Budget: coup de gueule des sénateurs contre «la désertion» de Bruno Le Maire lors des débats
Les sénateurs dénoncent l’absence totale du ministre de l’Economie pour l’examen du budget 2021. Une absence d’autant plus remarquée lors des débats sur le plan de relance, dont il a la charge. Les sénateurs y voient du « mépris » pour le Sénat et la représentation démocratique.

Budget: coup de gueule des sénateurs contre «la désertion» de Bruno Le Maire lors des débats

Les sénateurs dénoncent l’absence totale du ministre de l’Economie pour l’examen du budget 2021. Une absence d’autant plus remarquée lors des débats sur le plan de relance, dont il a la charge. Les sénateurs y voient du « mépris » pour le Sénat et la représentation démocratique.
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« Il n’est pas là ». Bruno Le Maire est le grand absent des débats sur le projet de lois de finances (PLF) au Sénat. Depuis le début – le ministre de l’Economie a brillé par son absence lors de la discussion générale – mais aussi ce jeudi, pour la discussion des crédits du plan de relance. Gênant pour le ministre de l’Economie, de la Finance et… de la Relance.

« Nous ne sommes pas la voiture balai du Parlement français »

A la reprise de la séance, presque chaque groupe politique s’est succédé, lors de rappels au règlement, pour dénoncer cette situation. Bruno Retailleau, patron des sénateurs LR, exprime sa « stupéfaction ». D’autant que sur le budget de la Sécu, le ministre de la Santé, Olivier Véran, n’avait fait lui, déjà, qu’une « courte apparition ». « Il n’est pas normal que Bruno Le Maire ne participe pas à nos travaux. C’est une très grande désinvolture » dénonce le président du groupe LR, qui y voit « une forme de mépris du Parlement ».

Patrick Kanner, à la tête du groupe PS du Sénat, enchaîne : « Nous ne sommes pas la voiture balai du Parlement français » lance-t-il, se disant « mécontent, en colère, et surtout pour les citoyens que nous représentons ».

« Ce n’est pas sérieux »

« Le Sénat n’est pas une instance consultative mais bien une assemblée parlementaire de plein exercice » complète Jean-Claude Requier, président du groupe RDSE, qui ajoute : 

Monsieur le ministre de l’Economie, faites un petit passage, rendez-nous une petite visite, ça nous ferait plaisir, et ça honorerait le Sénat.

« Quand le ministre est en responsabilité, on ne fait pas la chaise vide. (…) Ce n’est pas sérieux » enchaîne le sénateur PCF Pascal Savoldelli. « On a un ministre de l’Economie et des Finances qui préfère faire beaucoup de presse » ajoute Sophie Taillé-Polian, du groupe écologiste, « on ne peut que regretter très fortement, très solennellement, cette sorte de désertion à l’égard de la Chambre haute ».

« Syndrome de Stockholm »

Les sénateurs précisent bien qu’ils n’en veulent pas à Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des Comptes publics, qui tient le banc des ministres avec dextérité et précision. « On n’a rien contre vous. On vous aime bien » lance même Patrick Kanner à l’ancien socialiste. Hervé Marseille, président du groupe Union centriste, préfère encore en rire : « On a beaucoup de sympathie pour vous, car c’est vous qui venez nous voir. C’est le syndrome de Stockholm ! »

Olivier Dussopt ne peut que « prendre acte » et assure qu’il transmettra le message à Bruno Le Maire et au Premier ministre. Il souligne qu’il a cependant la « compétence sur l’intégralité » du texte. Et l’air de rien, semble dire qu’il comprend les sénateurs : « Je note le regret que le ministre de la Relance ne soit pas présent à l’occasion de l’examen de cette mission ».

Par « transparence », il explique que Bruno Le Maire est « retenu aujourd’hui pour un voyage officiel en Italie pour évoquer la relance sur la scène européenne ». Et de conclure, « dans un clin d’œil au président Marseille, qui a évoqué le syndrome de Stockholm, je ne sais, après quelques jours passés auprès du rapporteur, du président de la commission et de vous, qui est victime. Mais trouvons là quelques motifs de satisfaction ».

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