Budget de la Sécu : « Les présentations qui nous sont faites ne sont pas sincères », dénonce Savary
Le rapporteur de la branche vieillesse, le sénateur LR René-Paul Savary, a dénoncé, au micro de Sénat 360, le passage dans le rouge du budget de la Sécurité au cours de la réécriture du projet de loi de financement. Et de manière plus large, les tours de passe-passe budgétaires.

Budget de la Sécu : « Les présentations qui nous sont faites ne sont pas sincères », dénonce Savary

Le rapporteur de la branche vieillesse, le sénateur LR René-Paul Savary, a dénoncé, au micro de Sénat 360, le passage dans le rouge du budget de la Sécurité au cours de la réécriture du projet de loi de financement. Et de manière plus large, les tours de passe-passe budgétaires.
Public Sénat

Par Guillaume Jacquot (Propos recueillis par Tâm Tran Huy)

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Nous avions dénoncé un équilibre très précaire, preuve en est, c’est qu’on ne le retrouve pas en deuxième lecture. » Le sénateur (LR), René-Paul Savary, ne décolère pas, après l’examen ce jeudi matin du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2019. Interrogé dans l’émission Sénat 360, ce rapporteur thématique (pour la branche vieillesse) épingle la nouvelle copie qui a été présentée au Sénat, à l’issue de la navette parlementaire. Le texte a été rejeté par les sénateurs, à cause de « divergences » jugées trop importantes.

Le Sénat constate que l’excédent des comptes sociaux (régimes obligatoires de la Sécu et Fonds de solidarité vieillesse), de 400 millions d’euros, sur lequel a beaucoup communiqué le gouvernement, s’est finalement transformé en un « léger déficit » de 200 millions d’euros. Il pointe la responsabilité principale de deux mesures, prises « à l’initiative du gouvernement.

« On reprend d’une main ce qu’on donne de l’autre »

La première est l'exemption de CSG et CRDS des revenus du capital des personnes qui relèvent d’un régime de Sécurité sociale d’un autre État membre de l’Union européenne. Manque à gagner : 180 millions d’euros. La deuxième perte, de 194 millions d’euros, provient d’une nouvelle répartition de la CSG vers le budget de l’Unedic. La compensation de la suppression des cotisations salariales à l’Assurance-chômage avait été « sous-calibrée », selon la Haute assemblée. « On reprend d’une main ce qu’on donne de l’autre », réagit René-Paul Savary. « On voit bien que le financement de l’Assurance chômage est complètement modifié puisqu’il y a un financement qui n’avait pas été assuré en première lecture – on l’a dénoncé – et qui est, effectivement assuré dans la deuxième lecture. » Il ajoute :

« Comme quoi, les présentations qui nous sont faites ne sont pas tout à fait sincères puisqu’elles sont modifiées d’une semaine à l’autre. Ou alors ça traduit une certaine impréparation du budget, ce qui est grave aussi. »

Évoquant un « système de vases communicants » entre le budget de l’État et le budget de la Sécurité sociale, le sénateur s’inquiète de la montée en puissance de l’impôt dans le financement de la Sécu, au détriment des cotisations sociales, un sujet de plus en plus abordé au Sénat. « On vient bien que prime un ministère important – Bercy – sur le ministère de la Santé, c’est préoccupant pour l’avenir », a-t-il expliqué.

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
9min

Politique

Présidentielle 2027 : le PS enterre la primaire ouverte et fragilise Olivier Faure

Après avoir été mis en minorité par les députés socialistes sur la stratégie à adopter lors de la motion de censure déposée par les Écologistes en pleine canicule, Olivier Faure a essuyé un deuxième revers, cette fois devant les militants de son propre parti. En rejetant sa proposition de primaire ouverte, le PS fragilise son premier secrétaire et ouvre une nouvelle phase de la course à la présidentielle. Au centre de toutes les interrogations désormais, la place que choisira d’occuper Raphaël Glucksmann.

Le

Paris: Debat reforme des retraites au Senat
5min

Politique

Sénatoriales : Guillaume Gontard va quitter la présidence du groupe écologiste, après six années passées à sa tête

Après le prochain renouvellement sénatorial du 27 septembre prochain, Guillaume Gontard quittera la présidence du groupe écologiste qu'il occupe depuis 6 ans. L'élu de l'Isère n'est pas renouvelable, mais a décidé de passer la main à la rentrée prochaine. Il se dit fier du travail accompli et « d'avoir pu instaurer une parole écologiste qui compte » au sein de la Haute Assemblée.

Le