Budget : « Nous ne faisons pas de rigueur » assure Gérald Darmanin

Budget : « Nous ne faisons pas de rigueur » assure Gérald Darmanin

Les ministres Bruno Le Maire et Gérald Darmanin étaient auditionnés par la commission des finances du Sénat sur le budget du pays et les mesures à venir.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Ils étaient très attendus. Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des finances, et Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics étaient auditionnés, ce mercredi, par la commission des finances du Sénat. La Haute assemblée est secouée depuis plusieurs semaines par le projet de  suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages, une des rares ressources des collectivités locales. Les ministres ont donc tenté de clarifier les positions du gouvernement sur les budgets à venir.

Dans son allocution, Bruno le Maire a d’abord rappelé les 11 milliards d’euros de baisses d’impôts, annoncés par Edouard Philippe, ce mercredi, dans les Echos. Cette annonce mettait fin à un imbroglio politique qui voyait une série de réformes reportée par Matignon. Emmanuel Macron a finalement décidé d’accélérer la baisse des prélèvements. « Cette décision est une décision que je soutiens totalement » avance Bruno Le Maire. « Le sens, c’est de soutenir les entreprises. On ne fait de cadeaux à personne, on fait en sorte que nos entreprises soient plus compétitives » explique le ministre qui ajoute, sur les prélèvements aux particuliers que « les ménages n’en peuvent plus. »

« Nous ne faisons pas de rigueur » a assuré de son côté le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin. « Le budget sera en augmentation de 2,5 milliards d’euros par rapport à la loi de finances qui a été votée par le parlement » souligne-t-il.

Mais la tâche s’annonce ardue pour le quinquennat. « Nous devons trouver 20 milliards d’euros d’économies pour 2018 » a prévenu Gérald Darmanin. « Il y a déjà un engagement du président de la République sur le budget des armées puisqu’on doit atteindre les 2% du PIB en 2025. Je suis en mesure de vous dire que ce budget des armées va connaitre une augmentation de crédits l’année prochaine », le montant étant en discussion a-t-il précisé. « Nous devons donc faire des économies extrêmement importantes. »

Interrogé sur la recapitalisation d’Areva, Bruno Le Maire s’en est violemment pris à l’ancienne direction du groupe, avant que Philippe Varin ne devienne président du conseil de surveillance du groupe en 2015. La gestion d’Areva était alors « un véritable scandale républicain. Ce n’est même pas de la mauvaise gestion, c’est de la dissimulation systématique et je trouve cela propre révoltant (…) je me permets de taper du poing sur la table car je n’accepterai pas que les deniers publics soient aussi mal gérés (…) ce qu’il s’est passé sur Areva et proprement scandaleux » 

Concernant la taxe d’habitation, les ministres se sont montrés discrets. « En mettant fin à ces 80% de la taxe d’habitation, il faut que nous discutions avec les élus locaux pour reposer la question de la fiscalité locale, de ce que font les élus locaux » souligne Gérald Darmanin. Les modalités devraient être précisées lundi, lors de la conférence des territoires.

Darmanin : "il faut que nous discutions avec les élus locaux pour reposer la question de la fiscalité locale"
00:13

Dans la même thématique

Migration Europe
6min

Politique

Pacte européen asile et migration : qu'ont voté les eurodéputés français ?

Soutenu par les sociaux-démocrates et la droite européenne, le pacte asile et migration a été adopté au Parlement européen. Mais, contrairement à leurs collègues des autres États membres, Raphaël Glucksmann et François-Xavier Bellamy – têtes de liste socialiste et Les Républicains – se sont opposés au texte.

Le

Paris: weekly session of questions to the government at the Senate
3min

Politique

RIP sur l’immigration : pour Bruno Retailleau, le Conseil constitutionnel « outrepasse son rôle »

Les Républicains s’en prennent une nouvelle fois au Conseil constitutionnel après avoir vu leur proposition de référendum d’initiative partagée (RIP) sur l’immigration invalidée par les Sages. « Un nouveau tournant » pour le patron de la droite sénatoriale qui avait déjà eu des mots assez durs à l’égard de la plus haute juridiction lors de la large censure de la loi immigration.

Le