Parliament of Sports Conference “What development strategy for sports equipment in France? » at French Senate
View of the entrance of the French Senate at Palais du Luxembourg, in Paris on March 25th//YUENKINWAI_12140001/Credit:Kin-Wai YUEN/SIPA/2403261216

Budget : le Sénat allège l’effort demandé aux collectivités de plus d’un milliard d’euros

Les sénateurs, en plein examen du projet de loi de finances 2025, ont adopté une série d’amendements pour réduire l’effort budgétaire demandé par le gouvernement aux collectivités. Ils ont notamment supprimé les 800 millions d’euros d’économies sur le FCTVA.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les sénateurs, qui terminent ce dimanche l’examen de la partie recettes du budget 2025, ont multiplié durant la journée de samedi les gestes en direction des collectivités territoriales. Sans surprise, le Sénat s’est montré au chevet des collectivités, qu’il représente selon la Constitution.

Au total, les sénateurs ont réduit de plus d’un milliard d’euros l’effort qui leur est demandé dans ce projet de loi de finances, sur les cinq milliards prévus par le gouvernement Barnier. Dans la partie dépenses, les sénateurs vont encore réduire l’effort de deux milliards d’euros supplémentaires, en modifiant le fonds de réserve.

Principal point dans les modifications apportées hier : les sénateurs sont revenus sur la réduction de 800 millions d’euros du Fonds de compensation pour la TVA (FCTVA), un système d’accompagnement des collectivités dans leurs dépenses d’investissement. C’est une mesure « injuste car elle vient frapper toutes les collectivités de manière indifférenciée », et « percute » le « cercle vertueux » de l’investissement local, s’est alarmé le sénateur centriste Bernard Delcros.

Michel Barnier avait annoncé ces derniers jours devant les élus qu’il était prêt à revenir partiellement sur cette mesure, en en supprimant uniquement la rétroactivité. Soit « plus de 80 % des 800 millions proposés », a insisté en séance le ministre des Comptes publics Laurent Saint-Martin, attentif à « ne pas grever l’investissement local ».

Malgré des débats nourris et des demandes sur tous les bancs de l’hémicycle, le Sénat n’a en revanche pas souhaité indexer sur l’inflation la dotation globale de fonctionnement (DGF), attribuée aux collectivités territoriales.

Hausse de la dotation globale de fonctionnement de 290 millions d’euros

Il a néanmoins adopté un amendement socialiste pour abonder cette DGF de 290 millions d’euros, de manière à éviter de faire peser sur l’ensemble des territoires deux autres mesures contenues dans le budget : l’augmentation de la dotation de solidarité rurale (150 millions) et de la dotation de solidarité urbaine (140 millions).

Il a en revanche approuvé le gel de l’évolution annuelle des recettes de TVA affectées aux collectivités territoriales, une mesure qui pèsera 1,2 milliard d’euros sur les territoires.

Et il a validé par ailleurs une promesse de Michel Barnier aux départements : celle de relever de 4,5 % à 5 % le plafond des droits de mutation à titre onéreux (DMTO) – souvent appelés « frais de notaire » par abus de langage. La mesure ne s’appliquera pas aux primo-accédants.

Enfin, le Sénat a décidé d’indexer sur l’inflation la dotation de continuité territoriale (DCT) reversée au profit de la Corse. Le gouvernement proposait lui une enveloppe de 50 millions d’euros, mais seulement à titre exceptionnel pour 2025.

(avec AFP)

Partager cet article

Dans la même thématique

Macron Sénat 3 ok
14min

Politique

[Série 3/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : lors du second quinquennat, « le Sénat est un peu le roi du pétrole »

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffements, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après sa réélection historique en 2022, Emmanuel Macron n’a qu’une majorité relative, l’obligeant à composer avec les LR pour obtenir des majorités. Le Sénat y trouvera son intérêt et un pouvoir d’influence. Après la dissolution manquée en 2024, la droite entre au gouvernement et fait partie de la majorité. L’opposant d’hier se retrouve aux côtés des macronistes, tout en gardant ses distances.

Le

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le

Budget : le Sénat allège l’effort demandé aux collectivités de plus d’un milliard d’euros
5min

Politique

Ingérences étrangères : « Depuis les années 2010, aucun rendez-vous électoral n’a été épargné »

A l’heure de la manipulation des algorithmes et du recours croissant à l’intelligence artificielle sur les plateformes numériques, des experts alertent le Sénat sur la multiplication d’ingérences d’origine étrangères en Europe. Avec pour objectif de déstabiliser les périodes électorales, à coups de désinformation et d‘altération de la confiance envers les institutions.

Le