Budget : le député RN Julien Odoul dénonce la « négociation de couloir » entre LR et la majorité
Invité vendredi 29 juillet de « Parlement Hebdo » sur Public Sénat et LCP, le député du RN Julien Odoul a estimé que les débats à l’Assemblée nationale, autour du projet de loi de finances rectificative, ont marqué le rapprochement d’une partie des LR avec la majorité présidentielle. Il reproche à cette dernière d’opérer des arrangements en coulisse pour garder la main sur le Parlement, plutôt que d’accepter certains compromis issus des oppositions.

Budget : le député RN Julien Odoul dénonce la « négociation de couloir » entre LR et la majorité

Invité vendredi 29 juillet de « Parlement Hebdo » sur Public Sénat et LCP, le député du RN Julien Odoul a estimé que les débats à l’Assemblée nationale, autour du projet de loi de finances rectificative, ont marqué le rapprochement d’une partie des LR avec la majorité présidentielle. Il reproche à cette dernière d’opérer des arrangements en coulisse pour garder la main sur le Parlement, plutôt que d’accepter certains compromis issus des oppositions.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Les débats autour du budget rectifié pour 2022, portant diverses mesures en faveur du pouvoir d’achat, seront-ils aussi animés au Sénat qu’à l’Assemblée nationale ? Ce texte, le second du paquet législatif consacré à la lutte contre l’inflation et ses conséquences sur le portefeuille des Français, arrive à la Chambre haute lundi 1er août, après une semaine particulièrement agitée au Palais Bourbon. Parmi les points de crispation : l’aide de 500 millions d’euros pour la revalorisation des retraites, approuvée par les députés le 26 juillet, puis retoquée quelques heures plus tard à l’issue d’une seconde délibération, réclamée par le gouvernement qui s’opposait vivement à cette mesure et à son coût.

Un rapprochement entre LR et la majorité ?

Pour le nouveau député du Rassemblent National, Julien Odoul, ce second vote et ce retournement de situation trahissent une forme d’autoritarisme du côté de l’exécutif, mais aussi la collusion qui s’opère progressivement entre la majorité et la droite, puisque le changement de pied de certains LR a aidé l’exécutif à faire tomber cette aide exceptionnelle. « Revoter est peut-être légal, mais ça n’est pas moral. Je considère que c’est une faute grave qui fait trois perdants », a estimé l’élu, invité ce vendredi de l’émission « Parlement Hebdo » sur Public Sénat et LCP. « Les premiers perdants, ce sont les retraités qui pâtissent de l’augmentation des prix, de l’inflation et qui auraient bien aimé avoir cette revalorisation de leur pension de retraite. Il y a un deuxième perdant, ce sont les électeurs LR puisque LR a changé son vote entre 18 heures et 3 heures du matin », dénonce Julien Odoul.

« Aujourd’hui, vous avez des députés LR qui font partie de la majorité présidentielle, qui ont intégré la macronie de facto. Ils se sont soumis à la macronie, et d’ailleurs nous aimerions bien savoir quel a été l’objet du marchandage. Il y a eu une négociation de couloir qui a été opérée », accuse encore ce proche de Marine Le Pen. « C’est de la vieille politique, c’est tout ce qui dégoûte les Français et je considère que ça n’est pas démocratique. »

>> Lire notre article - Loi pouvoir d’achat : la droite sénatoriale ne croit pas au scénario de rétablissement des comptes vanté par Bruno Le Maire

Enfin, dernier perdant selon Julien Odoul : « la nouvelle méthode du gouvernement, pulvérisée par cette volonté de passer en force. » « On voit bien que le gouvernement n’a pas pris la mesure de ce qui s’est passé aux élections législatives, ne supporte pas d’avoir la majorité relative, ne supporte pas que les oppositions pèsent plus lourd à l’Assemblée nationale, et ne supporte pas de ne pas pouvoir faire passer tous ses textes », soutient notre invité. « Le gouvernement n’est pas du tout dans le compromis, il n’accepte aucun amendement du Rassemblement national, il n’y a aucune volonté d’écoute, aucune discussion. Soi-disant, nous ne faisons pas partie de l’arc républicain, alors que nous avons été élus par des millions de Français, comme les autres », pointe-t-il.

« Je souhaite que Jordan Bardella soit le prochain président du RN »

Également interrogé sur l’avenir de son parti, qui doit désigner un nouveau chef le 5 novembre prochain, Marine Le Pen ayant choisi de se consacrer à la présidence du groupe à l’Assemblée nationale, Julien Odoul a tenu à apporter son soutien à Jordan Bardella, l’actuel président par intérim du Rassemblement national. « Je souhaite que Jordan Bardella soit le prochain président du RN. Il a effectué ces dernières années un boulot considérable dans la lignée de Marine Le Pen, il nous a extrêmement aidés sur le volet de la professionnalisation du parti, a donné une image positive à notre mouvement, a contribué au score historique de la présidentielle et des législatives », salue le député de l’Yonne. « Jordan Bardella est le meilleur pour nous permettre de franchir la dernière marche et d’arriver au pouvoir en 2027 », conclut-il, alors que Louis Aliot, le maire RN de Perpignan, a également annoncé sa candidature.

Partager cet article

Dans la même thématique

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le

ZFE la fin des Zones a Faibles Emissions votee par l Assemblee Nationale
3min

Politique

Loi de « simplification » : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE et l’assouplissement du ZAN

Le Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi 21 mai plusieurs articles emblématiques de la loi de « simplification économique », parmi lesquels la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et un assouplissement des règles du « zéro artificialisation nette » (ZAN). Jugées sans rapport direct avec le projet de loi initial, ces dispositions ont été qualifiées de « cavaliers législatifs ». Au total, 25 articles sur 84 ont été censurés totalement ou partiellement, au terme d’un feuilleton parlementaire de deux ans.

Le