Budget : Marylise Léon appelle à ne pas « faire des agents publics des boucs émissaires » après les annonces de suppressions de postes

Invitée de la matinale de Public Sénat, la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, s’est exprimée sur le budget et les suppressions de postes de fonctionnaires prévues par le gouvernement. La dirigeante de la CFDT appelle également le gouvernement de Michel Barnier à relancer le dialogue social.
Henri Clavier

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« Des aménagements raisonnables et justes », voilà ce que proposait Michel Barnier dans le cadre de sa déclaration de politique générale à propos de la réforme des retraites. Le Premier ministre a laissé entendre qu’il voulait relancer le dialogue social, une approche souhaitée par la CFDT et sa secrétaire générale, Marylise Léon, rappelant que le Président de la République avait défendu une « vision extrêmement verticale du pouvoir ». Même si la secrétaire générale de la CFDT se réjouit d’une possible inflexion des relations entre l’exécutif et les syndicats, les négociations sur le budget et sur plusieurs sujets comme l’assurance chômage s’annoncent âpres.

« Je veux un budget guidé par l’enjeu de justice sociale »

Alors que le budget présenté par le gouvernement de Michel Barnier prévoit 40 milliards d’économies et 20 milliards de nouvelles recettes, Marylise Léon se réjouit de la « fin du dogme du ruissellement » et de la création de nouvelles recettes budgétaires. Néanmoins, la secrétaire générale de la CFDT déplore les suppressions de postes de fonctionnaires et notamment de 4 000 postes d’enseignants. « Je veux un budget guidé par l’enjeu de justice sociale », martèle Marylise Léon. « Faire croire qu’aujourd’hui le problème c’est le nombre de postes dans les fonctions publiques, c’est faux », pointe la dirigeante syndicale qui souhaite changer d’approche et sortir d’une vision « purement budgétaire » de l’emploi public. Marylise Léon souligne surtout le manque d’attractivité du secteur public dans lequel 60 000 postes ne seraient pas fournis et alerte sur le risque de « faire des agents publics des boucs émissaires ». Par ailleurs, la CFDT prévient aussi que les économies ne doivent pas non plus être faites par une nouvelle réforme de l’assurance chômage.

La CFDT rejette une nouvelle réforme de l’assurance chômage

« S’il y a des économies à faire, il ne faut pas que ce soit uniquement sur le dos des chômeurs », lance Marylise Léon. Le gouvernement de Gabriel Attal avait lancé, au printemps, une réforme de l’assurance chômage avant de l’abandonner après le premier tour des élections législatives. « Il faut définitivement l’enterrer. On est à quasiment 25 milliards d’euros d’économies sur le dos des chômeurs ces dernières années », explique la secrétaire générale de la CFDT.

Marylise Léon appelle également le gouvernement à concrétiser la reprise de discussions avec les partenaires sociaux sur les retraites. « A ce stade [Michel Barnier] a ouvert la porte sur la question des retraites, ce que l’on demande prioritairement c’est redire que les 64 ans sont une très mauvaise mesure », affirme Marylise Léon qui souhaite également mettre l’accent sur une adaptation du temps de travail en fonction de la pénibilité. « Il faut que le gouvernement entende qu’il y a des situations insupportables. On est dans une hypocrisie terrible avec des métiers où on fabrique l’invalidité », pointe Marylise Léon.

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