Budget : « Il faut que l’Etat puisse se serrer la ceinture avant même de faire la poche des Français », tacle Bruno Retailleau

A l’occasion du congrès des maires de France, Bruno Retailleau évoque, au micro de Public Sénat, l’ouverture des débats budgétaires au Sénat. L’ancien ministre dénonce la « folie fiscale » de l’Assemblée nationale et « une chasse à ceux qui réussissent ».
Henri Clavier

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« Au Sénat, on a les moyens de voter un bon budget », estime l’ancien ministre de l’Intérieur de retour au Palais du Luxembourg. Alors que le budget de la Sécurité sociale arrive au Sénat ce mercredi 19 novembre, la majorité sénatoriale souhaite profondément remanier le texte issu de la chambre basse. Depuis cet été, le Sénat a fourni un certain nombre de propositions afin de réaliser une réduction d’environ 35 milliards d’euros sur les textes budgétaires. En commission des affaires sociales, les sénateurs ont annoncé vouloir ramener le déficit des comptes sociaux à 15 milliards d’euros contre 24 dans la copie de l’Assemblée nationale. 

Bruno Retailleau déplore une « chasse à ceux qui réussissent » 

Au congrès des maires de France, Bruno Retailleau continue de dénoncer une folie fiscale. Le sénateur de la Vendée plaide pour une réduction des dépenses de l’Etat. « On a un problème de dépense publique », juge Bruno Retailleau. Comme le président de la République le 4 novembre qui estimait que les députés, au cours des débats budgétaires, ciblaient les « champions » français, Bruno Retailleau dénonce une « chasse à ceux qui réussissent ». « Il faut que l’Etat puisse se serrer la ceinture avant même de faire la poche des Français et des entrepreneurs », résume l’ancien locataire de Beauvau. 

« Aucune génération n’a le droit d’en amoindrir une autre »

Une situation que Bruno Retailleau impute au gouvernement et à son choix de se lancer dans des négociations avec les socialistes après la nomination du gouvernement Lecornu II. Début octobre, le Parti socialiste a notamment obtenu du gouvernement la suspension de la réforme des retraites. Sébastien Lecornu a également promis qu’il n’aurait pas recours à l’article 49-3 de la Constitution afin de laisser le Parlement débattre. 

« Aucune génération n’a le droit d’en amoindrir une autre, le gouvernement le fait, il a fait un deal avec la gauche uniquement pour durer quelques semaines », déplore Bruno Retailleau. Sans surprise, la chambre Haute, en faveur de la réforme des retraites de 2023, devrait supprimer la suspension de la réforme des retraites. La mesure avait suscité des votes contrastés de la part des députés Droite républicaine. Un positionnement ambigu qui interroge sur la position finale de LR alors que le groupe DR à l’Assemblée s’est abstenu sur le vote de la partie du budget de la sécurité sociale. 

Plusieurs pistes pour ramener le déficit à 4,7 % du PIB 

L’annonce d’un projet de loi visant à créer une allocation sociale unique pourrait répondre à certaines préoccupations de la droite pour réduire le déficit public. « Ce que nous voulons c’est le plafonnement, qu’on ne puisse pas avoir des revenus de la solidarité supérieurs aux revenus du travail, c’est une question d’incitation et de justice notamment pour les petits salaires », avance Bruno Retailleau. 

Le président de LR souhaite unifier et plafonner à 70 % du SMIC le RSA, la prime d’activité et les allocations logements. Parmi les autres mesures avancées, Bruno Retailleau continue de défendre l’idée d’une « année blanche », c’est-à-dire un gel du niveau des prestations sociales et des pensions « sauf pour les petites retraites ». Enfin, le sénateur de la Vendée demande la création d’un dossier médical partagé qui doit permettre de limiter la multiplication des actes médicaux. Des mesures qui doivent, selon la majorité sénatoriale, permettre de ramener le déficit de la Sécu à 15 milliards d’euros et le déficit public à 4,7 % du PIB.

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