Budget : Amélie de Montchalin assume le dialogue avec le PS plutôt qu’avec le RN au nom des « valeurs gaullistes »

A 48 heures de la réunion de la commission mixte paritaire sur le projet de loi de finances, le ton est monté d’un cran entre le gouvernement et la droite sénatoriale qui refuse d’endosser la responsabilité d’un niveau de déficit, porté à 5,3 %. Aux questions d’actualité au gouvernement du Sénat, Amélie de Montchalin indique que le gouvernement a choisi « en conscience de travailler avec le Parti socialiste ».
Simon Barbarit

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Si la semaine dernière, la majorité sénatoriale de la droite et du centre n’excluait pas un accord en commission mixte paritaire sur le budget, l’optimisme est descendu d’un cran depuis le chiffrage par le gouvernement d’un niveau de déficit, porté à 5,3 %.

« Votre bilan, c’est d’avoir tout cédé à la gauche »

À l’issue du vote solennel lundi où une trentaine de voix de la majorité sénatoriale a manqué, le ministre de l’Economie, Roland Lescure, a mis de l’huile sur le feu en pointant autant les compromis de l’Assemblée que les votes du Sénat. « Houston, we have a problem ! », a-t-il résumé ce qui a largement braqué la majorité sénatoriale

« Votre bilan, c’est d’avoir tout cédé à la gauche », a renvoyé la balle, Sophie Primas (LR) lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, citant notamment la suspension de la réforme des retraites, comparé « aux 4 milliards d’économies adoptées par le Sénat », a mis en avant l’ancienne porte-parole du gouvernement.

La ministre en charge des Comptes publics, Amélie de Montchalin a d’abord souligné que ce n’était pas le gouvernement qui était à convaincre de l’utilité du Sénat « ni de ses très bonnes idées » puisqu’il n’était pas présent en commission mixte paritaire (CMP). Vendredi, l’objectif de la CMP sera que députés et sénateurs fassent « chacun un pas pour qu’à la fin, il y ait un déficit de 5 % ». « La question qui est devant nous, c’est l’ordre ou le désordre. Le Premier ministre et son gouvernement ont choisi l’ordre, la stabilité », a-t-elle poursuivi en précisant que le désordre était l’absence de budget.

« Je ne crois pas que le gaullisme n’a jamais été complaisant avec l’extrême droite »

Faute de majorité à l’Assemblée, « nous avons eu devant nous deux alternatives : échanger et dialoguer avec le Parti socialiste et les forces de gauche républicaines ou échanger et dialoguer avec le Rassemblement national. Le gouvernement et le premier ministre ont choisi de ne pas travailler avec le Rassemblement national. Nous avons choisi en conscience de travailler avec le Parti socialiste et les forces de gauche républicaines », a rappelé la ministre estimant « être fidèle à des valeurs en partage avec les Républicains. « Je ne crois pas que le gaullisme n’a jamais été complaisant avec l’extrême droite », a-t-elle taclé au moment où l’idée d’une union des droites divise la famille des Républicains.

Sophie Primas, elle-même, avait déclaré, début octobre, que sa famille politique n’avait pas que « des désaccords avec les Rassemblement national » et ouvert la porte à la possibilité de travailler avec le parti de Jordan Bardella avant de rétropédaler le lendemain.

Piquée au vif la sénatrice a « rassuré » la ministre. « Nous avons choisi l’ordre mais nous ne renierons pas l’essentiel. Nous vous demandons que les conclusions de la CMP soient adoptées à l’Assemblée nationale quitte à utiliser le 49. 3 », a-t-elle répondu.

 

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Budget : Amélie de Montchalin assume le dialogue avec le PS plutôt qu’avec le RN au nom des « valeurs gaullistes »
3min

Politique

Crise pétrolière : « Avec le transport maritime à la voile on est à 1g de CO2 par tonne de matériel transporté au km » se réjouit cet entrepreneur

Alors que le détroit d’Ormuz est toujours bloqué, et que les prix des hydrocarbures sont toujours au plus haut, certaines solutions de transports maritimes, hier décriées, montrent tout leur intérêt. Avec un taux d’émission de gaz à effet de serre faible et une ressource inépuisable, le transport maritime à la voile développé par une jeune entreprise bretonne a tous les avantages, comme l’explique ce chef d’entreprise dans l’émission « dialogue citoyen » présentée par Quentin Calmet.

Le

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le