Le gouvernement présente jeudi son projet de budget pour la Sécurité sociale dont il a repoussé le retour à l'équilibre à 2020. Au programme:...
Budget Sécu 2018: économies dans la santé et hausse des minima sociaux
Le gouvernement présente jeudi son projet de budget pour la Sécurité sociale dont il a repoussé le retour à l'équilibre à 2020. Au programme:...
Par Estelle EMONET
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Le gouvernement présente jeudi son projet de budget pour la Sécurité sociale dont il a repoussé le retour à l'équilibre à 2020. Au programme: hausse du forfait de séjour à l'hôpital et du prix du tabac, mesures sur les prix des médicaments, revalorisation des minima sociaux...
Les ministres de la Santé Agnès Buzyn et des Comptes publics Gérald Darmanin dévoileront le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2018, à l'issue de la réunion jeudi matin de la Commission des comptes de la Sécurité sociale, qui vient d'actualiser les comptes de l'année écoulée.
En 2017, le déficit cumulé du régime général et du Fonds de solidarité vieillesse (FSV), devrait atteindre 4,4 milliards d'euros conformément aux prévisions, soit une diminution de plus de 3 milliards d'euros en un an qui le situe loin du record de 2010 (-29,8 milliards d'euros), selon la Commission.
Plombé par le chômage, le FSV, qui verse le minimum vieillesse et les cotisations retraites des chômeurs, concentre la quasi totalité du déficit (-3,6 milliards d'euros) et reste stable par rapport à 2016.
La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, à l'Assemblée nationale, le 26 septembre 2017 à Paris
AFP
Avec trois de ses branches à l'excédent, accidents du travail, retraites et famille - une première depuis dix ans pour cette dernière -, le régime général devient "proche de l'équilibre" à -800 millions, note la Commission des comptes.
La diminution de son déficit s'avère cependant deux fois moins importante que ne le prévoyait le budget présenté sous François Hollande, en raison de sa branche maladie qui reste dans le rouge à -3,6 milliards d'euros.
- Hausse des retraites reportée -
Les efforts du gouvernement se concentreront donc sur la santé, avec 4,2 milliards d'euros d'économies prévues en 2018.
Déficit global et déficit du régime général de la sécurité sociale, évolution depuis 2012 et prévisions pour 2017, d'après la Commission des comptes de la sécurité sociale
AFP
Il prévoit ainsi de contenir la hausse naturelle des dépenses de santé - liée notamment au vieillissement de la population, aux coûts des innovations thérapeutiques et à l'augmentation des maladies chroniques - à 2,3% pour les trois prochaines années.
L'Assurance maladie a déjà prévu d'épargner près de 2 milliards d'euros grâce notamment au développement de l'ambulatoire (moins d'hospitalisations, plus de soins en ville), à des économies sur les transports sanitaires ou à la lutte contre les "fraudes et abus".
Les actions sur les prix des médicaments, à travers la promotion des médicaments génériques et biosimilaires ainsi que des négociations avec les industriels, doivent permettre d'économiser un milliard d'euros, selon la ministre.
L'hôpital pourra en outre compter sur une revalorisation du forfait hospitalier fixé à 18 euros par jour depuis 2010. La mesure fait déjà grincer des dents les mutuelles prenant en charge ces frais de séjour et les associations de patients. Elles craignent une hausse des tarifs des contrats qui "punira" en particulier les "plus pauvres".
Prix moyens et reste à charge pour le patient pour les dépenses optiques, dentaires et d'audition, par département en 2016.
AFP
Avec presque la moitié de son budget lié à des dépenses sociales, le ministère de la Santé et des Solidarités, dont l'enveloppe a été augmentée de 11%, devra aussi financer les revalorisations progressives des minima sociaux ciblées vers les familles les plus défavorisées (prime d'activité pour les travailleurs à revenus modestes, aide à la garde d'enfants, allocation adulte handicapé ou encore minimum vieillesse).
Des efforts seront également demandés aux administrations de la Sécurité sociale qui devront diminuer de 15% leurs frais de fonctionnement sur quatre ans.
Côté retraites, le gouvernement prévoit de reporter d'octobre 2018 à janvier 2019 la revalorisation des pensions. Sans prise en compte de cette mesure, contrairement aux années précédentes, la branche retraite repasserait en déficit (-100 millions) en raison "d'un ressaut des départs en retraite", selon la Commission des comptes, après un excédent prévu à 1,5 milliard en 2017.
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