créer un « sursaut ». Le président du groupe PS de l’Assemblée veut mettre « la nouvelle gauche plurielle », soit toutes les forces de gauche, hors LFI, autour de la même table pour trouver « un contrat de gouvernement », avant l’incarnation. « On ne comprend absolument pas le sens de sa démarche, si ce n’est exister », rétorque un lieutenant d’Olivier Faure, qui entend rester premier secrétaire.

Le

Office Francais de l’Immigration et de l’Integration a Nice
6min

Politique

Présidentielle : l’immigration, nouveau clivage à gauche ?

Alors que les propos de François Ruffin « contre l’immigration de travail » ont fait réagir jusque dans son propre camp, les premiers débats de la campagne présidentielle prennent forme. À gauche, l’immigration pourrait devenir un véritable clivage entre les candidats.

Le

Minister Naïma Moutchou Visits the Tribe of Easo on Lifou Island
7min

Politique

Nouvelle-Calédonie : le gouvernement s’appuie sur un texte du Sénat, examiné dès le 18 mai, pour élargir le corps électoral   

A quelques semaines des élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement compte s’appuyer sur une proposition de loi du sénateur LR, Georges Naturel, pour parvenir à un consensus sur l’élargissement du corps électoral, sujet de tension dans l’Archipel qui avait conduit à des violences insurrectionnelles, il y a deux ans. Le texte devrait être examiné au Sénat le 18 mai. 

Le