Budget 2026 : « Les choses vont être difficiles », reconnaît Sébastien Lecornu, face à des sénateurs LR en colère

Le président du groupe LR au Sénat a fait part de la colère de ses troupes lors des questions au gouvernement, après que le ministre de l’Économie a pointé du doigt la responsabilité du Sénat dans la dégradation du projet de loi de finances. Le Premier ministre a indiqué que ses ministres faciliteraient les compromis, à deux jours de la commission mixte paritaire.
Guillaume Jacquot

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La droite sénatoriale fulmine toujours après les propos tenus lundi par le ministre de l’Économie Roland Lescure, à l’issue de l’adoption du budget 2026 au Sénat en première lecture. Le gouvernement a soumis au vote, en toute fin de parcours, l’article d’équilibre, qui actualise le déficit et tire donc les conséquences des modifications votées à l’Assemblée nationale (transferts financiers de la Sécurité sociale vers le budget de l’État) et au Sénat. « Houston, we have a problem ! », avait conclu le ministre ajoutant que « personne » au Sénat n’avait « la vertu de l’austérité budgétaire ».

L’affichage d’un déficit public en 2026 à 5,3 %, à ce stade des discussions, a depuis créé un vent de mécontentement dans la majorité sénatoriale. Le président des Républicains Mathieu Darnaud, s’est fait ce 17 décembre le porte-parole de la colère de ses troupes, lors des questions d’actualité ce 17 décembre. Le sénateur de l’Ardèche a assumé la suppression de « huit milliards d’impôts supplémentaires ». « Nous considérons que la fabrique du budget ne peut pas se faire en faisant les poches des Français, des entreprises et de nos collectivités. Et si cette copie a été dégradée, c’est simplement parce qu’il a fallu accepter l’amendement du gouvernement qui dégrade le solde à 5,3 % », a-t-il réagi.

En réponse, le Premier ministre a assuré que le gouvernement « respectera toujours » le travail des parlementaires, qui « par définition sont responsables de ce qu’ils ont voté tout simplement ». L’ancien ministre des Armées a ensuite planté le décor, donnant son ressenti à moins de deux jours de la commission mixte paritaire. Cet organe réunira à partir de vendredi matin sept députés et sept sénateurs à huis clos, pour tenter de dégager une version commune du projet de loi de finances. « Je vois bien que on est à quelques encablures de la commission mixte paritaire et que les choses vont être difficiles, sont difficiles, parce que déjà évidemment les positions entre l’Assemblée et le Sénat sont assez éloignées », a reconnu le Premier ministre.

« Il va falloir aussi que les gens se parlent davantage »

La tâche sera ardue, car il est « parfois très difficile » de faire converger les positions entre groupes politiques, selon lui. Pire, « parfois les positions sont difficiles au sein des groupes et parfois elles sont même difficiles au sein des mêmes formations politiques entre les groupes de l’Assemblée nationale et du Sénat », a observé le chef du gouvernement.

Comme au Conseil des ministres ce matin, Sébastien Lecornu a indiqué que son gouvernement accompagnerait les parlementaires « sur ces voies de compromis », que ses ministres se « plieraient en six ». Il demande également aux différents acteurs de se parler « davantage », en amont du rendez-vous crucial de vendredi. « Ça fait plusieurs jours que je demande à toutes les formations politiques qu’une commission mixte paritaire à blanc ait lieu, pour permettre de commencer à faire ce travail, pour permettre aux membres du gouvernement de faire des propositions y compris des propositions d’économie nouvelles s’il le faut », a-t-il promis.

En guise de piqûre de rappel, il a déclaré que son objectif était de « faire en sorte que globalement l’État, les services publics fonctionnent ». « Les élections municipales ont lieu au mois de mars. Le monde économique est inquiet, donc on doit pouvoir y arriver avec un esprit, le seul esprit qui compte, celui de l’intérêt général », a-t-il conclu.

En réplique, le président du groupe LR Mathieu Darnaud a appelé le gouvernement à « faire un choix entre », celui qui oppose « les tenants de la taxe et de la surtaxe », ou les tenants « des économies », comme celui des Républicains.

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