L'examen en première lecture du projet de budget 2020 de la Sécu a connu un démarrage chaotique mardi au Sénat, avec une suspension de séance de...
Budget Sécu: le Sénat met la pression sur le gouvernement
L'examen en première lecture du projet de budget 2020 de la Sécu a connu un démarrage chaotique mardi au Sénat, avec une suspension de séance de...
Par Véronique MARTINACHE
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
L'examen en première lecture du projet de budget 2020 de la Sécu a connu un démarrage chaotique mardi au Sénat, avec une suspension de séance de plusieurs heures: les sénateurs ont ainsi marqué leur mécontentement de devoir examiner un texte qu'ils considèrent "obsolète", "caduc", voire "insincère", dans l'attente de l'annonce de mesures pour l'hôpital.
Le Sénat a voté à une très large majorité une motion de renvoi du texte en commission. La suite s'est jouée en coulisses: une majorité de sénateurs a d'abord décidé en commission de ne pas reprendre les débats dans l'hémicycle. Mais après discussions avec les ministres Agnès Buzyn et Olivier Dussopt, les commissaires ont voté la reprise, a expliqué le président de la commission des Affaires sociales, Alain Milon (LR) à son retour en séance à 22H15.
Les sénateurs reprochent à la ministre de la Santé de les tenir à l'écart de nouvelles mesures en faveur de l'hôpital, qui doivent être annoncées courant novembre, et ont fait l'objet d'informations de presse durant le week-end.
"A quoi sert le Parlement (...) si tout se passe en dehors de cette enceinte", a interrogé le rapporteur général, Jean-Marie Vanlerenberghe (centriste).
A deux jours d'une manifestation des hospitaliers à Paris, Alain Milon (LR) a mis en garde: "A force de se passer du Parlement (...), le gouvernement va se trouver bien seul face au mouvements sociaux en cours ou à venir, un face-à-face dangereux".
Devant les sénateurs, la ministre a indiqué que des "discussions" étaient en cours sur "le niveau de l'Ondam" (objectif national des dépenses d'assurance maladie), qui prévoit une progression des dépenses de santé limitée à 2,3% (2,1% pour l'hôpital).
"Ces discussions sont lourdes de conséquences, elles nécessitent des arbitrages difficiles", a-t-elle souligné, assurant comprendre "l'impatience et la difficulté de discuter d'un texte sans que l'ensemble des mesures envisagées n'aient pu être annoncées".
"Les annonces seront faites avant la nouvelle lecture afin que les textes financiers puissent en tenir compte", a-t-elle assuré.
- "Texte de responsabilité" -
A la reprise de la séance en soirée, le Sénat à majorité de droite a voté un amendement PS prévoyant la remise par le gouvernement d'un rapport au Parlement sur l'opportunité d'une loi d’orientation et de programmation pour l’hôpital pour les années 2020 à 2025.
Evolution du solde global (Régime général + Fonds de solidarité vieillesse) de la Sécurité sociale de 2012 à 2020
AFP
Comme attendu, le Sénat a ensuite supprimé les mesures de non-compensations par l'Etat de pertes de recettes pour la sécurité sociale, consécutives aux mesures d'urgence décidées par le gouvernement pour répondre à la crise des "gilets jaunes". La droite comme la gauche dénoncent une mise en cause de l'autonomie financière de la sécurité sociale.
Défendu par le gouvernement comme un texte "de responsabilité", le projet de loi de financement de la sécurité sociale, déjà adopté en première lecture par l'Assemblée nationale, sera examiné toute la semaine par les sénateurs, avant un vote solennel mardi prochain. Il doit être adopté définitivement d'ici à la fin décembre.
Lesté d'un déficit de 5,1 milliards d'euros, il prévoit une revalorisation limitée à 0,3% de la plupart des prestations sociales à l'exception des pensions des retraités les plus modestes.
Les sénateurs se sont opposés en commission à cette "sous-revalorisation".
La question des retraites est un autre sujet d'inquiétude pour les sénateurs, avec cette fois un clivage droite-gauche. Au grand dam de la gauche, les sénateurs LR proposeront de relever l'âge de départ à 64 ans.
Parmi les autres mesures du projet de budget, les sénateurs ont donné leur aval en commission à la création d'un congé indemnisé de trois mois pour les aidants soutenant un proche âgé, malade ou handicapé, de même qu'au dispositif permettant aux caisses d'allocations familiales de jouer le rôle d'intermédiaire pour le versement des pensions alimentaires.
La ministre de la Santé Agnès Buzyn à l'Assemblée nationale, le 7 octobre 2019 à Paris
AFP/Archives
Feu vert aussi en commission à la mise en place d'un parcours de soins pour l'accompagnement des patients après un cancer et d'un fonds d'indemnisation des victimes des pesticides. Feu vert encore à une taxe sur les "premix" à base de vin et à une expérimentation de l'usage médical du cannabis.
Les amendements adoptés en commission doivent être revotés dans l'hémicycle.
Ce jeudi, sept candidats à la présidentielle ont tenu le premier débat de la campagne, aux journées d’été du Medef. Pendant plus de deux heures, Bruno Retailleau (les Républicains), Edouard Philippe (Horizons), Raphaël Glucksmann (Place publique), Jean-Luc Mélenchon (la France Insoumise), Marine Le Pen (Rassemblement national), Gabriel Attal (Renaissance) et Marine Tondelier (les Ecologistes) ont échangé sur le sujet de la dette publique, des retraites ou encore du coût du travail.
Les appels à une candidature unique de la droite et du centre, pour éviter un duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, se font de plus en plus pressants. Dernière initiative en date : une tribune signée par 200 élus en faveur d’une primaire ouverte. Mais du côté des partis, les équipes continuent à espérer un rassemblement sans avoir à passer par un tel processus.
Après avoir renoncé à briguer un second mandat en 2017 puis écarté une candidature en 2022, François Hollande prépare méthodiquement son possible retour dans la course à l’Élysée. À huit mois de la présidentielle de 2027, l’ancien chef de l’État sort un livre avec 80 propositions, multiplie les apparitions et mise sur une gauche sociale-démocrate sans candidat naturel. Mais dans une Ve République où les anciens présidents ont rarement réussi leur retour, son pari consiste à transformer une popularité retrouvée en véritable désir de candidature.
Candidate aux sénatoriales dans la Sarthe, Marie-Caroline Le Pen, sœur aînée de Marine Le Pen, compte sur sa liste Virginie de Gaulle, qui est l’arrière-petite-nièce du général de Gaulle.