Budget : « Prendre le temps de bâtir un bon budget n’est pas une faiblesse », défend Sébastien Lecornu

Alors que la loi spéciale a été adoptée à l’Assemblée nationale, puis par le Sénat ce mardi soir, Sébastien Lecornu a voulu « rendre compte de l’action du gouvernement » ces dernières semaines dans une allocution télévisée. Le Premier ministre veut encore croire à un « compromis parlementaire » sur le budget en janvier.
Louis Mollier-Sabet

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« Repousser le désordre », c’est la mission que s’est fixée le Premier ministre dans la crise politique actuelle. Alors que le Parlement a adopté ce mardi 23 décembre la loi spéciale qui permettra à l’Etat de tourner en attendant un budget, Sébastien Lecornu a de nouveau appelé l’ensemble des forces politiques au « compromis », qui n’est d’après lui « ni un renoncement, ni une confusion. »

Le Premier ministre veut encore croire à la possibilité d’aboutir à un « compromis parlementaire », même en l’absence de majorité absolue, comme cela a été le cas sur le budget de la Sécurité sociale, adopté pour la première fois depuis 2022 sans 49-3, a-t-il rappelé. Pour le budget de l’Etat, « la situation est différente », a concédé le locataire de Matignon, puisque la commission mixte paritaire (CMP), où doivent se mettre d’accord députés et sénateurs, a échoué. Le texte repartira donc à l’Assemblée en nouvelle lecture le 5 janvier prochain et les tractations reprendront dès le lendemain de Noël.

Agriculture et collectivités : les priorités fixées par Sébastien Lecornu

« Prendre le temps de bâtir un bon budget n’est pas une faiblesse », a assuré le Premier ministre, sur fond de tensions avec la droite, qui l’accuse d’avoir « changé d’alliance » et lui demande de recourir au 49-3. Saluant la résilience de l’économie française avec une croissance de 0,5 % sur le dernier trimestre 2025, le Premier ministre a de nouveau mentionné un objectif de déficit à 5 % du PIB, qui correspond à la cible fixée par les socialistes (voir notre article).

Sébastien Lecornu a aussi fixé cinq thématiques « qui nous permettront de trouver des solutions » sur le vote du budget : l’agriculture, les collectivités locales (et notamment le Fonds Vert), le logement, les Outre-mer (en particulier la Nouvelle-Calédonie) et enfin l’enseignement supérieur et la recherche.

Le Premier ministre a consacré une part importante de son allocution aux agriculteurs en rappelant qu’aucun accord de libre-échange « ne serait accepté s’il fragilise nos filières ou impose une concurrence déloyale » – et qu’en la matière « le compte n’y était pas » pour le Mercosur. De même, il a renouvelé la volonté de soutien de l’Etat dans la crise de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), avec la vaccination « d’un tiers des bovins des dix départements du Sud Ouest » depuis quelques semaines.

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