Sébastien Lecornu à l'Assemblée nationale le 14 janvier 2026 - CHINE NOUVELLE/SIPA

Budget : l’exécutif s’oriente définitivement vers le 49-3 ou les ordonnances

Alors que les débats s’enlisent à l’Assemblée, l’exécutif a annoncé la suspension des discussions budgétaires jusqu’à mardi, et devrait annoncer la semaine prochaine un recours au 49-3 ou aux ordonnances. Des propositions de compromis sur la copie initiale sont attendues dans la journée, pour tenter de négocier une non-censure du gouvernement.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le marathon budgétaire va faire une petite pause. Estimant que le budget ne pourrait être adopté par l’Assemblée nationale – le texte a notamment été rejeté en commission samedi dernier, l’exécutif a annoncé hier soir qu’il suspendait les discussions au Palais Bourbon jusqu’à mardi. Le vote sur la première partie « recettes » était envisagé dans les jours à venir, alors qu’il restait moins de 500 amendements à débattre. Le ministre des relations avec le Parlement, Laurent Panifous, a affirmé dans l’hémicycle que « nous nous éloignons définitivement d’un texte de compromis acceptable par une majorité de députés ».

Les services du Premier ministre ont ensuite annoncé que le gouvernement ferait, ce vendredi, des « propositions (…) d’évolution de la copie initiale du projet de loi de finances pour l’État, qui témoigneront qu’un compromis est possible ». En d’autres termes : un compromis de non-censure avec le Parti socialiste, et les indépendants de Liot. « A ce stade », le déficit atteint 5,3 % du PIB, loin de l’objectif de l’exécutif de 5 %.

Matignon tient pour coupables de cette impasse le RN et LFI, les accusant d’un « sabotage continu [qui] rend désormais impossible l’adoption d’un budget par un vote » des députés, et « inéluctable l’utilisation d’un outil du parlementarisme rationalisé, pour que la France ait un budget ». En effet, sans adoption par l’Assemblée nationale du texte, reste à la disposition de l’exécutif le recours au 49-3 ou aux ordonnances.

L’entourage de Sébastien Lecornu a également indiqué que ce dernier pourrait acter « d’ici mardi » la voie qu’il emprunterait pour faire passer le PLF, tout en affirmant que le texte ne serait pas adopté « avant la mi-février ». Rien n’étant exclu, selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

49-3 ou ordonnances ?

Au choix pour Sébastien Lecornu : l’article 49-3 ou l’article 47, permettant l’utilisation des ordonnances. La première option, permet au gouvernement d’engager sa responsabilité sur un texte de loi. Sauf motion de censure adoptée, le texte de loi est dit adopté, sans le vote de l’Assemblée nationale. Le 49-3 devrait être activé trois fois : sur la partie « recettes », sur la partie « dépenses », puis sur le texte complet après un aller-retour au Sénat, exposant donc autant de fois les troupes de Lecornu à une censure. Le locataire de Matignon s’était engagé en octobre à ne pas recourir à cette option, moyennant la non-censure des socialistes. Depuis, de nombreuses voix réclament le retour de ce dispositif, y compris chez les élus PS.

Quant aux ordonnances, encore jamais utilisées sous la Ve République, cet outil permet à l’exécutif de faire passer des dispositions, sans l’aval du Parlement. A la différence du 49-3, les ordonnances garantissent l’adoption d’un PLF, même en cas de chute du gouvernement.

(Avec AFP)

Partager cet article

Dans la même thématique

Budget : l’exécutif s’oriente définitivement vers le 49-3 ou les ordonnances
5min

Politique

Défenseur des droits : François-Noël Buffet assure qu’il exercera sa mission avec « autorité et indépendance », la gauche exprime ses « inquiétudes »

En dépit de l’opposition de nombreuses associations et de parlementaires de gauche, la candidature de François-Noël Buffet au poste de défenseur des droits a été validée par le Parlement, ce mardi 21 juillet, à 43 voix contre 39. Lors de son audition, les sénateurs de gauche ont exprimé leurs réserves sur le choix de François-Noël Buffet pour occuper ce poste.

Le

Paris: Assemblee nationale questions au gouvernement
4min

Politique

Après avoir fracturé le camp présidentiel, le projet de loi d’urgence agricole revient au Sénat : le sort de Monique Barbut en suspens

Après un vote tumultueux à l’Assemblée nationale, qui a vu les soutiens du gouvernement se fracturer autour de la question des pesticides, le projet de loi d’urgence agricole est soumis à un dernier vote du Sénat ce mardi. Son adoption définitive pourrait pousser la ministre de la Transition écologique vers la sortie.

Le