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Budget 2026 : suppression de 2 jours fériés, année blanche, contribution des hauts revenus… Ce qu’il faut retenir des annonces de François Bayrou sur le budget

Budget 2026 : suivez en direct les annonces de François Bayrou
Crédit : JEANNE ACCORSINI / SIPA / 2506261954

Budget 2026 : suppression de 2 jours fériés, année blanche, contribution des hauts revenus… Ce qu’il faut retenir des annonces de François Bayrou sur le budget

C'était un moment attendu. Le Premier ministre a présenté à partir de 16 heures ses grandes orientations budgétaires. Pour tenir la trajectoire de réduction de déficit, le gouvernement prévoit finalement 43,8 milliards d’euros d’effort budgétaire. Pour ce faire, le premier ministre propose notamment une année blanche, la suppression de 2 jours fériés. Retrouvez ici l'ensemble des annonces de François Bayrou.
Rédaction Public Sénat

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Y aura-t-il une année blanche pour freiner la dépense publique ? Quel sort sera réservé à la fiscalité ? Quelles réformes le gouvernement va-t-il engager ? Le jour J est arrivé pour le Premier ministre. Trois mois jour pour jour après sa prise de parole sur l’état des finances publiques, François Bayrou sort du bois ce 15 juillet et va dévoiler les grands choix du gouvernement en vue des textes budgétaires de l’automne. Le chef du gouvernement détaillera les orientations pour parvenir à ramener le déficit public à 4,6 % du PIB l’an prochain, après les 5,4 % prévus cette année. Au total, cet effort représente 40 milliards d’euros, une marche qui doit par ailleurs tenir compte de l’augmentation de 3,5 milliards d’euros du budget des armées, annoncée par Emmanuel Macron dimanche.

L’annonce des grandes dispositions budgétaires à ce stade de l’année est inédite et tient à la situation politique particulièrement fragile dans laquelle le gouvernement va devoir composer. En raison du risque de censure à l’Assemblée nationale, son grand oral est risqué. Durant la première quinzaine de juillet, le ministre de l’Économie Éric Lombard et la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, ont reçu les contributions de tous les groupes parlementaires. La majorité sénatoriale, a d’ailleurs remis ses propositions par l’intermédiaire de Gérard Larcher, directement au Premier ministre.

Suivez l’intervention du Premier ministre en direct à partir de 16 heures.

16h58

François Bayrou propose un « échange d’avantages » aux entreprises : moins de subventions en échange de simplification

Faisant référence au rapport de la commission d’enquête sénatoriale sur les aides publiques aux entreprises, François Bayrou a contesté une “addition un peu rapide” permettant de comptabiliser 211 milliards d’aides publiques aux entreprises sur un an. “Ce sont des sommes très importantes”, a tout de même concédé le Premier ministre, en proposant une “réflexion organisée autour d’un principe d’échange d’avantages : moins de subventions contre plus de liberté, de simplification et de confiance.” De nouvelles mesures de simplification devraient donc être introduites par ordonnance en échange de réduction de certaines subventions. “Tout le monde y gagne”, a conclu François Bayrou avant de préciser que ces “plusieurs milliards d’économies” n’étaient pas comptabilisés dans son plan de réduction des dépenses à ce stade, mais qu’il les croyait “plausibles.”

16h55

François Bayrou propose la suppression de deux jours fériés

Favorable à une hausse du temps de travail annuel pour la nation, le Premier ministre propose la suppression de deux jours fériés « pour tout le pays », citant par exemple le lundi de Pâques, « qui n’a aucune signification religieuse » et le 8 mai, en raison d’un mois « devenu un véritable gruyère ». « Ce sont des propositions, je suis prêt à en accepter ou à en examiner d’autres », a-t-il ajouté.
Le chef du gouvernement veut également proposer aux partenaires sociaux l’ouverture de deux négociations, l’une sur l’assurance chômage, l’autre sur le droit du travail, « pour améliorer les conditions de travail pour tous, faciliter les recrutements ». L’objectif est d’augmenter le taux global d’emploi, en mettant « l’accent sur les jeunes et les seniors ».
Il annonce également le dépôt « avant la fin de l’année » d’un projet de loi créant une « allocation sociale unifiée », permettant de rendre plus lisibles les allocations et de rendre la rémunération par le travail plus intéressante.
Il précise également qu’un chantier « est devant nous », s’agissant des ressources de la Sécurité sociale. « Nous devons refinancer ce modèle de financement, en cherchant d’autres sources de financement que le travail », a-t-il estimé.
16h47

Une « contribution de solidarité » qui devra « faire participer les plus hauts revenus à l’effort national », annonce François Bayrou

Dans le cadre de ce plan de réduction des déficits, François Bayrou a aussi mis l’accent sur un « effort particulier » qui sera demandé à « ceux qui ont la capacité de contribuer davantage. » Tout d’abord, le Premier ministre a déclaré une « chasse aux niches fiscales inutiles et inefficaces » – en commençant par les dispositifs « qui arrivent à extinction. »

Ensuite, un forfait annuel viendra remplacer l’abattement de 10 % sur l’impôt sur le revenu pour frais professionnels dont bénéficient aussi les retraités. Les petites retraites s’en trouveront ainsi avantagées, les retraites moyennes intouchées et les retraites les plus importantes « seront remises dans le droit commun », a détaillé le Premier ministre.

Enfin, François Bayrou a annoncé une « contribution de solidarité » qui devra « faire participer les plus hauts revenus à l’effort national. » Les contours précis de cette contribution ne sont pas encore définis et le Premier ministre a renvoyé ce débat aux commissions des Finances de l’Assemblée et du Sénat.

16h45

François Bayrou annonce « une année blanche » en 2026, avec le gel des « prestations et barèmes »

C’était l’une des pistes qui revenait le plus depuis des semaines. Elle a notamment été proposée par les sénateurs du socle commun. Elle est aujourd’hui confirmée. « Nous devons partager en 2026 une année blanche », annonce François Bayrou. « C’est une année dans laquelle on n’augmentera plus, ni les prestations, ni les barèmes. C’est une année où en 2026 on aura exactement les mêmes montants des retraites pour chaque pensionné que ceux qu’on avait en 2025 », explique-t-il.

« C’est un effort collectif qui concerne toutes les catégories de Français, et cette règle sera de ne pas dépenser plus en 2026 qu’en 2025. Pas moins mais pas plus. C’est un effort très important, temporaire, demandé à tous, mais qui n’aura de sens que s’il est demandé à tous », ajoute le premier ministre.

Ainsi, « l’’ensemble des prestations sociales seront donc maintenues en 2026 au niveau de 2025 et il n’y aura pas d’exception. Les Français concernés seront aidés par la presque disparition de l’inflation, prévue à 1 % ou un moins ».

« Ça veut dire que les retraites ne baisseront pas l’année prochaine et seront maintenues au même montant », explique-t-il, ajoutant que « ça concerna aussi la masse salariale publique. En 2026, il n’y aura pas de mesure de revalorisation générale ou catégorielle ».

Autre point important : « Les barèmes de l’impôt sur le revenu et de la contribution sociale généralisée seront maintenus au niveau de cette année », ce qui revient à une augmentation de l’impôt sur le revenu, pour ceux qui changeront de tranche ou ceux qui y rentreront.

« Au total, l’ensemble de ces dispositions sur l’année blanche contiendra pour 7 milliards d’euros la progression des dépenses », conclut sur cette partie François Bayrou.

« Un projet de loi contre la fraude fiscale et sociale » déposé à l’automne

Par ailleurs, François Bayrou entend « être intransigeant avec ceux qui chercher à frauder ». Pour cela, sera déposé « à l’automne un projet de loi contre la fraude fiscale et sociale», avec une mission « confiée à trois parlementaires pour suivre la mise en œuvre de ce plan ».

« Nous accentuerons la lutte contre la fraude en améliorant la détection de la fraude et surtout le recouvrement des fraudes et amendes ». Soulignant les « travaux menés au Sénat » sur la fraude fiscale, il pointe aussi « la fraude aux aides publiques, comme MaPrimeRenov, au compte personnel de formation » ou aux personnes de santé.

16h38

« 5 milliards d’euros d’économies seront faits sur la santé », précise François Bayrou

Le Premier ministre a annoncé un objectif de 5 milliards d’euros d’économies sur la santé, ce qui passera par des mesures de « responsabilisation » des usagers, selon lui, « sans dégrader la qualité des soins ». C’est notamment sur le cas de la consommation de médicaments. Parmi les pistes annoncées, est notamment évoqué un doublement de la franchise médicale (somme d’argent restant à la charge de l’assuré social après remboursement de l’Assurance maladie), en ramenant son plafond de 50 à 100 euros par an.
Dénonçant la répétition d’actes médicaux redondants, François Bayrou estime que « la santé ne peut pas être seulement un marché sur lequel les consommateurs soient sans frein et sans limite. » Le chef du gouvernement annonce également qu’il faut « mettre fin à une dérive », concernant la hausse du nombre d’arrêts maladies.
16h34

« Les financements apportés par l’État aux collectivités seront régulés »

« À cet effort de maîtrise des dépenses publiques, les collectivités devront aussi prendre leur part », a prévu le Premier ministre. Il fixe une « règle » : « que leurs dépenses ne dépassent pas dans les années qui viennent la progression des ressources de la nation ». Dans le même temps, « les financements apportés par l’État aux collectivités seront régulés ». En d’autres termes, elles auront le même « budget que cette année, augmenté de l’inflation », a développé la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin, juste après le Premier ministre.
Le gouvernement annonce également en parallèle « soutien exceptionnel de 300 millions d’euros » pour les départements les plus en difficulté.
16h32

Suppression de 3000 postes de fonctionnaires pour 2026 et non-remplacement d’un départ à la retraite sur trois dans la fonction publique

L’Etat devra “montrer l’exemple”, a prévenu François Bayrou. “Aucun département ministériel ne sera exempté”, a précisé le Premier ministre en annonçant une réduction de 3000 postes dans la fonction publique dès 2026. “Cet effort sera inscrit dans la durée”, a-t-il ajouté en fixant une règle de non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois partant à la retraite pour “les années qui viennent.”

16h28

Un effort de 43,8 milliards d’euros pour 2026

Le Premier ministre a présenté son plan « stop à la dette » en définissant une trajectoire pluriannuelle sur quatre exercices budgétaires qui prévoit de porter le déficit de 5,4 % en 2025 à 2,8 % en 2029. Pour 2026, « la marche est haute », a prévenu François Bayrou en fixant l’objectif à 4,6 % de déficit. « Tout le monde devra participer à l’effort. Face à l’ampleur de l’enjeu, il est illusoire de penser qu’une catégorie ou une autre puisse porter le fardeau », a-t-il développé en précisant que « le travail et la compétitivité de nos entreprises [devraient] être épargnés » et que « l’effort supportable par tous n’impose pas de baisse des salaires des fonctionnaires ou des pensions de retraites. »

Pour atteindre cet objectif de déficit, le gouvernement avait tablé sur 40 milliards d’économies à réaliser sur l’exercice budgétaire 2026, compte tenu des projections réalisées par Bercy – « je vous épargne le calcul », a lancé le Premier ministre. Mais à cette cible se sont ajoutés les milliards alloués à l’effort de défense, a-t-il détaillé : « Nous vivons au milieu de dangers particuliers. L’effort de notre défense ne peut pas être éludé. Au lieu de 40 milliards prévus, nous avons décidé de porter ce chiffre à 43,8 milliards. »

16h17

François Bayrou annonce « un plan pour dire stop à la dette et un plan pour dire en avant la production »

Face à un pays « accro aux dépenses publiques », « nous avons peu à peu perdu de vu que pour distribuer, il fallait produire », souligne le premier ministre, qui pointe aussi l’effet de « notre solde du commerce extérieur, qui est passé de l’équilibre dans les années 2000 à un déficit massif, tous les ans répétés ».

Pour y répondre, François Bayrou annonce « deux plans d’action, qui forment un ensemble cohérent », avec « un plan pour dire stop à la dette et un plan pour dire en avant la production », lance le locataire de Matignon.

« Un tel mouvement de redressement serait déjà difficile en temps ordinaire, mais les temps que nous vivons aujourd’hui sont menaçants comme ils ne l’ont jamais été », remarque le premier ministre, qui insiste sur les menaces géostratégiques avec le développement de « la violence » et de la guerre. C’est pourquoi cela nécessite un « effort inédit de réarmement ». Comme l’a annoncé Emmanuel Macron dimanche, l’Etat ajoutera « quelques 3,5 milliards d’euros en 2026 » supplémentaires « et 3 milliards d’euros en 2027 », qui s’ajoutent aux augmentations déjà prévues par la loi de programmation militaire 2024-2030.

16h10

« La dernière station avant la falaise »

Comme en avril, François Bayrou commence son exposé par mettre en garde contre les dangers du « surendettement » auquel est confrontée la France. « C’est le moment de vérité », a-t-il répété à plusieurs reprises. Le slogan s’affiche en toutes lettres sous le pupitre du Premier ministre, qui aligne les chiffres de la dette : 3 300 milliards d’euros, soit 114 % de la richesse nationale produite chaque année. « Chaque seconde qui passe, la dette française augmente de 5000 euros », a-t-il illustré.
Et d’ajouter : « Il ne faut jamais oublier l’histoire, l’exemple, de la Grèce. » Sous la pression de ses créanciers internationaux, le pays n’a pas eu d’autre choix que de réduire drastiquement le niveau des pensions de retraite et les salaires des fonctionnaires. « C’est exactement ce que nous ne voulons pas […] Nous avons le devoir de prendre nos responsabilités. C’est la dernière station avant la falaise et l’écrasement par la dette », a-t-il averti, évoquant un « danger mortel » pour le pays. « Il faut agir, vite, et agir fort, avec justesse et justice ».
16h03

François Bayrou : « Le peuple a rendez-vous avec soi-même »

« Cinquante années que nos dépenses publiques dépassent chaque année les recettes et, peu à peu, on s’est habitués, à ce déficit », affirme le premier ministre au début de son allocution, qu’il a intitulé « le moment de vérité ».

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