Budget : « On a un Parti socialiste qui a pris des engagements et qui les a tenus », salue Aurore Bergé

Un Conseil des ministres doit se tenir ce lundi 19 janvier pour acter l’issue des débats budgétaires au Parlement. Sébastien Lecornu doit trancher entre l’activation de l’article 49-3 ou le passage du projet de loi de finances par ordonnances. « Les Français veulent qu'on passe vite à autre chose », exhorte Aurore Bergé, ministre de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Théodore Azouze

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L’épilogue d’une longue séquence budgétaire. Le gouvernement doit se réunir ce lundi 19 janvier autour d’Emmanuel Macron pour un conseil des ministres. Après plusieurs mois de débats à l’Assemblée nationale et au Sénat, Sébastien Lecornu a acté l’impossibilité de trouver un accord pour faire adopter le projet de loi de finances par les parlementaires. Pour octroyer malgré tout un budget à la France en 2026, le locataire de Matignon choisira-t-il le recours à l’article 49-3, ou de façon inédite, un passage du texte par ordonnances ? « C’est le Premier ministre qui l’annoncera dans les heures qui viennent », précise Aurore Bergé, ministre de l’égalité entre les femmes et les hommes, invitée de la matinale de Public Sénat ce lundi.

Pour elle, il devient urgent de mettre un terme à l’incertitude budgétaire. « Les Français veulent qu’on passe vite à autre chose, parce que sinon un certain nombre de projets de loi qui nous tiennent à cœur ne pourront pas être mis en débat », souligne la responsable. Tandis que Sébastien Lecornu s’était d’abord engagé à ne pas utiliser l’article 49-3 lors de ces discussions sur le PLF 2026, le Premier ministre pourrait finalement faire volte-face pour extirper le texte du blocage à l’Assemblée. « Tout le débat parlementaire s’est fait sans 49-3 », rappelle Aurore Bergé, pour qui l’ex-ministre des Armées n’a « pas renié » sa parole sur le sujet. « La copie [du texte] sera respectueuse du travail parlementaire, parce que ça n’est pas la copie initiale du gouvernement. »

Contenter le PS… et la droite

 

L’une ou l’autre option s’annoncent en tout cas risquées pour le gouvernement, qui s’expose à la menace du dépôt de plusieurs motions de censure à l’Assemblée nationale. Au centre des dernières négociations menées par le gouvernement ? Le Parti socialiste. Ces derniers jours, Sébastien Lecornu tente de persuader les députés du groupe au Palais Bourbon de ne pas voter en faveur de la chute de son équipe. Repas universitaires à un euro, hausse de la prime d’activité, abandon de la baisse de la CVAE… Plusieurs concessions ont été annoncées par le Premier ministre dans sa copie finale du budget pour contenter les troupes du parti à la rose.

Mais le gouvernement ne doit pas non plus oublier de donner des gages à la droite, dont il a aussi besoin des voix pour éviter une censure. Une difficile position d’équilibriste pour Sébastien Lecornu. Les efforts supplémentaires demandés aux entreprises dans la dernière mouture du PLF envisagée par Matignon pourraient-ils faire hésiter quelques députés LR à voter une motion de censure ? « On a un socle […] qui réussit à tenir malgré tout depuis la formation du gouvernement Barnier ; et on a un Parti socialiste qui a pris des engagements et qui les a tenus », tempère Aurore Bergé. Et ce, « aussi parce qu’en face, le gouvernement a tenu ses engagements », poursuit-elle. La ministre appelle les différentes formations partisanes à « se faire à l’idée du compromis politique dans notre pays ».

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