Budget : « Collectivement, le pays s’est mis dans la tête que le RN avait les clefs de l’avenir de ce gouvernement », déplore Laurent Saint-Martin  

Laurent Saint-Martin, était l’invité de la matinale de Public Sénat, alors que le projet de loi de finances arrive au Sénat. A la chambre haute, les débats devraient tourner autour des efforts budgétaires demandés aux collectivités territoriales et la hausse de la fiscalité sur l’électricité.
Henri Clavier

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Avant le début de la discussion générale au Sénat ce lundi 25 novembre, le ministre chargé du budget et des comptes publics, Laurent Saint-Martin reconnaît qu’il ne pourra pas « trouver des compromis partout ». Si la discussion s’annonce plus favorable au Sénat qu’à l’Assemblée nationale où le texte budgétaire avait été profondément remanié avant d’être rejeté. Les sénateurs examineront donc le texte du gouvernement et devraient pousser leurs priorités politiques. En parallèle, et pour permettre au gouvernement de se maintenir, le Premier ministre rencontre les présidents de groupes afin de nouer des compromis. Marine Le Pen était reçue ce matin à partir de 8 h 30 par Michel Barnier. Malgré cela, Laurent Saint-Martin assure que la survie du gouvernement ne dépend pas d’un accord avec le Rassemblement national. « Collectivement, le pays s’est mis dans la tête que le RN avait les clefs de l’avenir de ce gouvernement », déplore le ministre du budget, selon lequel l’adoption d’une motion de censure serait le fait d’une « coalition des oppositions ».  

Fiscalité sur l’électricité et collectivités territoriales, priorités du Sénat  

En attendant, le texte doit être examiné par les sénateurs qui s’opposent aux efforts budgétaires demandés aux collectivités territoriales à hauteur de 5 milliards d’euros. « Il faut encore que l’on discute de quelques détails », affirme Laurent Saint-Martin. Des efforts budgétaires qui doivent notamment passer par la mobilisation de recettes dans un fonds de précaution à hauteur de 3 milliards d’euros auquel contribueraient 450 collectivités territoriales. « Le périmètre des 450 peut être revu » assure d’ailleurs Laurent Saint-Martin. Malgré ses promesses à l’occasion du congrès des maires de France ou aux assises des départements, Michel Barnier n’a pas proposé de chiffrage précis de la réduction de l’effort budgétaire pour les collectivités territoriales. L’effort devrait se situer entre 2 et 5 milliards selon Laurent Saint-Martin.  

Les sénateurs devraient également être vigilants sur la hausse de la fiscalité sur l’électricité. Le gouvernement souhaite revenir sur le bouclier tarifaire garantissant les prix de l’électricité tandis que les sénateurs préfèrent alourdir la fiscalité sur le gaz. « Ce que propose le gouvernement c’est d’enlever le bouclier tarifaire. Nous augmenterons la fiscalité d’autant qu’elle permet la baisse de la facture », défend Laurent Saint-Martin.  

« Ce sera autour de 60 milliards d’efforts budgétaires, si c’est un petit peu moins, ce n’est pas grave »  

Plusieurs compromis seront donc à trouver mais l’équilibre défendu par le gouvernement reste le même. Pour ramener le déficit public à hauteur de 5 % du PIB, le gouvernement souhaite réaliser 40 milliards d’économies et créer 20 milliards de nouvelles recettes. « Ce sera autour de 60 milliards d’efforts budgétaires, si c’est un petit peu moins, ce n’est pas grave. Ce qu’il ne faut pas c’est que nous perdions le cap et la nécessité de nous rapprocher des 5 % de déficit en 2025 », argumente le ministre des comptes publics, soucieux de laisser une marge de manœuvre aux parlementaires. 

 Par ailleurs, les sénateurs devraient être particulièrement attentifs aux équilibres proposés après l’aggravation des prévisions de déficit public dans le cadre du budget de 2024. « Qu’il y ait des erreurs de pilotage des recettes, bien sûr. Est-ce qu’il y a eu pour autant dissimulation, mensonge, pas du tout ! », défend le ministre des comptes publics. 

Partager cet article

Dans la même thématique

Budget : « Collectivement, le pays s’est mis dans la tête que le RN avait les clefs de l’avenir de ce gouvernement », déplore Laurent Saint-Martin  
5min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : Naïma Moutchou propose l’entrée de 1 500 à 1800 personnes dans le corps électoral en tant que conjoints de natifs 

Alors que se tiendra le 28 juin, les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement s’appuie sur une proposition de loi du Sénat pour parvenir à un consensus sur l’élargissement du corps électoral aux natifs de l’Archipel. Mais l’exécutif compte aller plus loin en y intégrant également leurs conjoints. Auditionnée mercredi par la commission des lois du Sénat, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou s’est vu opposer une fin de recevoir par les élus. 

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
8min

Politique

Gérald Darmanin recule sur le plaider-coupable : « Un mauvais service rendu aux victimes », dénonce la rapporteure du texte au Sénat

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin a, largement, revu à la baisse la portée du dispositif de plaider-coupable, la réforme phare et controversée de son projet de loi sur la justice criminelle, adopté au Sénat le mois dernier. Face à la pression des avocats, le ministre propose désormais d’exclure du dispositif tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises. « Certains se servent des victimes contre l’intérêt », dénonce Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et co-rapporteure du texte.

Le

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le