Budget : le Sénat adopte le statut du « bailleur privé » pour relancer l’accès au logement

Dimanche soir, dans le cadre de l’examen du budget 2026, les sénateurs ont adopté le nouveau statut du « bailleur privé », censé apporter une réponse à la crise du logement. Il prévoit un avantage fiscal pour les investissements dans les logements abordables.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

3 min

Publié le

C’est un « choc d’offre » dans le secteur du logement que le Sénat a voté dimanche soir lors de l’examen du budget 2026. L’amendement défendu par le sénateur LR, Marc-Philippe Daubresse plus incitatif et donc plus coûteux pour les finances publiques que le compromis trouvé par les députés, a finalement été sous-amendé par le gouvernement.

Censé pallier la crise du logement abordable, le nouveau statut du « bailleur privé », fruit d’un compromis trouvé à l’Assemblée nationale entre les groupes de gauche, du centre et de la droite, prévoit un amortissement fiscal de 3,5 % par an pour un investissement dans un logement neuf à loyer intermédiaire, 4,5 % pour un logement social et 5,5 % pour un logement très social, dans la limite de 80 % de la valeur du bien et 8 000 euros par an pour deux logements, maximum.

L’amendement défendu par Marc-Philippe Daubresse s’appuie sur les propositions de son rapport « Pour une relance durable de l’investissement locatif » remis au Gouvernement en juin 2025 et coécrit avec Mickaël Cosson, député des Côtes d’Armor. Son volet incitatif est plus puissant que la version des députés. Il prévoit un amortissement fiscal forfaitaire de 5 % par an sur 80 % du prix d’acquisition du bien neuf, couplé à un bonus d’amortissement jusqu’à 2 % pour les loyers abordables, afin d’encourager l’offre à loyers modérés avec une revalorisation du plafond d’imputation du déficit foncier sur le revenu global à 21 400 euros contre 10 700 actuellement.

« La situation déjà dramatique dans le logement s’est complètement effondrée et on va diviser par six, cette année, la production de logement locatif […] Il faut redonner de la confiance », a justifié le sénateur.

La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin a mis en garde l’hémicycle sur les implications de cet amendement. « Pour le seul secteur du neuf, le coût générationnel, c’est 4,7 milliards. Si vous prenez les sous-amendements du gouvernement, ça ramène ce coût à 1,2 milliard », a-t-elle exposé en proposant de revenir à la version de l’Assemblée nationale. « Votre amendement est plus puissant mais il est aussi beaucoup plus coûteux », a-t-elle insisté.

Des chiffres contestés par Marc-Philippe Daubresse qui appelle à prendre en compte l’intégration de la TVA dans les calculs.

La ministre a reconnu que le dispositif était « difficile à chiffrer ». « On sait combien ça coûte à l’Etat d’avoir un amortissement. On ne sait pas exactement quel est le retour de TVA, ni des plus-values immobilières car on ne sait pas combien de temps les propriétaires vont garder ces logements » a-t-elle néanmoins souligné avant de voir ses sous-amendements adoptés.

 

 

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

candidat à Paris
8min

Politique

Municipales 2026 : à Paris, la campagne se joue-t-elle désormais à coup de likes ? 

À l’approche des élections municipales de 2026, la campagne parisienne se déploie massivement sur les réseaux sociaux. Vidéos courtes, stratégies d’influence et recours à l’intelligence artificielle redéfinissent les codes de la communication politique locale. Mais derrière la course aux vues, des experts interrogent l’impact réel de ces nouveaux outils sur le vote et la démocratie.

Le

Legislatives 2024:  Bureau de vote
8min

Politique

« A quoi bon aller voter car nous avons une seule liste cette fois ? » : les petites communes face au risque de hausse de l’abstention aux municipales

Les deux tiers des communes, essentiellement celles de petite taille, n’ont qu’une seule liste pour les élections municipales. C’est la conséquence directe de la réforme du mode de scrutin pour les communes de moins de 1000 habitants. Il en découle un autre effet : le risque de voir l’abstention progresser dans ces territoires souvent ruraux. C’est la crainte des élus et des sénateurs.

Le

NUPES : Lancement du Parlement
9min

Politique

Municipales : rupture consommée officiellement entre le PS et LFI… au moins jusqu’au second tour

A l’issue d’un Bureau national, les socialistes ont qualifié les propos récents de Jean-Luc Mélenchon « d’antisémites » et rejettent toute possibilité d’un accord national au premier et au second tour des municipales avec LFI. Les Insoumis dénoncent, eux, l’irresponsabilité de la direction du PS, qui selon eux, fait le jeu de l’extrême droite. Mais au soir du premier tour, LFI et le PS devront faire face à la pression de leurs militants respectifs pour trouver un accord dans les cas où la désunion à gauche conduirait à la victoire de la droite ou l’extrême droite.

Le