Budget de la Défense : le Sénat rend un ultime hommage aux soldats français morts au Mali
L’examen des crédits budgétaires accordés à la mission « Défense » du budget 2020 s’est déroulé hier soir dans une atmosphère de concorde. Les sénateurs ont rapidement voté ces crédits et ont profité de ce moment pour rendre un dernier hommage aux 13 soldats français morts au Mali.

Budget de la Défense : le Sénat rend un ultime hommage aux soldats français morts au Mali

L’examen des crédits budgétaires accordés à la mission « Défense » du budget 2020 s’est déroulé hier soir dans une atmosphère de concorde. Les sénateurs ont rapidement voté ces crédits et ont profité de ce moment pour rendre un dernier hommage aux 13 soldats français morts au Mali.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le budget de la Défense est en augmentation d’1,7 milliard d’euros et reste dans les clous de l’objectif fixé par Emmanuel Macron d’atteindre 2% du PIB en 2025 : les 37,5 milliards d’euros représentent 1,86% du PIB pour 2020. Les sénateurs ont ainsi accordé nombre de bons points au gouvernement : l’augmentation générale des moyens a été saluée, notamment en termes d’investissements de matériel militaire et, une fois n’est pas coutume, aucune hausse annoncée par le gouvernement n’a été contestée.

Quelques interrogations sur le SNU et la politique étrangère

Quelques dossiers semblent tout de même encore interroger les sénateurs à moyen terme. En ce qui concerne le Service National Universel (SNU), Dominique de Legge, rapporteur LR du budget de la Défense s’inquiète par exemple que celui-ci « ne bénéficie pas de ligne budgétaire spécifique ». Joël Guerriau (Les Indépendants) ajoute : « Il faudra qu'un bilan soit tiré de cette expérimentation et que le Parlement soit enfin consulté sur ce projet dont le coût annuel dépasse 1,5 milliard d'euros. » Le positionnement international de la France dans un contexte géopolitique tendu a aussi été évoqué : Dominique de Legge comprend par exemple « que l'on puisse s'interroger sur le positionnement de l'OTAN face à une carte stratégique en pleine mutation ». Jean-Noël Guérini, sénateur du groupe RDSE (à majorité radicale) en a lui appelé à la création d’une « force d’intervention européenne » au Mali en déplorant que « la France reste, hélas, le seul pays européen véritablement engagé sur le terrain ».

Un dernier hommage aux soldats français morts au Mali

On l’aura compris, les sénateurs n’ont pas trouvé grand-chose à redire sur cette mission budgétaire et c’est plutôt l’actualité récente qui a alimenté les discussions. L’atmosphère de l’hémicycle était particulièrement marquée par la mort, il y a une semaine, de 13 soldats français au Mali dans le cadre de l’opération Barkhane, pour lesquels un hommage était tenu aux Invalides dans l’après-midi.

Dès l’ouverture des débats, Dominique de Legge exprime la difficulté, mais la nécessité de cet examen du budget de la Défense : « Après l'émouvant hommage de cet après-midi, la discussion budgétaire peut paraître en décalage avec l'émotion vécue. […] Plus que jamais, nous devons leur donner les moyens d'agir et nous examinerons le budget avec lucidité et objectivité. »

Christian Cambon, président (LR) de la commission des Affaires étrangères, est ainsi intervenu hier soir dans la discussion générale sur le budget de la Défense et sa prise de parole a pris une tournure d’ultime hommage du Sénat (voir notre vidéo). En effet, le Sénat avait déjà, par la voix de son président Gérard Larcher, rendu hommage à ces 13 soldats morts au Mali mardi dernier, avec « une pensée toute particulière » pour la famille du sénateur centriste du Haut-Rhin, Jean-Marie Bockel, dont le fils, Pierre, fait partie des victimes.

Le vote du budget de la Défense a donc été l’occasion de faire la transition entre le temps de l’hommage et le temps des réflexions, comme le symbolise l’intervention de Christian Cambon : « La Nation endeuillée perd ses treize héros morts pour la France.  […] C’est pour eux que le Sénat a voté à l’écrasante majorité la Loi de Programmation militaire » dont l’exécution est permise par ce budget. « Nous aurions pu donner un quitus total au gouvernement si l'excédent budgétaire de 2019 n'avait pas assombri un peu le tableau. En effet, 70 millions d'euros ont été annulés dans le collectif pour la mission Défense » a-t-il tout de même ajouté, validant ainsi (presque) totalement la construction du budget de la Défense dans le projet de loi de finances 2020.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le