Budget : « Il y a beaucoup de dingueries qui mettraient la France en lambeaux », estime Sébastien Chenu

Invité de la matinale de Public Sénat, le vice-président du RN, Sébastien Chenu a évoqué les débats budgétaires à l’Assemblée nationale et l’opposition à l’introduction de la taxe Zucman. Le député du Nord a également plaidé pour la modification du budget de la Sécu par une lettre rectificative.
Henri Clavier

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« On essaye de s’opposer aux dingueries de la France insoumise », résume le vice-président du RN et député du Nord Sébastien Chenu après l’ouverture des débats sur le projet de loi de finances en commission à l’Assemblée nationale. Dans une Assemblée fragmentée, le RN a mis en échec la gauche sur un certain nombre de mesures, notamment fiscales. Concrètement, Sébastien Chenu a martelé que son groupe s’opposait « à ce qui fait mal aux Français dans leur pouvoir d’achat ». 

Le RN met la gauche en échec à l’Assemblée 

Hier en commission, les députés ont rejeté l’introduction de la taxe Zucman, réclamée par la gauche afin d’introduire un impôt plancher de 2 % sur les fortunes de plus de 100 millions d’euros. « La taxe Zucman a deux écueils, c’est qu’elle vient impacter l’outil de travail et son rendement qui est totalement surévalué », considère Sébastien Chenu dont le groupe s’est opposé à la taxe Zucman. « Il y a beaucoup de dingueries qui mettraient la France en lambeaux », a ajouté Sébastien Chenu à propos de cette taxe. Cette disposition devrait néanmoins être de nouveau débattue dans l’hémicycle à partir de vendredi. 

Le RN a néanmoins soutenu un amendement de LFI sur l’introduction d’un impôt universel ciblé, pour les contribuables au-delà d’un certain revenu et qui partent dans un pays à fiscalité inférieure de plus de 50 % à celle de la France, afin de les imposer sur un différentiel entre ce qu’ils paient dans ce pays, et ce qu’ils auraient payé s’ils étaient restés. « [Un accord] comme on en trouve avec tous les groupes politiques », se justifie le vice-président du RN. 

Alors que les débats devront respecter des délais constitutionnels serrés, le député du Nord a accusé les députés macronistes de faire de l’obstruction parlementaire. Si le Parlement ne s’est pas prononcé dans un délai de 70 jours, le gouvernement peut faire entrer en vigueur le budget par ordonnance. « On voit bien qu’il y a de la tactique et de la technique parlementaire », pointe Sébastien Chenu. Malgré les 1 500 amendements à examiner, le président de la commission des finances a assuré que les délais devraient être tenus pour l’examen en commission. 

Le RN presse le gouvernement de modifier le budget de la Sécu 

En ce qui concerne le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, le RN soutient la suspension de la réforme des retraites et réclame son introduction directement dans le projet du gouvernement. « Marine Le Pen a demandé, avec une lettre rectificative, à ce que le Premier ministre s’engage à [suspendre la réforme des retraites », pointe Sébastien Chenu, rappelant que cette procédure permettrait de garantir la suspension de la réforme.

Sur ce point, le vice-président du RN estime que « les LR soutiennent un gouvernement qui fait l’inverse de ce qu’ils ont raconté aux Français ». « Ils mentent ou ils n’ont pas de convictions, probablement les deux », continue Sébastien Chenu qui fustige les cadres de LR mais « tend la main aux électeurs de LR ».

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