Budget Sécu: largement adopté par l’Assemblée, nouvelle charge sur la CSG
L'Assemblée a largement adopté mardi le projet de budget de la Sécurité sociale 2018, premier du quinquennat Macron, une semaine...

Budget Sécu: largement adopté par l’Assemblée, nouvelle charge sur la CSG

L'Assemblée a largement adopté mardi le projet de budget de la Sécurité sociale 2018, premier du quinquennat Macron, une semaine...
Public Sénat

Par Isabelle CORTES et Anne-Pascale REBOUL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

L'Assemblée a largement adopté mardi le projet de budget de la Sécurité sociale 2018, premier du quinquennat Macron, une semaine après les recettes du budget de l'Etat, mais les opposants de tous bords ont livré une nouvelle charge contre la hausse de CSG.

Défendu tout au long de la semaine dernière dans l'hémicycle par Agnès Buzyn et Gérald Darmanin, le texte a été approuvé en première lecture par 354 voix (LREM, MoDem et quelques constructifs) contre 192, et 13 abstentions. Il sera examiné au Sénat à partir du 13 novembre.

Gauche et droite se sont retrouvées mardi pour critiquer le choix d'augmenter la contribution sociale généralisée (CSG) pour compenser la baisse parallèle de certaines cotisations sociales des salariés, comme promis pendant sa campagne par Emmanuel Macron.

C'est une "attaque" des retraités, a déploré LR, une "injustice" aux yeux des socialistes, et les Constructifs auraient préféré "une hausse de TVA". Pour les Insoumis, il s'agit d'une "atteinte directe au programme du Conseil national de la Résistance", pour les communistes d'une "nouvelle loi d'affaiblissement de la Sécurité sociale".

Même les députés MoDem ont glissé qu'ils seraient "vigilants" quant aux retraités modestes touchés.

Par communiqué, les élus FN ont dénoncé des "attaques en règle contre le pouvoir d'achat des retraités".

A l'inverse, le groupe LREM a défendu une mesure de "solidarité intergénérationnelle" et un budget globalement "ambitieux, responsable et solidaire", traduisant "une volonté profonde de transformation du pays".

- "préserver notre politique familiale" -

Ce projet de financement de la Sécurité sociale (environ 395 milliards d'euros pour régime général et Fonds de solidarité vieillesse) doit ramener, au prix de nouvelles économies dans la santé, le déficit de la Sécu à 2,2 milliards d'euros en 2018, niveau inédit depuis 17 ans.

La gauche y voit "une deuxième lame d'un budget pour les riches", LR regrette des "réformes structurelles toujours aussi maigres".

La majorité a insisté, comme pour le budget de l'Etat, sur des "promesses tenues", pour augmenter le pouvoir d'achat via la baisse des cotisations salariales ou réhausser le minimum vieillesse - maintenu néanmoins sous le seuil de pauvreté -, mais aussi pour supprimer le décrié Régime social des indépendants (RSI).

L'Assemblée a également adopté des allègements pérennes de cotisations pour les employeurs, pour succéder au crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), mesure phare et controversée du quinquennat Hollande, ou un allègement de la fiscalité sur les actions gratuites, qualifié de "chèque en blanc au monde de la finance" à gauche.

Les inquiétudes en matière de politique familiale persistent, avec la baisse programmée de l'allocation versée aux parents de jeunes enfants à laquelle tous les groupes, hors LREM, se sont opposés. Le MoDem a redit mardi sa volonté de "préserver notre politique familiale".

Le groupe majoritaire vante parallèlement l'augmentation de l'aide à la garde d'enfants pour les familles monoparentales.

Avec l'objectif affiché de protéger la santé, l'Assemblée a aussi augmenté le prix du tabac, et, signe d'un consensus rare de six des sept groupes, taxé davantage les sodas, pour inciter les industriels à utiliser moins de sucre.

Mais la polémique sur les vaccins, avec le passage de trois à onze obligatoires pour les enfants d'après 2017, s'est prolongée. Après de vifs débats et un moment d'émotion, l'Assemblée a voté vendredi cette mesure de "santé publique", selon le gouvernement. Dans les trois votes contre, figurent deux députés LREM.

Enfin, via un amendement gouvernemental, l'obligation de généraliser le tiers payant a été supprimée, au grand dam notamment des socialistes, qui déplorent un "abandon" générant "un problème d'égalité dans l'accès aux soins".

Le chef de file des députés LREM, Richard Ferrand, s'est félicité dans un communiqué qu'"en une semaine, nous avons adopté avec une majorité conséquente trois textes budgétaires majeurs" en première lecture: outre la Sécu, le projet de loi de programmation budgétaire pour le quinquennat, et le volet recettes du budget de l'Etat. Place aux débats sur les dépenses.

Partager cet article

Dans la même thématique

Budget Sécu: largement adopté par l’Assemblée, nouvelle charge sur la CSG
3min

Politique

« La température est montée jusqu’à 50 degrés sur la façade de l’immeuble » rappelle cette jeune mère de famille de Pantin.

Confiné pour cause de canicule dans un appartement du centre de Pantin en Seine-Saint-Denis, épuisé par les vagues de chaleur à répétition, soucieux de l’état de santé d’un jeune bébé, Marion raconte, dans ce nouvel épisode de Dialogue Citoyen, comment elle et sa famille ont décidé de quitter la région parisienne quelques jours pour s’extraire de la fournaise dans laquelle ils vivaient depuis des semaines.

Le

Budget Sécu: largement adopté par l’Assemblée, nouvelle charge sur la CSG
3min

Politique

L’impatience des sinistrés des incendies de l’été « Il faut accélérer les procédures » de reconstruction

L’été caniculaire a été, à bien des égards, particulièrement violent. Cinquante-trois jours de vagues de chaleur ont entraîné sécheresses, incendies et températures insupportables. Florence Van Overmeire a perdu sa maison lors des terribles incendies qui ont frappé la Gironde. Sur le plateau de Dialogue citoyen, face aux sénateurs, cette habitante de la commune du Porge a accepté de revenir sur cette épreuve et appelle à l’accélération des procédures de reconstruction.

Le

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le