Budget de la Sécu : « S’abstenir, ce n’est pas trouver qu’on a un formidable texte, sinon nous aurions voté pour », explique Marine Tondelier

Les députés ont approuvé le budget de la Sécurité sociale mardi à l’Assemblée nationale, à l'issue d’un vote serré. Une majorité du groupe écologiste s’est abstenue après l’adoption d’un amendement de dernière minute visant à octroyer des moyens supplémentaires au système de santé. « Sans cette augmentation de l’Ondam, on votait contre », explique ce mercredi la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, sur Public Sénat.
Théodore Azouze

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Sébastien Lecornu franchit une nouvelle étape de son marathon budgétaire. L’Assemblée nationale a adopté mardi 9 décembre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), à l’issue d’un vote très serré (247 voix pour, 234 contre, 93 abstentions). Une majorité du groupe écologiste (26 élus sur 38) s’est abstenue lors de ce vote, laissant au Premier ministre une marge suffisante afin d’assurer l’approbation de ce plan budgétaire. « S’abstenir, ce n’est pas être content et trouver qu’on a un formidable texte, sinon nous aurions voté pour », explique ce mercredi la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, invitée de la matinale de Public Sénat.

« Sans cette augmentation de l’Ondam, on votait contre », assure Marine Tondelier

Le choix des députés écologistes s’est cristallisé durant la dernière journée de débats sur le PLFSS au Palais-Bourbon, mardi. Le gouvernement a consenti en dernière minute à déposer un amendement relevant l’objectif des dépenses de l’Assurance maladie (Ondam) de 2 à 3%. « Sans cette augmentation de l’Ondam, on votait contre » ce budget de la Sécurité sociale, précise Marine Tondelier, qui, si elle avait été parlementaire, aurait également choisi de s’abstenir lors de ce scrutin. Au sein des rangs écologistes, 9 députés ont voté contre, et 3 derniers ont voté pour.

Avec ce succès, la méthode de Sébastien Lecornu porte-t-elle finalement ses fruits ? « Cette victoire est d’abord celle du Parlement lui-même », s’est félicité le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, dont les députés se sont (presque) tous exprimés en faveur du PLFSS. À l’inverse, les élus de La France insoumise et du Rassemblement national ont unanimement voté contre le texte. Le président du parti d’extrême droite, Jordan Bardella, a dénoncé sur X un budget de « punition et de taxation ». 

Le budget de l’État, prochain objectif pour Sébastien Lecornu

« Je ne sais pas qui gagne vraiment à la fin », nuance de son côté Marine Tondelier. « Vous voyez bien que la méthode de Lecornu, qui consiste à ménager la chèvre et le chou en permanence, à faire voter des amendements avec la gauche, d’autres avec la droite et l’extrême droite, conduit à la fin à quelque chose qui n’est pas satisfaisant – en tout cas qui ne satisfait sûrement pas les Écologistes. » La responsable se dit « fière » de la position du parti depuis le début des débats. Selon elle, ses représentants ont constitué « une force d’interposition entre Emmanuel Macron, ses gouvernements et la gauche » et ont participé au « renoncement au 49-3 » du Premier ministre. 

Désormais, le PLFSS va revenir une ultime fois au Sénat, avant un dernier passage à l’Assemblée nationale. En parallèle, l’examen du budget de l’État (PLF) va se poursuivre dans les deux chambres. Son adoption demeure plus qu’hypothétique, tant les dissensions sont grandes entre l’exécutif et l’opposition. « On n’a pas beaucoup parlé de ce qu’il y avait comme horreurs dans les dépenses du PLF, parce que ça n’a pas été examiné à l’Assemblée », déplore Marine Tondelier, faisant référence au rejet du volet « recettes » par les députés mi-novembre. L’épisode avait interrompu l’examen du texte à l’Assemblée nationale. Les sénateurs, qui ont depuis largement réécrit le PLF, voteront en première lecture sur l’ensemble du budget de l’État le 15 décembre.

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