Budget de la gendarmerie : aucun recrutement net en 2025, confirme le nouveau directeur général

La commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat auditionnait ce mercredi le nouveau directeur général de la gendarmerie nationale, le général Hubert Bonneau. Le nouveau DGGN n’a pas caché que l’objectif de création de 239 nouvelles brigades d’ici 2027 pourrait ne pas être tenu.
Simon Barbarit

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Nommé le 4 novembre dernier à la tête de la gendarmerie nationale, le général Hubert Bonneau était auditionné pour la première fois par la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat. A l’approche de l’examen du budget, les élus s’inquiètent du respect de la trajectoire de la Lopmi (loi de programmation et d’orientation du ministère de l’intérieur). Après une année 2024 marquée par l’organisation des JO, le retour de l’ordre en Nouvelle-Calédonie mais également par des confrontations autour de grands chantiers contestées comme le projet de la A 69 en Haute-Garonne, le nouveau DGGN (directeur général de la gendarmerie nationale) constate « un climat de durcissement des conditions d’emploi ». « Nous sommes confrontés à une société de plus en plus violente […] Les violences entre les personnes ne cessent d’augmenter », a-t-il constaté soulignant à titre d’exemple que dans les 21 départements du grand ouest, « 48 % des gardes à vue concernent les violences intrafamiliales ».

Un budget qui « ne rattrape pas les retards d’investissement »

L’année prochaine, la mission « Sécurités : Gendarmerie nationale » voient ses crédits portés à 6,931 milliards d’euros en crédits de paiement, (hors CAS pensions) contre 4,9 milliards en 2024. « Ce budget opère le début d’une remise à niveau pour financer le fonctionnement courant de la gendarmerie […] sans pour autant rattraper les retards d’investissement », a-t-il commenté. Actuellement, 62 000 gendarmes départementaux sont répartis dans 3 600 brigades.

La loi Lopmi prévoit la création de 239 nouvelles brigades de gendarmerie, dont 144 brigades mobiles, et 95 brigades à l’horizon 2027. En 2024, 80 ont été créées. Pour l’année prochaine, l’ambition est moindre avec 57 nouvelles brigades.

Le sénateur socialiste, Jérôme Darras, corapporteur de la mission a relevé que le budget 2025 « prévoit un schéma d’emploi à zéro ». « C’est-à-dire aucun recrutement net […] L’objectif des 239 brigades sur la période prévue par la Lopmi pourra-t-il être respecté ? », a-t-il demandé.

« Effectivement, pour l’instant, le schéma d’emplois est à zéro. Pour les 57 brigades nous aurions besoin de 464 ETP (équivalent temps plein) », a-t-il confirmé. Il ajoute que Bruno Retailleau le ministre de l’Intérieur et le chef de l’Etat sont déterminés à atteindre cet objectif de 239. « Le maillage territorial, contrôler les territoires dans la profondeur, c’est l’ADN de la gendarmerie ». « Nous comptons sur le ministre pour nous aider dans ce domaine. Quoi qu’il en soit, nous allons faire des propositions qui pourront peut-être dépasser 2027. Ça dépendra de ce que nous aurons la semaine prochaine ».

Renouvellement a minima des matériels

Pour les matériels, le directeur de la gendarmerie note « un renouvellement a minima » avec par exemple 1 850 véhicules légers prévus en 2025. « Pour que le maintien opérationnel du parc automobile se fasse en gendarmerie, il serait nécessaire, par an, d’avoir 3 650 véhicules. Pour l’année 2024, nous en avons eu 185. On est loin du compte ».

Le gros chantier du général Bonneau va également porter sur les conditions d’hébergement des gendarmes. Suite à des impayés de loyers de la part de la gendarmerie nationale dénoncés par certaines communes il y a un mois, mardi devant le Sénat, Bruno Retailleau a indiqué avoir chargé le nouveau DGGN de mener des concertations « pour trouver des solutions innovantes ».

Logement « On parle d’une dette de 2 milliards d’euros »

Selon un rapport du Sénat publié en juillet, sur les 3 728 casernes occupées sur le territoire national, seuls 649 relèvent de la propriété de l’Etat, comme l’indique un rapport de Bruno Belin publié en juillet intitulé :

« On parle d’une dette de 2 milliards d’euros suite à un entretien, on va dire, assez erratique de notre parc immobilier », a reconnu le patron de la gendarmerie qui précise que le « rapport du Sénat est très édifiant et traduit bien la réalité ». Il confirme également que les 300 millions d’euros de loyers impayés, dus à un défaut de trésorerie causé en partie par les opérations en Nouvelle-Calédonie, seront payés en décembre après l’adoption de la loi de fin de gestion.

Le budget de 2025 « permettra de relancer l’investissement dans les grands projets de construction de locaux techniques et de logements et des réhabilitations d’ampleur avec 295 millions en autorisations d’engagement et 175 millions en crédit de paiement », a-t-il détaillé.

Enfin, dernier sujet d’inquiétude pour le patron de la gendarmerie qui concerne la baisse des crédits alloués à la réserve opérationnelle. « Nous avons 36 000 réservistes. L’objectif est 50 000. Nous passons de 90 millions en 2024 à 75 millions pour 2025. Nos réservistes sont absolument essentiels aujourd’hui à la bonne marche de la gendarmerie notamment pour les actions du quotidien », a-t-il insisté.

 

 

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